Le Grand Débat Lyon Capitale (partie 2 : l'environnement et les transports)

Lyon Capitale organisait mercredi 6 janvier le premier grand débat autour des élections régionales de mars prochain. Jean-Jack Queyranne (PS), Françoise Grossetête (UMP), Bruno Gollnisch (FN), Philippe Meirieu (Verts) et Elisa Martin (FG) étaient réunis dans l’amphithéâtre de l’université professionnelle René Cassin à Vaise devant plus de 300 invités. Lyoncapitale.fr a résumé pour vous les meilleurs moments de ce débat.

Débat # 2 - Un mois après le sommet de Copenhague, quel bilan les candidats tirent-ils de la politique régionale en matière de transports, en particulier concernant les TER ? Rhône-Alpes est-elle un modèle d’ “éco-région“ ? Réponse des candidats :

Françoise Grossetête (UMP)

Sur les transports :
Je voudrais dire que le développement des transports ferroviaires est une bonne chose mais je voudrais rappeler aussi que cette politique a commencé sous madame Comparini. Le ferroviaire est une solution, ce n’est pas la seule. Tout le monde n’habite pas à un quart d’heure d’une gare, il faut appréhender le problème de façon plus globale. La région n’a en réalité pas fait respecter la convention avec la SNCF, notamment quand il y a des retards dans les TER. Cette convention n'est pas appliquée totalement. Pourquoi ? Pourquoi ne pas renforcer d’autres transports propres comme le covoiturage ou le transport fluvial“.

Sur le nucléaire :

Pensez-vous que Rhône-Alpes pourrait aujourd'hui se trouver dans le cas de la Bretagne, et réduire sa consommation énergétique ? La région Rhône-Alpes qui est une grande région industrielle a besoin d’une grande politique énergétique, d'un virage énergétique. Celui ci nécessite qu’on développe l’hydraulique et le photovoltaïque et le solaire. Il y a nécessité d’une complémentarité entre ces sources d'énergie, mais c’est évident que le nucléaire est essentiel au fonctionnement de notre région. Le développement des énergies renouvelables ne peut être que complémentaire au nucléaire aujourd'hui. Monsieur Queyranne, qu'envisage-t-il pour diminuer la consommation énergétique des lycées ? Là aussi, il y a beaucoup à faire“.

Elisa Martin (Front de gauche) :

Sur l’aspect TER il faut être clair, le bilan de la gauche est positif. Oui, il y a eu du développement, de la modernisation et c’était nécessaire. On se rappelle les conditions de voyage avant 2004, étant entendu qu’il y a encore du boulot et que cela renvoie à la question des moyens dont peuvent disposer les régions pour développer l’intérêt général.
Concernant l’éco-région, on peut avoir un regard critique. Le bilan de la majorité sortante est contrasté. On a pu imposer des dimensions de développement durable, on a été en capacité d’affirmer que nous étions une région hors OGM, mais quand on regarde le détail, le compte n’y ait pas. L'implantation d’un Center parc à Roybon avec une eau à 27 degrés toute l’année, le développement du photovoltaïque chez Alcatel, pour l’export en majorité. Nous devons avoir un regard critique sur le capitalisme vert. La dimension écologique ne doit pas être contradictoire avec la dimension sociale de nos politiques“.

Philippe Meirieu (Verts)

Je suis d’accord sur ce qui est dit : la majorité sortante a fait du bon travail sur les TER. Il faut compléter les TER par le fluvial, par les modes doux. On est effectivement contre l’automobile polluante et individuelle, elle constitue un gaspillage d’énergie ; on est très favorable au covoiturage. Nous devrions peut-être créer une agence rhônalpine de covoiturage. Il n'y a pas que ça. Le problème est moins le transport que le déplacement qu’il faut rendre possible. Sur l’éco-région, je ne comprends pas qu’on puisse dire de Rhône-Alpes que c’est une éco-région alors que c’est la plus nucléaire de France et qu’on enfouit sous les pieds de nos enfants des déchets dont on ne sait quel accident ils peuvent provoquer. Alors c’est vrai, il y a une agriculture biologique - on a doublé leur aide -, on a développé une région sans OGM, c’est vrai il y a eu des efforts réels pour l’aménagement du territoire. Il faudrait avoir une approche globale pour rapprocher le lieu de travail du lieu d’habitation“.

Sur le nucléaire :

Les centrales pourraient être progressivement fermées d'ici vingt-cinq ans, il faudrait qu'elles soient progressivement remplacées par des modes de production énergétiques alternatifs. Il n’est pas question de les remplacer par du charbon“.

Sur l'éco-région :

Je suis très heureux de ce débat où le PS et l’UMP s’emparent des sujets pour être plus écologistes les uns que les autres. Le mieux pour une éco-région, c’est d’être dirigée par les écologistes. Sur les énergies, il faut mettre en œuvre un plan de différenciation des énergies. La question du nucléaire doit être anticipée, on ne va pas continuer à laisser se développer des petits Tchernobyl. Ce n’est pas une caricature, les centrales sont vieillissantes, elles nécessitent ou bien des investissements colossaux pour être remis à flot, ou bien on met l’argent dans d'autres choix. Il faut aussi réduire nos consommations d'énergie“.

