“L’urgence environnementale sera au cœur de la campagne de 2020 !”

Tribune libre – Nous publions ici l’“adresse aux futurs candidats à la métropole et la mairie de Lyon” que nous a envoyée Fabien Bagnon, de la coalition Climat Rhône et d’Alternatiba Rhône, deux des organisateurs de la journée nationale “Il est encore temps – plus qu’une marche pour le climat” ce samedi.


Adresse aux futurs candidats à la métropole et la mairie de Lyon : “L’urgence environnementale sera au cœur de la campagne de 2020 !”

La rentrée 2018 aura été marquée par deux événements majeurs. L’un, citoyen, avec l’immense succès de la journée “Dans nos rues pour le climat” du 8 septembre : 15 000 personnes à Lyon (et plus de 150 000 en France) se sont mobilisées sur le sujet de l’urgence climatique, à l’appel de citoyens, d’associations mais aussi de syndicats et de partis politiques. L’autre, politique, avec le retour de Gérard Collomb à Lyon qui a donné le coup d’envoi des campagnes électorales (municipale et métropolitaine) de 2020. Ces deux faits marquants semblent à première vue sans rapport, sauf à considérer la future place des thématiques environnementales dans les campagnes politiques à venir.

Année après année, conférence des parties (COP) après conférence des parties, rapport du GIEC après rapport du GIEC, canicule après canicule, la conscience environnementale de nos concitoyens se renforce progressivement mais sûrement.

Après des années 1990 marquées par la découverte de l’effet de serre et de ses causes humaines par le grand public, les années 2000 se caractérisent par l’entrée de la question climatique dans les débats politiques. Le 3e rapport du GIEC, en 2001, prévoit une augmentation de température entre 1,4 °C et 5,8 °C entre 1990 et 2100 et estime que le rythme du réchauffement est sans précédent depuis les dix derniers millénaires. La responsabilité humaine y est davantage soulignée. Le président Chirac s’en inspire lors du Sommet de la terre de 2002 en Afrique du Sud pour déclarer que “notre maison brûle et nous regardons ailleurs”. Se développe en parallèle une vive opposition aux prévisions alarmistes du GIEC.

Les années 2010 sont le temps de la montée en puissances des prises de conscience et mobilisations citoyennes. Les rapports du GIEC apportent chaque fois des nouvelles plus alarmantes, et la terminologie de l’urgence climatique s’impose progressivement. Localement, le Grand Lyon (la métropole de Lyon aujourd’hui) met en place son plan Climat-Énergie territorial, qui fixe pour objectif une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020. Fin 2015, cette réduction était de 16 %, rendant atteignable l’objectif fixé par la collectivité. Pourtant, la métropole devra se fixer des objectifs beaucoup plus ambitieux pour la prochaine décennie, qui sera déterminante, ainsi que le disent les experts du GIEC, dans la lutte contre le changement climatique.

C’est pourquoi les organisateurs de la mobilisation du 8 septembre ont demandé à David Kimelfeld, président de la métropole, que les objectifs chiffrés du plan Air-Climat-Énergie territorial (PCAET) 2020-2030 de la métropole, en cours d’élaboration, soient à la hauteur de l’urgence climatique et respectent a minima les engagements de l’accord de Paris. Voté avant fin 2019, ce nouveau plan Climat fixera des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 qui engageront les candidats qui seront élus en 2020.

Indépendamment du nouveau plan Climat de la métropole de Lyon et au regard de la montée en conscience des citoyens-électeurs sur les questions environnementales (urgence climatique, effondrement de la biodiversité, pollution de l’air…), c’est toute la campagne ou plutôt les campagnes (municipale et métropolitaine) qui devraient se focaliser sur ces thématiques. Pour l’électeur, la question ne sera pas de voter pour un candidat se souciant des questions environnementales, mais bien de choisir le ou la candidat(e) qui apportera les réponses les plus pertinentes et efficaces au plus grave défi que l'humanité ait jamais rencontré.

Mesdames et Messieurs les candidats, la balle est maintenant dans votre camp à dix-sept mois des élections. Les très nombreuses associations lyonnaises et métropolitaines en lien avec la protection de l’environnement se tiendront à votre disposition pour vous aider à construire des programmes électoraux plus ambitieux et engagés les uns que les autres.

