Alexandre Vincendet, dans son bureau à la mairie de Rillieux-la-Pape, en 2015 © Tim Douet
Alexandre Vincendet, dans son bureau à la mairie de Rillieux-la-Pape, en 2015 © Tim Douet

Lyon : Vincendet attaque Kimelfeld sur la grève des éboueurs

Le maire LR de Rillieux-la-Pape et opposant de David Kimelfeld au Grand Lyon pointe du doigt la gestion de la grève des éboueurs par le président de la Métropole qu'il juge “bunkerisé” et incapable “de prendre les choses en main”.

Lyon Capitale : La grève des éboueurs a débuté il y a deux semaines. Comment jugez-vous l'action de la métropole de Lyon sur la gestion de ce mouvement collectif ? 

Alexandre Vincendet : Ma position est simple, le président de la métropole se bunkerise. Il donne des conférences, fait aujourd'hui la tournée des médias nationaux à Paris, mais n'est pas capable de prendre les choses en main ici en parlant avec les acteurs.

Pour vous, sa responsabilité est mise en cause ?

Visiblement, il n'a pas l’air pressé. Ça fait longtemps que l'on parle du fait que la métropole de Lyon est une institution déconnectée de la réalité. Là, on le vit. C'est une métropole à deux vitesses où Lyon et Villeurbanne sont épargnées, mais par contre on laisse depuis deux semaines les autres 60 % des habitants du Grand Lyon dans une situation où l'on ne ramasse plus les ordures. Si la grève s'enlise, c'est parce que la création de la métropole par Gérard Collomb a créé de grandes inégalités dans les services et notamment dans celui du ramassage. Il y a trois statuts qui cohabitent : celui de la métropole de Lyon qui est moins bon que le statut de l'ancien département, qui est lui-même moins bon que celui de l'ancienne Communauté urbaine de Lyon (Courly). 

Comme nous l'écrivions ce mardi matin, les éboueurs demandent au moins 150 euros d'augmentation, est-ce possible ? 

J'ai discuté avec eux. Ils demandent autour de 200 euros nets. Je ne sais pas ce qu'on peut leur donner, mais il faut au moins se mettre autour de la table pour discuter. David Kimelfeld doit assumer en prenant les choses en main. Être président de la métropole de Lyon, soit la communauté urbaine la plus puissante de France, ce n'est pas être maire du 4e arrondissement. Au lieu d'être à Paris, il aurait dû engager des négociations marathon avec tous les acteurs et dire “On ne sort pas tant qu'un accord n'est pas trouvé”. Or aujourd'hui, il joue au chat et à la souris et plutôt que de gérer lui-même, il envoie ses vice-présidents et son administration pour discuter avec les éboueurs. Là, il montre que c'est un élu de papier, mais pas un élu d'action. Cette métropole veut décider de tout, mais en réalité ne décide rien et ne représente pas un interlocuteur pour les citoyens. Il faut que le Grand Lyon rende du pouvoir aux maires. 

La situation serait différente si la grève avait lieu à Lyon ? 

Si cela se passait depuis deux semaines à Lyon, l'affaire serait déjà réglée. Visiblement, il y a des habitants de seconde zone pour l'exécutif métropolitain. Or la réalité c'est que les gens sont exaspérés. À Rillieux, ce week-end, j'ai eu des barricades faites avec des poubelles en feu pour tendre des guets-apens aux forces de l’ordre et de secours. Et je ne parle pas des rats qui posent un vrai problème sanitaire. Entre maires, on s'appelle pour bricoler et parer à l'urgence. Rien qu’à Rillieux, on a ramassé 1,6 tonne de déchets. Ce week-end, avec le procureur, on va mettre en place une stratégie pénale et de sécurité parce que le président de la métropole n'a pas pris de décisions depuis deux semaines. C'est bien gentil, la guéguerre avec Gérard Collomb, mais ceux qui payent ça, ce sont nos administrés. 

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