Jean-Jack Queyranne (PS)

Sur les transports :

Les pénalités concernant la SNCF nous les appliquons chaque année : elles ont rapporté 5 millions d'euros en 2006, 2 millions en 2008 et 2 millions en 2009 qui sont venus en compensation de ce que paye la Région. Et nous venons de prendre des délibérations récemment, qui conduiront à réduire le prix des abonnements quand il y a des retards constatés. Il faut aussi améliorer la ponctualité et les horaires des trains, leur fréquence. Ceci étant, les TER n’ont pas commencé en 2004, mais nous avons donné un certain coup de turbo. Quand vous prenez la ligne Lyon-Bourg, ligne à voie unique, en 2003 les voyageurs excédés avaient bloqué un TGV. Nous avons modernisé la ligne, la fréquentation du TER à augmenté de 50 % , 10 % par an. On a fait un boulot sur les gares qui, elles aussi, étaient à l’abandon, il y en a 260. Enfin, on vient de créer la gare Jean Macé à Lyon. On a créé la carte Oùra. Donc le TER c’est quelque chose qui marche, qu’on doit améliorer, mais vous ne pouvez pas dire le contraire“.

Sur l'éco-région :

Le principe d’éco-région, je m’y suis engagé en 2004. Nous avons mis en œuvre des politiques qui permettent de prendre en compte les besoins en matière d’économie de l’environnement. Je veux dire aussi à Elisa Martin que les entreprises ne sont pas les ennemis de la Région. Il nous faut une complémentarité entre les laboratoires de recherche et des entreprises qui mettent en œuvre leurs innovations. Il y a besoin de faire le lien, sinon vous aurez des laboratoires en Rhône-Alpes, mais les emplois eux seront ailleurs. Nous devons accompagner les mutations en Rhône-Alpes, je pense à la chimie, aux véhicules, le plus gros employeur en Rhône-Alpes, c'est Renault Trucks. Aujourd'hui les salariés de Renault Trucks travaillent seulement deux jours par semaine à cause de la situation économique. Avant Noël, la région a apporté son concours à la mise en place d’une plateforme hybride. Rhône-Alpes a besoin de l’entreprise parce que Rhône-Alpes a besoin des emplois“.

Sur le nucléaire :

La décision du nucléaire ne dépend pas de la région Rhône-Alpes. Ce n'est pas le président de Région qui décide de l’implantation des centrales et du traitement des déchets nucléaires. Cela dit nous avons beaucoup travaillé depuis 2004 avec Hélène Blanchard, avec d'autres collaborateurs, sur cette question. Nous avons fait des progrès. Nous avons notamment voté et je le revendique, le fait que la Région n'était pas en faveur de l’implantation d’un EPR. J'ai vécu Creys-Malville et je n'ai pas envie que la région s’engage dans cette démarche non assurée en termes économique et technologique. Philippe Meirieu, il faudrait qu'il nous explique comment il compte enlever les déchets nucléaire de Rhône-Alpes ?

Sur les lycées :

Je suis président de “défi énergie“, une association qui promeut des bâtiments à énergie positive, moins consommateurs d'énergie. Avec le président du Québec qui est venu, nous avons visité des bâtiments. La région soutient, avec des appels à projets, la construction de ce type de bâtiments et en matière de lycées, nous sommes prêt à signer avec EDF énergies nouvelles, une convention qui permettra de placer des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments régionaux pour diminuer notre consommation d’énergie“.

Bruno Gollnisch (FN)

Sur les transports :

J’essaie d’être intellectuellement honnête : c’est vrai que la majorité sortante a amélioré les choses pour le train. Mais vous avez matraqué par idéologie et à cause de vos alliés verts l’automobile que la gauche n’aime pas parce que c’est un mode de déplacement individuel. Vous avez porté au maximum la part Région de la carte grise et de la TIPP. Comme toutes les régions socialistes. Vous vous êtes lancés dans une opération séduisante en apparence sur le TGV Lyon-Turin qui ne servira que pour le fret. Pour un coût trois fois inférieur, on pouvait avoir une liaison avec la Bourgogne, l’Alsace, l’Allemagne et l’Europe du Nord“.

Sur le nucléaire :

Il faut toute l’habileté de monsieur Queyranne pour masquer les divisions de sa majorité sur le nucléaire ; votre position, monsieur Meireu, c’est une politique de gribouille. L’électricité c’est un vecteur d’énergie, pas une source, vous la créée soit par une centrale thermique (par le charbon), soit par le nucléaire. Il y a un certain nombre de mythes auxquels il faut tordre le cou. Vous dites monsieur Queyranne que la région n’est pas contre l’entreprise, mais le développement durable coûte cher aux particuliers et aux entreprises“.

Lire aussi :

Partie 1 : L'identité régionale
Partie 3 : le développement économique
Partie 4 : la campagne électorale

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