GPTL : le dernier tour du magicien Santoro

Pré-retraité des courts, Fabrice Santoro a livré mardi son dernier match à Lyon. Vainqueur du titre en 1997, il a souvent épaté le public par son jeu désuet et atypique. Confidences.

Moment d'émotion mardi à Gerland : sorti par Albert Montanes en deux sets 6-4 6-4, Fabrice Santoro a fait ses adieux au Palais des Sports. Dans deux semaines, le tennisman de 37 ans devrait ranger définitivement ses raquettes, même si une incertitude demeure sur son éventuelle participation à l'Open d'Australie, en janvier prochain, ce qui constituerait son 70e Grand Chelem.

Soyons honnêtes : record de longévité, Santoro est loin d'avoir le plus gros palmarès du tennis français. Vainqueur de seulement sept titres au cours de ses vingt ans de carrière, il n'a accédé qu'à la 17e place mondiale (en 2001) et rallié un quart de finale en Grand-Chelem (l'Open d'Australie en 2006). Mais c'est un jour de double émérite, qui a remporté 24 titres dont deux Grand-Chelem, le Masters. Surtout son style atypique, à deux mains, manquera.

Faute de puissance, le Magicien, comme l'a surnommé Pete Sampras, a su composer un jeu subtil tout en variation, en toucher. Armé d'un bon coup d'oeil et de petites jambes rapides, Santoro, désuet, caresse la balle plus qu'il ne la frappe, joue de ses effets. Il s'appuie sur les faiblesses opposées plus que sur ses propres forces, surprend adversaires et public. Les spectateurs lyonnais se rappellent du mauvais tour qu'il avait joué il y a deux ans à Andy Roddick. La victoire du talent sur le muscle. C'est à Lyon en 1991 que Santoro a vécu sa première grande émotion de joueur, membre de l'équipe gagnante de Coupe Davis face aux Etats-Unis. Et c'est encore à Gerland qu'il a remporté son premier titre en 1997, face à Tommy Haas. Une seconde carrière s'est alors ouvert à lui, à 25 ans, développant son jeu vers l’avant.

Sur Albert Montanes
"J'ai joué un joueur bien plus jeune que moi, comme toutes les semaines. Il est 36e mondial. Cette année, la surface est plus lente, le rebond plus haut, c'est pour ça que les Espagnols jouent bien dans ce tournoi. Je n'ai pas eu l'impression d'être inférieur à lui. Sur le plan physique, je n'étais pas mal du tout. J'ai conservé un bon niveau de jeu tout le long du match mais les points qui comptent, je les ai tous perdus".

Sur Gerland
"Cette salle est magique. C'est là où on a gagné la Coupe Davis en 1991. C'est ici que j'ai gagné mon premier titre en 1997. J'étais un tennisman en mutation après une première partie de carrière où j'ai alterné le bon et le moins bon. J'ai ensuite développé mon jeu vers l'avant".

Sur sa retraite
"C'est mieux d'arrêter sur un court que dans l'infirmierie. Dans ma tête, Bercy marque la fin de ma carrière. Mais je pense continuer en Australie en janvier depuis qu'en juin un journaliste canadien m'a mis dans la tête que je serais le premier joueur à avoir une carrière qui s'étale sur quatre décennies (ndlr : entre 1989 et 2010). Ca me donne envie de faire les 45 heures de vol. Mais pour y parvenir, il faut encore s'entraîner comme chaque hiver depuis 25 ans".

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