Robert-Michon Mélina
© Tim Douet

JO de Rio : Mélina Robert-Michon, une sacrée athlète

À 37 ans, la vice-championne du monde de lancer de disque vise un podium aux Jeux olympiques de Rio. Ce mardi, elle disputera la finale du disque à partir de 16h20.

Une championne hors du commun. Mélina Robert-Michon brille depuis plusieurs années dans sa discipline, le lancer de disque. Malgré une médaille d’argent en 2013 aux mondiaux de Moscou, la licenciée de Lyon Athlé ne bénéficie pas de la même aura médiatique que certains athlètes au palmarès moins fourni.

Je ne suis pas là pour me mettre en avant à tout prix, assure-t-elle. Je pense que le meilleur coup de projecteur qu’on puisse mettre sur une discipline, c’est les résultats.” Du Mélina Robert-Michon tout craché. Ambitieuse et humble à la fois. Ce n’est surtout pas Éric Nallet, le directeur général de son club, le Lyon Athlétisme, qui prétendra le contraire. “Mélina, elle est discrète, elle se fond facilement dans la masse, explique-t-il. Quand le club s’entraîne à la halle Stéphane-Diagana [à la Duchère, Lyon 9e, NdlR], elle se met derrière la buvette et sert les jeunes du club, qui sont tout heureux de se faire servir par une vice-championne du monde.

“Je n’aime pas m’entraîner. Moi, ce qui me plaît, c’est d’aller à la bagarre”

Elle est comme ça, Mélina Robert-Michon, une athlète qui n’oublie pas d’où elle vient et se montre toujours reconnaissante, même à l’heure d’évoquer son parcours. “Je ne viens pas d’une famille d’athlètes, mais mes parents m’ont inculqué de bonnes valeurs. Ils voulaient que leurs enfants fassent du sport, raconte-t-elle. J’ai donc commencé par faire du hand au collège avec l’UNSS puis pratiqué d’autres sports.” Au lycée, elle découvre l’athlétisme et surtout le disque grâce à un professeur d’EPS assez persuasif.

C’est Claude Jacuszin qui m’a fait devenir une passionnée d’athlé, il a su me donner l’envie d’en faire. Il a insisté lourdement pour que je me lance dans cette aventure du lancer, se remémore-t-elle. J’ai sauté le pas et cela m’a plu car j’ai eu une progression linéaire. Je ne le remercierai jamais assez, car il a changé ma vie.

Mélina Robert-Michon, épanouie dans sa nouvelle discipline, enchaîne les bonnes performances avec son club d’alors, l’Entente Athlétisme Gillonnay-La Côte-Saint-André. Elle garde de bons souvenirs de cette période. “Jusqu’à l’âge de 15 ans, j’ai eu une vie normale, je n’ai rien raté de mon adolescence, contrairement à d’autres sportifs qui sont conditionnés dès le plus jeune âge.” Après l’obtention de son baccalauréat, Mélina Robert-Michon débarque à Lyon et franchit un cap : “J’ai quitté le cocon familial et je m’entraînais quatre, cinq jours par semaine, c’était un gros changement.”

Celle qui répète à l’envi qu’“être une athlète de haut niveau n’a jamais été le but de [sa] vie” admet ne pas être très fan des entraînements. “Je n’aime pas m’entraîner, soupire-t-elle. Moi, ce qui me plaît, c’est d’aller à la bagarre. C’est la compétition ma vraie source de motivation.”

“Il me manque la plus jolie, la médaille olympique”

En 2010, elle décide de mettre sa carrière entre parenthèses, pour donner naissance à une petite Ellyssa. “Cette coupure, volontaire, m’a fait du bien, confie-t-elle. J’avais besoin de retrouver le sens de ce que je faisais.” En véritable compétitrice, Mélina Robert-Michon, soutenue par son compagnon, fait son retour avec de nouvelles ambitions.

Son entraîneur, Serge Debié, qui travaille avec elle depuis plus de vingt ans, est catégorique : “Le lancer est un sport très dur. On répète toujours le même geste, il faut être précis. Ce n’est pas donné à tout le monde de reprendre la compétition. Mais Mélina s’est servie de sa maternité pour revenir.” Explication de la principale intéressée : “Je voulais réussir ce retour car je ne voulais pas que ma fille puisse penser, dans quelques années, que sa maman avait arrêté sa carrière à cause d’elle. Je ne voulais pas qu’elle puisse se sentir responsable de ça.”

De retour à la compétition, la discobole retrouve rapidement des sensations et du plaisir. “Repartir d’en bas, réapprendre à lancer, c’était un challenge car je n’avais plus de repères, explique l’athlète lyonnaise. Je suis partie sur un nouveau cycle, je me suis remise en question et avec mes entraîneurs on a opéré des changements tactiques.” Cela semble payer : Mélina Robert-Michon a en effet décroché le 25 juin un 16e titre de championne de France, avec un lancer à 63,40m.

En août, elle va disputer ses troisièmes Jeux (elle a été 8e à Pékin et 5e à Londres) avec un objectif bien précis : “Je souhaite faire un podium. Il me manque la plus jolie, la médaille olympique. Les JO, c’est le top du top.

Mise à jour 16 août 2016 : Mélina Robert-Michon remporte la médaille d’argent à Rio, lire ici.
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