François de Rugy © Tim Douet

Taxe sur le carbone : à Lyon, de Rugy critique “l’écologie de spectateur”

À Lyon pour les Assises de l'eau, le ministre de la Transition écologique et solidaire a plaidé pour une adaptation de la politique de l'eau à l'heure du réchauffement climatique et fait un lien entre “or bleu” et “or noir” à l'heure des manifestations des gilets jaunes qui auront lieu ce samedi.

Martial Saddier arrive dans la salle de presse en compagnie de François de Rugy. Le député de Haute-Savoie, président du comité de bassin Rhône-Méditerranée prend soin de cacher les bouteilles d'eau de la marque Nestlé positionnées sur la table des 7 présidents de comités de bassin et devant le ministre de la Transition écologique et solidaire. Il faut dire que le géant de l'agroalimentaire est accusé par les habitants de la région de Vittel de piller leur eau. L'image aurait été mauvaise pour le ministre d'État venu participer au colloque national “Eau et changement climatique” dans le cadre des Assises de l'eau.

“Vous avez la lourde charge de préserver la qualité de l’eau de notre pays”

François de Rugy s'est montré rassurant devant la salle de la Cité internationale, inquiète de la baisse des financements publics dans le secteur de l'eau à l'heure du changement climatique. “Vous avez la lourde charge de préserver la qualité de l’eau de notre pays”, lui a lancé Martial Saddier. “Si aujourd'hui c'est une évidence d'avoir une eau potable, ça ne l'est pas partout dans le monde, ça ne l'a pas toujours été en France et ça peut se dégrader très vite s'il n'y a pas une bonne gestion”, lui a répondu l'ancien président de l'Assemblée nationale.

Cette “bonne gestion” passera par “une réflexion sur les solutions de stockage”, notamment pour les activités agricoles. Des activités agricoles qui doivent elles aussi s'adapter, selon le ministre. “On va devoir réfléchir [à] l'abandon des productions les plus consommatrices d'eau”, a-t-il justifié. Un travail sur “le renouvellement des réseaux qui ont quarante ans”. “Rien que ce sujet sera un défi”, a ajouté l'ancien adjoint au maire de Nantes.

“Il est plus facile aujourd'hui de parler d'eau que d'un autre liquide dont s'abreuvent nos voitures”

Selon le ministre, toutes les mesures devront s'articuler autour du combat contre le réchauffement climatique. “L'eau est un enjeu vital et il est plus facile aujourd'hui de parler d'eau que d'un autre liquide dont s'abreuvent nos voitures. Pourtant, il y a un lien entre les deux et ce lien c'est le dérèglement climatique”, a assuré François de Rugy.

Selon le ministre de l’Ecologie, les “effets du dérèglement climatique sont déjà là. On ne peut pas dire qu'on n'a pas été à la hauteur pendant des années sur les émissions de gaz à effet de serre, qui continuent d'augmenter aujourd’hui, et se dérober quand il s'agit de donner un prix au carbone en créant une taxe carbone. Il faut l'assumer quand c'est mis en œuvre ou alors il faut arrêter de parler de la lutte contre le dérèglement climatique. Dire que, quand on fait ça, c'est de l'écologie punitive, cela veut dire que l'on prône une écologie de spectateur et donc on ment aux Français”.

“Le levier fiscal est indispensable dans la lutte contre le réchauffement climatique”

Pour le ministre, “le levier fiscal est indispensable dans cette lutte, mais ce n'est qu'un des leviers”. “Il y a aussi le levier incitatif et le levier réglementaire. Ce dernier n’est d’ailleurs pas forcément mieux accepté, comme on le voit avec l'interdiction des voitures les plus anciennes”, ajoute-t-il. Questionné par Lyon Capitale sur le mouvement des gilets jaunes, qui ont prévu de manifester ce samedi partout en France, François de Rugy a répondu “avoir été l’un des seuls ministres à avoir discuté directement avec des gilets jaunes” (à l’occasion d’un déplacement en Vendée lundi). “J'ai constaté que très vite on ne me parlait plus de carburant mais des difficultés à vivre avec des petits salaires”, note-t-il en conclusion.

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1 commentaire
  1. Abolition_de_la_monnaie - 16 novembre 2018

    Ainsi, pour protéger l'environnement selon le ministre :
    .
    - le levier fiscal - Taxes ? Mais les taxes pétrolières rapportent tellement que construire une société sans pétrole est "dangereux" pour les finances de l'Etat. Donc la solution fiscale est une utopie.
    .
    - Il y a aussi le levier incitatif - Subventions ? Mais alors il faut arrêter de construire toujours plus de routes et mettre l'argent dans le ferroutage ainsi que dans tout ce qui empêche les déplacements pendulaires. C'est ce qu'ils font ? Non, il font l'inverse.
    .
    - le levier réglementaire - Des lois ? Elles sont faites par les lobbys et elles sont également faite pour être contournées. Reste à voir qu'est-ce qu'il entend concrètement par "réglementaire"...
    .
    Mais encore une fois, le système monétaire est une machine qui a tout "intérêt" à piller les ressources, à avoir des process polluants car moins coûteux, plus rentables.
    La "police" et la "justice" arrivent toujours trop tard, après les crimes.

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