Les anciens élus Gram et Renaud Payre deviennent la Manucture de la Cité de Lyon
© Romane Guigue

Lyon : départs en série au sein du Gram, Perrin-Gilbert isolée

L’avenir du collectif Gram semble s’obscurcir. Six élus et plusieurs membres historiques ont annoncé leur départ de la formation.

Le 23 octobre dernier, le Gram réaffirmait la présidence de Renaud Payre, en créant un manifeste que Nathalie Perrin-Gilbert refusait de signer, faute d’explication. Depuis, les tensions semblaient régner au sein du collectif. Lyon Mag annonçait hier matin le départ de six élus du Gram. André Gachet, Jean-Pierre Bouchard, Marwan Martelli, Arthur Remy et Corinne Soulanet souhaitent démissionner à cause de leur "immense déception sur la gouvernance qui a été mise en œuvre : [ils constatent] un décalage profond entre le discours porté et la réalité des comportements." Une démission collective pour les élus qui veulent retrouver "des marges de liberté et de créativité dans un nouveau collectif : le MC LYON qui sera désormais [leur] nouveau groupe au conseil d’arrondissement du 1er." En clair, ces fidèles à la ville de Lyon et à la métropole de Nathalie Perrin-Gilbert prennent leurs distances avec cette dernière.

Les élus, et même le président

Un départ qui a fait appel d’air puisque dans le même temps, plusieurs membres historiques du mouvement (Benoît Bautheney, Clémence Capron, Christine Mouquet-Noppe, Corinne Pauget et Thierry Relave) et le directeur de Sciences Po Lyon Renaud Payre ont annoncé leur départ disant ne plus se retrouver dans la politique menée par le Gram. Tous ont affirmé dans un communiqué que les ambitions de Nathalie Perrin-Gilbert nuisent au bon fonctionnement du collectif. Lors d’une réunion tenue hier soir, les élus démissionnaires ont tour à tour présenté les conflits internes comme frein au déroulement du mandat. "Je voulais faire de la politique autrement, et la toute-puissance d’une personne n’est pas la réponse, de même que l’utilisation massive des réseaux sociaux. Il n’y a pas que la protestation, mais aussi la construction", précise André Gachet.

Pourquoi maintenant ?

Renaud Payre répond : "Nous avions atteint un point de non-retour, nous ne pouvions plus nous épuiser dans des combats personnels. Nous avions le choix entre rester ainsi et mettre les objectifs du Gram de côté, ou bien fonder autre chose. Notre réponse est la Manufacture de la Cité." Aucun n’évoque l’assemblée des adhérents également hier soir, qui pouvait, si les adhérents l’estimaient nécessaire, révoquer le bureau exécutif. Alexandre Chevalier, adhérent du Gram qui souhaite rester dans la formation précise : "C’est la première fois qu’on convoquait une telle assemblée, je pense qu’ils se sont sentis menacés."

Quelle suite ?

Jean-Pierre Bouchard précise : "Ce que nous avons fait jusqu’à maintenant, nous l’avons fait avec Nathalie Perrin-Gilbert, évidemment, mais il semble que le travail de proximité que nous menions ne l’intéressait pas beaucoup, qu’elle préférait s’intéresser à son devenir." La maire du 1er est la raison de cette démission massive, accusée d’avoir trop "d’ambitions personnelles" et de parfois mettre des bâtons dans les roues à ses élus. "Il est arrivé que j’ai des rendez-vous prévus à l’Hôtel de Ville pour faire avancer des sujets, et que ces rendez-vous soient annulés quelques heures avant, pour m’empêcher d’avancer", détaille Jean-Pierre Bouchard, expliquant que Nathalie Perrin-Gilbert emploierait des "techniques raffinées, parce qu’elles sont anciennes, de harcèlement." Les élus démissionnaires ont largement insisté sur le fait d’avoir désormais la majorité à la mairie, et sur les actions à venir. "Pour ma part je n’ai aucune rancœur, je suis simplement déçu de l’évolution du Gram. Maintenant, nous sommes le groupe principal, et nous allons travailler en bonne entente pour mener à fin le mandat sur lequel nous ont élus les citoyens. C’est le plus important." Les membres du Gram se sont réunis hier pour élire un bureau provisoire, présidé pour l’instant par Alexandre Chevalier, militant associatif. Nathalie Perrin-Gilbert espère que cette "clarification politique" permettra à chacun de passer outre. La maire du 1er espère aussi "de la dignité politique pour continuer de mériter la confiance des habitants", insistant sur le fait que depuis hier, "le Gram a comptabilisé de nouvelles adhésion".

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