C’est donc maintenant à vous de jouer. Soyez ambitieux, soyez courageux, pour vous montrer à la hauteur de ce moment historique.

D’ici là, nous ne saurions trop vous inciter à participer à la nouvelle Marche pour le climat qui reliera l’hôtel de ville de Lyon à la métropole de Lyon, samedi 13 octobre après-midi (rendez-vous à 15h place des Terreaux).


Fabien BAGNON, au nom de la coalition Climat Rhône et d’Alternatiba Rhône,
participants à l’organisation de la journée nationale
“Il est encore temps – plus qu’une marche pour le climat”

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5 commentaires
  1. idiot utile - 11 octobre 2018

    Alternatiba, c’est vraiment l’idiot utile du système ! Mesdames et Messieurs les candidats, si vous n’avez pas compris ce blabla, il vous demande des places éligibles sur vos listes. Aucune crainte, en moins de deux (ans) comme les Verts, ils auront intégrés le système et ses émoluments et vous serviront à inaugurer toilettes sèches, magasins bio et vélo électriques.
    Le changement climatique, c’est maintenant, pas dans 17 mois. Il y a déjà mille élus et patrons déjà aux manettes qui prennent des décisions tous les jours qui bousillent notre ville et notre planète et c’est pas en verdissant les programmes de 2020 qu’ils vont changer, ni demain, ni après-demain.

  2. nico-yzfr6 - 12 octobre 2018

    Parce que Alternatiba ne fait rien à l'heure actuelle, idiot utile ?
    Avant de parler, il faut se renseigner. Ils en font plus que jamais vous n'en ferez.

    Côté politique, il est vrai que Macron a été élu avec le soutien de grands patrons qui n'ont aucun intérêt à proner l'écologie pas assez rentable pour la sacro sainte croissance. Alors, ils en font le minimum et demandent à leur champion, Manu 1er, de surtout ne pas leur casser les pieds avec ça.
    Macron, champion de la Terre, quelle farce !

  3. Bernard Girard - 15 octobre 2018

    Mais vous, @idiot utile, en dehors de constater béatement ou tristement que la situation est déjà franchement mauvaise, vous proposez quelle action ?
    Aucune, parce que, de toute façon, c'est trop tard ?

    Il est préférable d'inaugurer des toilettes sèches, ou mieux encore des arbres dans les rues, que des autoroutes supplémentaires. Mais ce sont ces autoroutes que les élus d'aujourd'hui pensent faire, hélas.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 16 octobre 2018

      En restant coincés dans un système monétaire, les élus sont occupés à créer de l'activité qui fait tourner l'outil monnaie. Construire un truc qui détruit la nature ? Qu'importe puisque ce "truc" permettra de payer des salaires, payer des actionnaires, payer des impôts pour payer les services publics, etc, etc.
      Cette roue infernale doit cesser si on ne veut pas empoisonner totalement la planète, mais pour cela, il faut arriver à prendre du recul et ne plus avoir la tête dans le guidon (ou plutôt le volant de sa voiture).
      .
      On devra quitter une partie de notre "confort" actuel, et ça, psychologiquement, c'est le plus dur. Les pires barrières ne sont pas celles d'une hypothétique lutte des classes, mais celles qu'on se fixe dans nos têtes.

  4. Galapiat - 1 novembre 2018

    une histoire mille fois répétées ne deviendra jamais une preuve scientifique pas plus que les solutions proposées. Actuellement seule la théorie défendue par le climatologue Milankovitch "les cycles climatologiques "a un fondement
    irréfutable contrairement aux théories qui se contentent d'affirmer ça mouille, donc il pleut. Tenter de freiner un emballement du système avec des mesures touchant uniquement les véhicules particuliers n'a aucun sens si l'on ne s'attaque pas aux "gros" utilisation du charbon, fuel lourd , à leurs utilisateurs, centrales électriques avec l'arrêt sans substitution du nucléaire, transport maritime devenu indispensable par l'exportation des productions dans les pays à bas cout , transports aériens. Nous n'empêcherons pas la planète de suivre les cycles décrits scientifiquement impactant marées et climat , nos connaissances historiques devant nous conduire à plus de modestie lucide. Quant à ceux qui prétendent détenir LA solution , lorgnons du coté de l'attrait du pouvoir.

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