réunion Front national
Moran Kerinec

Villefranche : dernière réunion de campagne en sous-effectif pour le FN

Une vingtaine de militants du Front national étaient réunis ce jeudi soir à Villefranche-sur-Saône pour assister au discours de fin de campagne de Christophe Boudot. L’occasion de “remercier les militants” selon le président du groupe FN à la région, et de se positionner en vue des législatives.

Christophe Boudot, président du groupe Front national à la région Rhône-Alpes.

Moran Kerinec
Christophe Boudot, président du groupe Front national au Conseil Régional de Rhône-Alpes.

Scotchés aux murs, les portraits de Marine Le Pen sous-titrés “Choisir la France” fixent le maigre auditoire du Front national. Les organisateurs les attendaient plus nombreux, ce jeudi soir à la Maison des Familles et des Associations de Villefranche-sur-Saône, où le président du Front national au Conseil Régional de Rhône-Alpes avait organisé une soirée pour remercier les militants. Ces derniers n’étaient qu’une vingtaine, majoritairement âgées, à composer l’assemblée pour les soixante chaises déployées.

“Nous ne sommes pas très nombreux, donc nous allons faire une réunion question-réponses. Chemise à carreaux noire et blanche sous le costard, le conseiller régional Front national Jean-Pierre Barbier fait une promesse qu’il ne tiendra pas, embrayant sur une attaque de la fumisterie de l’euro, puis d’enchaîner sur les réformes promises par François Fillon pour en pointer les carences. Fiche récapitulative à la main, il poursuit sa démonstration point par point, alternant une attaque contre Pierre Gattaz et Martin Bouygues avec les avantages de la retraite à 60 ans, pour en venir à ses voyages en Afrique qui, selon lui, le ferait assister à un drôle de manège. Dans l'avion je regarde les jeunes filles. Si elles sont “fortes” [enceintes], qu’elles connaissent les lois, dans 6 mois il y a aura un petit en France. On ne peut pas endiguer ça.”

Chemise quadrillée azur et rose bleu marine au revers de sa veste, Christophe Boudot prend à son tour la parole sur scène. À ses côtés, l’affiche siglée “Élections législatives 2017” annonce déjà ses projets d’investiture. Je veux remercier l’équipe de Debout la France, adresse-t-il aux deux militants de Nicolas Dupont-Aignan présents dans la salle, et saluer l’acte courageux de son président. Je sais que beaucoup d’entre vous ont été déroutés par le débat d’hier soir, mais il ne faut pas se décourager ! Pour l’élection de dimanche, le président du groupe FN à la région mise sur 40 % des voix, mais espère plus ! Le ton se veut alarmiste : Le moment est venu de conserver la France ou de mourir. Si Marine ne passe pas, il en saura fini de la France que nous aimons !”

Réunion du Front national à la maison des associations de Villefranche-sur-Saône.

Moran Kerinec
Réunion du Front national à la maison des associations de Villefranche-sur-Saône.

Un discours parsemé d’approximations

Il dépeint Macron comme le découpeur d’entreprise de Rothschild. La casse sociale n’est pas son problème, il réfléchit sur des taux de rentabilité, assène le représentant du Front national. L’attaque est plus virulente encore contre les mosquées radicales. Une saillie qui lui permet d’aborder les élus régionaux et de critiquer M. Colomb [qui] a fait lever des fonds pour un centre culturel. Ce sera une mosquée ! Quitte à surestimer certains problèmes : concernant les travailleurs détachés qui ont participé à la construction du stade de l’Olympique lyonnais, sur les quatre premiers mois, ils étaient 1 400 travailleurs étrangers ! Des batteries d’ouvriers Roumains, Portugais, Polonais qui couchaient sur place ! Or à l’époque, ils n’étaient que 142 salariés détachés à travailler sur un chantier de 840 personnes selon Vinci, en charge du projet.

Ce qui ne l’empêche pas d’aligner d’autres poncifs et contre-vérités : Ils vont voter pour quelqu'un qui est pour la marchandisation du ventre des femmes. Il est pour la GPA, adresse-t-il à son attentif auditoire. Or Macron s’est clairement déclaré contre la légalisation de la gestion par autrui en France. Nous allons réduire le nombre de députés. Regardez les États-Unis, ils en ont beaucoup moins que nous ! Un calcul qui compare le nombre des membres de la Chambre des représentants américains de Washington au nombre d’habitants des États-Unis, mais qui oublie que chaque État dispose d’un congrès qui rassemble sa propre chambre des représentants et un sénat.

Les militants déçus par le débat de la veille

À la fin de l’allocution, les conversations se continuent autour d’un “verre de l’amitié” composé d’un apéritif au vin blanc, accompagné par du fromage et du saucisson. Au cœur des discussions, le débat télévisé de la veille entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Frédéric, un cantonnier à casquette venu ce soir par curiosité a beau n’être “pas en accord avec toutes les opinions du Front, il est davantage suspicieux envers un Macron “venu du monde de la finance”, le débat l’a fait douter de son vote dimanche prochain. Elle n’a pas réussi à tenir la distance, précise-t-il. Un vieux monsieur, militant depuis l’entre-deux tour de 2002, l’approuve : Marine s'est montrée trop hargneuse, il aurait mieux fallu engager le débat sur le fond.”

Pour sa part, Christophe Boudot a trouvé le débat assez étrange. Je ne crois pas que ce genre de débat-duel puisse apporter quelque chose, avance-t-il, avant de rejeter la faute surles journalistes qui n’ont pas réussi à s’imposer. Les candidats n’ont pas pu se hisser à la hauteur, car la forme du débat ne l’était pas.“

“Nous avons gagné la bataille des idées”

Mais le président du Front national à la région a déjà en tête les législatives, dont il brigue la 9eme circonscription du Rhône : Dans le Beaujolais, il y aura trois forces importantes aux législatives. Celle d’Emmanuel Macron dont le candidat est inconnu aujourd’hui, la force du Front national qui est arrivé en tête et Les Républicains et leur député sortant. Cette triangulaire, il la perçoit comme une porte ouverte. “Toute la cartographie électorale va se recomposer, se réjouit-il.

Des propos qu’appui Jean-Pierre Barbier dans une envolée lyrique : On va peut-être pas gagner cette élection présidentielle, mais le soleil se lève tous les matins, et il se lèvera un jour pour nous.” Près du buffet, le conseiller municipale de Villefranche Florian Oriol glisse que “nous avons déjà gagné la bataille des idées, surtout sur la nécessité de lutter contre l'islamisme. Ce sont des opinions qui traversent la société : ceux qui tuent, qui mettent la pression, ce sont les islamistes.”

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