Royal prend Collomb, Belkacem et Demontès mais pas Queyranne

La liste, c'est évidemment "l'équipe du pacte présidentielle" dévoilée jeudi par Ségolène Royal et qui comprend 42 noms. Elle comporte ses bonnes surprises et ses grosses déceptions. Car jusqu'à présent, Ségolène Royal n'avait pas formalisé d'organigramme, et tous les "barons" du PS pouvaient se vanter d'avoir une mission auprès d'elle. En resserrant les choses, pour répondre aux critiques sur l'inorganisation de sa campagne, Ségolène Royal a forcément dû faire le tri. Les grands gagnants sont Gérard Collomb, Christiane Demontès et Najat Vallaud-Belkacem. Le grand perdant est Jean-Jack Queyranne et, dans une moindre mesure Pierre-Alain Muet, ainsi que tous ceux qui pouvaient rêver en silence... Gérard Collomb intègre le groupe resserré des 14 éléphants, aux côtés de Jospin, Hollande, DSK, Fabius, Mauroy, Cresson, Emmanuelli, Kouchner, Delanoë, Aubry... "Nous allons essayer de faire en sorte que le modèle lyonnais de réussite, de lutte contre la fracture spatiale et de développement durable, se transforme en modèle français de réussite. A Lyon, nous avons reformé une nouvelle ville comme Ségolène va reformer un nouveau pays" confie-t-il à Lyon Capitale.
Collomb se serait par contre sans doute bien passé de la nomination, dans l'équipe élargie, de Christiane Demontès, la très strauss-kahnienne patronne du PS du Rhône... Il y a en effet une sorte de guerre froide entre le PS local et la mairie de Lyon. Demontès, qu'on dit "ministrable", se voit confier un rôle sur mesure : "communication interne et mobilisation des fédérations".

La nouvelle "François Baroin" ?
Mais la grande surprise de la liste est la nomination de Najat Vallaud-Belkacem, conseillère régionale et membre du cabinet de Collomb, qui est propulsée "porte-parole" de la candidate, aux côtés d'Arnaud Montebourg et de Vincent Peillon. C'est la petite souris au milieu des éléphants ! Elle a le même âge - 29 ans - que François Baroin (UMP) en 1995, quand il a été nommé porte-parole du candidat Jacques Chirac. Mais Baroin, très proche de Chirac, était déjà député à l'époque... Najat Vallaud-Belkacem tentera de le devenir en juin prochain, puisqu'elle est candidate face à Dominique Perben, dans la très ancrée à droite 4e circonscription de Lyon. "Je suis très honorée", confie-t-elle, "mais les choses vont tellement vite que je n'ai pas le temps d'être intimidée." Elle est prête à enchaîner les médias : "Les porte-paroles sont coordonnés par Jean-Louis Bianco. C'est lui qui décide qui il envoit dans quel débat, sur quel plateau télé... J'ai déjà BFM et LCI de prévu. Je pense qu'on va me laisser me faire mes armes, et on verra par la suite."

Collomb : "Ma seule ambition, c'est Lyon !"
Avec Collomb, Demontès et Belkacem, les lyonnais entrent en force dans le "shadow cabinet" de Ségolène Royal. Pour Jean-Jack Queyranne, par contre, c'est la soupe à la grimace. Il pensait avoir pris le leadership des royalistes Lyonnais ; il avait d'ailleurs été nommé "coordinateur régional" et avait accompagné Ségolène Royal en Chine... Mais le vent a tourné, ce qui pourrait compromettre ses chances d'obtenir le ministère qu'il convoite, celui de la Culture. Collomb tente de consoler son rival malheureux : "Tout le monde ne peut pas faire partie de l'équipe. Mais comme président de Rhône-Alpes, il jouera un rôle essentiel. En plus, cela ne veut pas dire qu'il ne sera pas ministre, puisque j'en fait partie et que je ne serai pas ministre... ma seule ambition, c'est Lyon !"
Autre déçu, l'adjoint au développement économique de Lyon, Pierre-Alain Muet. Ancien conseiller économique de Jospin, il pouvait espérer sortir de l'ombre avec cette campagne. Il la joue cependant serein : "Ce qui est important, c'est d'être là où on peut être le plus utile. Je continue d'animer le pôle de 40 économistes chargés de la conseiller." Il ne dit rien non plus de ses propres ambitions : "Ce que je sais de Ségolène, c'est qu'elle n'a jamais souhaité constituer un gouvernement avant la lettre. Ça ne sert à rien d'en parler maintenant." Certes, mais on peut déjà commencer à compter les points.

A voir : le premier entretien avec la porte-parole de la candidate

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