ASVEL : Edwin Jackson, le talent et l’ambition

En l’espace de 6 ans, l’arrière Edwin Jackson, 23 ans, est devenu un pilier de l’Asvel et un joueur majeur de Pro A.

On l’avait rencontré pour la première fois en 2007, place des Terreaux (Lyon 1er). À cette époque, il avait 18 ans et débutait sa jeune carrière de basketteur professionnel à l’Asvel. Dans nos colonnes (Lyon Capitale version hebdo), il confiait son souhait de briller sur le championnat français et rêvait de NBA. Six ans plus tard, l’heure est aux retrouvailles avec l’un des meilleurs marqueurs de Pro A. Et à l’introspection. “J’ai beaucoup changé, assure-t-il d’emblée. Le basket m’a beaucoup apporté et a changé ma vie. Je suis épanoui et heureux de jouer à Villeurbanne.”

Une carrière qui a mis un peu de temps à démarrer, avec deux exils sous forme de prêt. Une première fois, lors de la saison 2008-2009, à Nanterre (Pro B), puis à Rouen (Pro A) pour l’exercice 2009-2010. “Cela a pris un peu plus de temps, confirme-t-il, mais je ne peux pas dire que j’ai vécu des moments de galère. Je touche du bois, je n’ai pas eu de grosses blessures, je n’ai jamais été sans club.” Et d’ajouter : “Il y a bien sûr eu des petits moments de doute, où il a fallu cravacher.”

Un travailleur acharné à l’ego surdimensionné

Il y a 6 ans, Edwin Jackson avait surpris son monde en affirmant haut et fort ses ambitions – Je n’ai jamais envisagé l’échec. J’ai toujours travaillé comme un acharné et j’ai toujours eu beaucoup confiance en moi. Je ne suis pas étonné d’être là, car quelque part je le mérite”. Cela fait partie intégrante du personnage. Le natif de Pau s’en explique sans sourciller : “Ce n’était pas de l’arrogance, affirme-t-il aujourd’hui. Simplement, je travaillais beaucoup, et pour moi il n’y avait pas de raison que je ne réussisse pas. Je suis content d’avoir cru en moi.”

Seulement, Edwin Jackson le sait bien, ce type de propos le fait passer pour un joueur égocentrique. “J’ai un ego qui est assez surdimensionné, un peu supérieur à la norme des basketteurs, admet-il. Mais je pense qu’un sportif de haut niveau en a besoin.” Et de poursuivre : “Après, il ne faut pas que ça soit à mauvais escient. De le reconnaître ne me met pas en danger, dans le sens où cela ne prend pas le dessus sur le collectif. Je veux briller, mais ça ne sera jamais au détriment de l’équipe.”

Consultant pour BeIN Sport

Cette saison, Edwin Jackson prouve sur les parquets de Pro A toute l’étendue de son talent. À tel point qu’il est considéré par les spécialistes comme une valeur sûre du championnat français. “Je suis fier car, derrière, c’est des heures d’entraînement, énormément de sacrifices. Maintenant, je serai vraiment très fier lorsque j’aurai soulevé un trophée avec Villeurbanne.” Il est comme ça, Edwin, jamais rassasié. À toujours en vouloir plus. Quitte à réussir un jour à évoluer en NBA ? “C’est toujours un objectif. Si on m’appelle, je serai ravi d’y aller. Pour l’instant, je contrôle ce que je peux contrôler. Je ne me mets pas de pression…”

Une réponse incomplète qui nous contraints à insister. Un joueur qui excelle en Pro A est forcément frustré de ne pas jouer dans le meilleur championnat du monde, non ? “Je travaille beaucoup, je fais le maximum pour être le plus performant. La NBA, ce n’est pas fait pour tout le monde. La seule chose qui m’importe, c’est d’avoir tout mis en œuvre, compte tenu de mon potentiel, pour devenir le meilleur basketteur que je puisse être. Comme ça, je n’aurai aucun regret.”

RDV dans six ans...

En attendant de pouvoir peut-être un jour rejoindre un club américain, Edwin Jackson officie cette saison en tant que consultant pour les matchs de NBA sur BeIN Sport. Un rôle tout trouvé, tant son expertise et son aisance à l’oral lui permettent d’apporter une valeur ajoutée aux téléspectateurs de la chaîne de télévision sportive. “J’adore parler de basket. Je suis très flatté qu’on puisse dire que je n’ai pas volé ma place de consultant. J’essaie d’apporter mes analyses, d’être le plus naturel possible. C’est très enrichissant de collaborer avec des pros que je suivais il y a quelques années sur Canal+ comme Jacques Monclar, Xavier Vaution, ou un jeune qui monte comme Rémi Reverchon.”

Projection : et dans six ans, si on retrouvait Edwin Jackson pour une nouvelle entrevue, il aurait de nouvelles choses à nous raconter ? “J’espère à ce moment-là être en équipe de France, avoir gagné des titres de champion de France et être l’un des meilleurs Européens à mon poste. J’espère que mon nom sera connu mondialement au niveau du basket.” En 2007, Edwin Jackson avait annoncé haut et fort vouloir devenir un joueur majeur de la Pro A, chose qu’il a réussie haut la main. Dans six ans, en 2019, parviendra-t-il de nouveau à concrétiser ses vœux ? Le rendez-vous est d’ores et déjà pris…

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