L’OL, un point et des regrets

Au terme d’un match fort de nombreux rebondissements (dont trois expulsions), l’OL a ramené un point de Bordeaux (2-2). Menés deux fois au score, les Gones ont eu le mérite de ne jamais rien lâcher, en égalisant successivement par Ederson et Cris. Néanmoins, le titre s’est définitivement envolé.

Bordeaux – Lyon : Acte 3. Dix jours après leur qualification historique en Gironde pour les demi-finales de la Ligue des Champions, l’OL retrouvait le champion en titre pour un match au couteau entre deux formations qui luttent pour le podium en championnat. Et cette rencontre a eu la saveur d’un rendez-vous européen, du moins dans l’intensité. Au final, le résultat est frustrant pour les deux derniers champions, qui ont définitivement dit adieu au titre.

Pas de surprise au coup d’envoi. Comme à l’accoutumée avant un grand rendez-vous, Puel avait décidé de laisser Lisandro et Delgado sur le banc. Boumsong, Lovren et Bodmer sur le flanc, Toulalan glissait dans l’axe de la défense, où il a d’ailleurs réalisé un match plein. Une première mi-temps bien terne s’offre aux spectateurs de Chaban-Delmas avec très peu d’occasions des deux côtés. Cadenassée au milieu de terrain, la rencontre a du mal à s’emballer. A la 25ème minute, sur un mouvement typiquement girondin, Chamakh délivre les siens, reprenant un coup-franc idéalement frappé par Gourcuff. Une ouverture du score qui provoque la colère des Lyonnais, Chamakh ayant poussé Cris avant de marquer de la tête. Claude Puel, excédé sur son banc de touche, est plusieurs fois au bord de l’expulsion jusqu’à la pause.

Cris, encore !

Le seconde période revêt une toute autre allure. Rien à voir avec l’ennui du premier exercice. Lisandro remplace un Sidney Govou fantomatique et l’OL tente de revenir au score. L’attaquant argentin est victime d’un attentat d’Henrique cinq minutes après son entrée en jeu. Le défenseur central bordelais ne récolte pourtant qu’un carton jaune. Mais les Lyonnais accentuent la pression sur le but de Ramé, qui malgré ses 37 ans, n’a rien perdu de toute sa verve. Sur un exploit personnel, d’une frappe limpide aux 20 mètres, Ederson rappelle quel merveilleux joueur de football il est et remet les deux formations à égalité (55ème).

Les duels sont âpres, les deux formations se livrent totalement et Monsieur Enjimi ne contrôle plus du tout le match, autant sur le terrain que sur les bancs de touche, survoltés. Les locaux vont reprendre l’avantage peu après l’heure de jeu. Un but magnifique de Plasil. Le Tchèque envoie un missile dans la lucarne d’un Hugo Lloris impuissant de 25 mètres. On croit alors les Lyonnais abattus, eux qui avaient tant d’efforts pour revenir une première fois à la marque. Mais c’est mal connaître le mental des Gones. Sur un coup-franc de Pjanic, Cris remet les deux équipes à égalité, 2-2, d’un coup de tête salvateur (71ème). Le capitaine auriverde de l’OL, auteur de son deuxième but de la semaine, va se jeter sur son entraîneur.

Une fin de rencontre folle !

La fin de match est crispante. Les deux formations ne peuvent pas se contenter d’un petit point. Mais aucun nouveau but n’est inscrit. La partie se termine même en bagarre générale. L’attaquant bordelais Chamakh reste au sol. Sportivement, Delgado pousse le ballon en touche. Seulement, une fois effectuée, les Girondins ne rendent pas le cuir aux Lyonnais, comme il en est coutume. Furieux, Réveillère découpe littéralement Trémoulinas. L’arrière droit des Olympiens est exclu sur le champ, comme sa victime, coupable de s’être fait justice lui-même. S’en suit une échauffourée générale où Jussié sera lui aussi expulsé. L’arbitre, totalement dépassé par les évènements, siffle finalement la fin de la rencontre dans une atmosphère houleuse.

Un point et c’est tout. Une telle d’ébauche d’énergie, revenir deux fois au score, pour un si maigre résultat ? Le constat est terrible pour les Lyonnais, définitivement distancés dans la course au titre. Des Gones qui devront lutter jusqu’au bout pour accrocher le podium du championnat. A défaut d’être séduisante, cette équipe dégage une âme. Incontestablement. A l’image de son coach. On l’a dit moins forte, mais plus guerrière que ses devancières. C’est sans doute vrai. Tous les projecteurs sont désormais tournés vers Munich, où le club de Jean-Michel Aulas disputera mercredi prochain la première demi-finale de Ligue des Champions de son histoire. Avec le secret espoir de continuer à cultiver ce paradoxe.

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