LIZARAZU : "JE SUIS UN PRO-LYONNAIS"

C'est en toute décontraction que l'ancien défenseur de l'équipe de France nous a accordé cet entretien où il ne cache pas être fan de l'Olympique Lyonnais.

Lyon Capitale : Bixente, pourquoi avez vous décidé d'écrire ce livre ?
Bixente Lizarazu : Je l'ai fait, car je pense que c'est bien de temps en temps de se poser et de faire un travail d'introspection. J'avais aussi besoin de raconter l'histoire à mon fils, parce que lui vivait à Bordeaux et moi à Munich et cet éloignement, à certains moments, était difficile à comprendre pour lui.
Je pense que c'est un livre impressionniste, où je parle de mes expériences.

En écrivant ce livre, vous aviez besoin de revenir sur le devant de la scène ?
Ce n'est pas du marketing, sinon il aurait fallu que je fasse ce livre avant la Coupe du Monde 2002 comme l'a fait Marcel (Desailly). Pour réussir ta reconversion, il ne faut pas utiliser ton image bêtement, il faut l'utiliser intelligemment.

Il paraît que votre livre a failli s'appeler 69...
Je mesure 1 mètre 69, je suis né en 69 et mon dernier numéro sur mon maillot était un 69, c'est donc un nombre significatif. C'est la première page que je tourne sur ce numéro, je trouvais que cela avait du sens. Les éditions Grasset était au départ sur un titre plus classique, qui était "A nu" mais moi ça me plaisait pas et donc, du coup, on a tranché sur "Bixente". Ce qu'il faut savoir, c'est que je suis né Vincent car à l'époque les prénoms basque étaient interdits. Au début de ma carrière, les médias disaient "c'est Vincent Lizarazu qui déborde sur le côté gauche". Ça ne me dérangeait, car je le reconnaissais pas ce garçon. (Rires)

Ne pensez-vous pas que l'argent est de plus en plus omniprésent dans le sport de haut niveau ?
C'est très français ce complexe par rapport à l'argent. J'ai passé huit ans en Allemagne où il n y a pas ce tabou là. J'ai été très heureux de bien gagner ma vie, pour une raison très simple : c'est lorsque que ça s'arrête, tu dois te "démerder" tout seul. Il y a d'ailleurs quelque chose qui m'énerve beaucoup. Dès lors que tu mélanges sport et argent, c'est forcément pourri, mais c'est pas vrai. J'ai fait du foot dit "business" mais avec de vraies valeurs humaines dans un club très famillial comme le Bayern Munich.

Que retenez-vous de votre carrière tant en clubs qu'en équipe de France ?
D'avoir eu la chance de goûter à tout et au meilleur. J'ai eu le privilège de jouer les plus grandes finales et de les gagner, que ça soit avec l'équipe de France ou avec le Bayern Munich. Je pense avoir réussi ma carrière.

Pouvez-vous nous parlez du Lizarazu écolo ?
Cette passion pour la mer, la terre et l'environnement de manière générale vient de mon enfance. J'adore le surf, la voile, la plongée sous-marine. En étant le témoin de toutes les pollutions dont la mer est victime, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose. C'est un sujet que je comprends et que je connais, je me sens crédible pour m'impliquer dans ce combat.

Vous considérez-vous comme une personne engagée ?
Je suis engagé sur le plan environnemental mais pas sur le plan politique. Lors des dernières élections présidentielles, je n'ai pas souhaité me rallier à un candidat. J'ai pas à expliquer quelle doit être la politique gouvernementale dans les années futures, je préfère largement écouter les mecs qui font de la politique, qui s'y connaissent.

Le foot ne vous manque pas trop ?
L'autre jour, j'ai assisté au match de rugby, Biarritz-Stade Français et au moment où les joueurs sont entrés sur le terrain, je me suis dit que c'était vraiment magnifique de fouler une pelouse. Cette espèce de ventre un peu serré, la peur de gagner, la peur de perdre, ça, c'est des sentiments plutôt sympas. Heureusement que je continue à pratiquer du sport, que j'ai toujours une dose d'adrénaline. Je ne suis pas mort comme sportif.

Envisagez-vous un jour revenir dans le football en tant qu'entraîneur ou dirigeant ?
Pour l'instant, je n'en ai pas envie. Pour une raison très caricaturale : je n'ai plus envie de mettre des claquettes, un bas de survêtement, de monter dans un bus et de faire des mises au vert. Par contre si tu me dis d'être là de la première à la quatre-vingt dixième minutes de jeu, là j'y vais (Rires)

Que pensez-vous de cette équipe de l'Olympique Lyonnais ?
Je fais partie des pro-lyonnais, je les ai toujours défendus. Pourtant, ils ont souvent été attaqués car jalousés parce que c'est l'esprit français de jalouser ceux qui réussissent. Il faut être honnête, ils font bien le boulot, depuis six ans ils sont champions et je ne vois pas quelle équipe peut les concurrencer.

Lyon a du mal en Ligue des Champions...
La Champion's League, c'est du lourd. En face, il y a des équipes aussi talentueuses que Lyon, des clubs structurés avec des présidents qui bossent aussi bien que Jean-Michel Aulas. En France, ce n'est pas le cas : tant mieux pour l'OL et tant pis pour les autres clubs. Si l'OL gagne quinze fois de suite le championnat, ça me dérangerait pas. Il y a un esprit, une éthique dans ce club. Lyon me fait un peu penser au Bayern Munich.

Dans notre dernière édition, Jean-Michel Larqué nous confiait qu'il manquait quelques dizaines de millions d'euros à Lyon pour pouvoir un jour gagner cette Ligue des champions. Êtes-vous d'accord avec lui ?
Je pense que sur les deux dernières années, Lyon avait une équipe assez talentueuse pour gagner la Ligue des champions. Cette saison, les Lyonnais ont été performant en début de saison et ont explosé lors de la deuxième partie. Le haut niveau, c'est d'être en forme au bon moment. Même s'ils ont moins de moyens financiers que les grands clubs européens, ils ont de bons joueurs.

Auriez-vous pu vous venir jouer à Lyon ?
Je voulais venir à Lyon. J'avais eu une discussion avec Paul Le Guen, car je voulais rentrer en France. Mon premier choix c'était Lyon. Mais à ce moment là, l'OL était plus dans une politique de rajeunissement de son effectif. J'avais trouvé ça normal et logique, ça ne s'est pas fait pour cette raison.

Auriez-vous aimé voir votre ami Didier Deschamps comme entraîneur de l'OL ?
Pour moi, il avait le profil idéal. Après, je ne connais pas les envies et les exigences de chacun. Certains médias disent que Didier a beaucoup d'exigence, mais il n'a pas plus d'exigence que les autres. Il a des convictions et il a raison de les affirmer. Je pensais sincèrement qu'il avait le profil parfait pour diriger cette équipe de Lyon et l'amener à gagner cette Ligue des champions.

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