Rachida Dati : "Nicolas Sarkozy n'a jamais adhéré aux idées du FN"

Rachida Dati, ancienne garde des sceaux est revenue sur cette première semaine de campagne d’entre-deux-tours marquée par la course aux électeurs du FN. Après une période de « disgrâce », l’ancienne garde des sceaux, ennemie jurée de François Fillon est plus que jamais aux côtés de Nicolas Sarkozy.

Lyon Capitale : Nicolas Sarkozy a clairement affiché la couleur : une campagne à droite toute. Comment s'adresser aux électeurs du FN sans pour autant adhérer à des idées d'extrême-droite ?

Rachida Dati : Nicolas Sarkozy parle à tous les Français et souhaite rassembler le peuple de France autour de son projet même ceux qui n’ont pas voté pour lui au 1er tour. Alors que François Hollande s’adresse seulement à la gauche. Nicolas Sarkozy n’est pas le candidat d’un clan. Et nous le redisons une fois encore, jamais Nicolas Sarkozy n’a adhéré aux idées et à l’idéologie du Front National. Pour autant, nous ne devons pas exclure du champ républicain les électeurs du Front National. Ce sont des Français qui, dans leur grande majorité, manifestent une souffrance. Notre devoir est de les entendre.

N'est-ce pas s'éloigner des électeurs du centre et ceux de François Bayrou ?

Nous n'agissons pas par calcul électoral, nous agissons par conviction au service de la France. Avec un message clair : le Président de la République continuera à protéger tous les Français. Nous n'avons jamais dévié de cette ligne. Et cette ligne est en cohérence avec les valeurs des électeurs de François Bayrou. Les électeurs centristes font partie de notre famille politique élargie. Il serait étonnant que ces électeurs votent pour un candidat, prisonnier de Jean-Luc Mélenchon et de son accord avec les Verts, qui fait de la dépense publique et de l’augmentation des impôts la colonne vertébrale de son projet pour la France. Notre priorité est la poursuite de la réduction des dépenses publiques comme préalable à une croissance forte et durable. Nous souhaitons également promouvoir le "made in France" et même le "made in Europe" avec le Buy European Act.

Certains élus de droite regrettent un certain manque d'humanisme et souhaitent parler d'emploi ou de pouvoir d'achat au lieu d'immigration... Quelle est votre position ?

Est-ce que Nicolas Sarkozy ne parle pas d'emploi ou de pouvoir d'achat lorsqu’il dit qu’il faut en finir avec « l’Europe passoire » ? Il ne fait rien d'autre que de vouloir remettre de l'humain dans la construction européenne pour protéger les Français et préserver leurs emplois. Car pour protéger nos emplois, il est impératif d’obtenir la réciprocité commerciale avec des pays qui refusent que nos entreprises accèdent à leurs marchés publics alors que les nôtres leur sont totalement accessibles ! C'est donc pour protéger nos emplois que Nicolas Sarkozy exigera que 20 % de nos marchés publics soient réservés aux entreprises qui produisent et qui créent des emplois en Europe. En voulant refonder Schengen et sanctionner fermement les pays qui pèchent par laxisme à nos frontières extérieures, Nicolas Sarkozy veut une lutte plus efficace contre les filières criminelles et les passeurs d’immigrés clandestins. Quant à l’immigration légale, nous souhaitons accueillir moins mais accueillir mieux, avec décence et dignité.

Allez-vous vous afficher aux côtés de Nicolas Sarkozy durant l'entre deux-tours ?

Je suis totalement mobilisée pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Je fais campagne partout en France. Que ce soit avec Nicolas Sarkozy ou pour le soutenir auprès d'autres élus de la majorité. Je fais plusieurs réunions publiques par semaine. Bien au-delà de la personne, la réélection de Nicolas Sarkozy est dans l’intérêt de la France.

Faut-il faire évoluer la loi et reconnaître la présomption de légitime défense pour les policiers ?

Nicolas Sarkozy a été très clair. Nous voulons la présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes. Ils exercent leur métier dans des conditions déjà très difficiles. L'Etat a le devoir de leur permettre de les exercer dans les conditions les plus sereines possibles. Cela ne veut pas dire que la justice ne fera pas son travail. Cela ne veut pas dire que les policiers seront au-dessus des lois. Cela veut dire qu'on leur accorde une protection à la hauteur de la mission déterminante de sécurité qu'ils exercent au service de la France et des Français. Proposer cette présomption de légitime défense, c'est protéger les Français, protéger nos valeurs que les forces de l'ordre incarnent. C'est une évolution du droit qui me parait nécessaire.

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