Le bilan national de chacun des candidats Qui a gagné ? Qui a perdu ?

Depuis 1974, seul François Mitterrand, président sortant, a fait mieux ( 34,11 % en 1988). Un chiffre dit à lui seul l'ampleur de la vague Sarkozy : 11,3 millions de voix. C'est 850 000 de plus que Chirac et Le Pen réunis en 2002 ! Ce succès, qui fait de lui le grand favori du second tour, récompense sans doute son excellente campagne et sa ligne politique très à droite, sur les questions de sécurité et d'immigration. Comparée à 2002, la "droite extrême" (Le Pen, Saint-Josse, Madelin, Mégret et Madelin) a en effet perdu quatre millions de voix et on peut imaginer qu'elles ont été "pompées" par Sarko. Pour s'installer à l'Elysée, il lui reste à lever deux hypothèques : le vote Bayrou et le "Tout sauf Sarkozy."

Ségolène Royal, une victoire à la Pyrrhus ?

La candidate du PS a rempli son contrat : effacer le traumatisme de 2002 et amener la gauche au second tour. Symboliquement, avec 25,83 % elle réalise pratiquement le même score que François Mitterrand en 1981 (25,85 %). Elle a surtout convaincu plus de deux fois plus d'électeurs que Lionel Jospin en 2002 (9,4 millions contre 4,6 millions), et fait mieux que l'ensemble des candidats de la gauche plurielle réunie en 2002 (9,2 millions). Avec ce succès incontestable, elle sauve sa tête, son leadership sur le PS. Mais cela risque bien de n'être qu'une victoire à la Pyrrhus. En misant tout sur le vote utile, Ségolène Royal a "asséché" ses réservoirs de voix à gauche. Elle ne peut maintenant plus compter que sur les centristes. C'est la clé du scrutin et sa mince lueur d'espoir.

La France se réveille fière d'elle-même

84,6 % ! Pour trouver une telle participation, il faut remonter à 1965, la première présidentielle de la Ve République... La France avait peur d'un 21 avril bis, elle a eu exactement l'inverse : avec 8 millions d'électeurs de plus qu'en 2002, elle peut être fière de l'image qu'elle renvoi au monde.

Le grand perdant

Jean-Marie Le Pen, tombé au Front

Le leader frontiste aura perdu son pari, celui d'accéder au deuxième tour de la présidentielle. Il a surtout perdu un million d'électeurs depuis 2002 (1,6 millions en comptant ceux de Mégret) ! Est-ce le début du déclin ? C'est en tout cas la première fois que Le Pen recule, depuis qu'il se présente à la présidentielle. A part en 1974, quand il était encore inconnu, Le Pen n'a jamais réalisé un si petit score (10,44 %) et obtenu aussi peu de voix (3,8 millions).

Ils ont bien mérité

François Bayrou, le meilleur des centristes

L'échec est là : le candidat centriste ne sera pas au second tour. On ne peut pas dire que ce soit une surprise, puisque jamais aucun sondage ne l'a mis au dessus de Ségolène Royal. Cela dit, Bayrou a gagné 4,7 millions d'électeurs depuis 2002 et triplé son score final. Dans un contexte de forte bipolarisation, ses 18,57 % marqueront l'histoire centriste : il fait mieux que Raymond Barre en 1988 (16,54 %) ou Lecanuet en 1965 (15,57 %), même s'il reste assez loin de Giscard en 1974 (32,6 %). Bayrou, le 3e homme, peut espérer compter à l'avenir. A condition de bien gérer le second tour de la présidentielle et les législatives qui suivent. Pris en tenaille entre le PS et l'UMP, ce n'est pas une mince affaire...

Olivier Besancenot, le nouveau patron de l'extrême-gauche

Et s'il n'en reste qu'un... Le candidat de la LCR est le seul, à gauche du PS, à avoir résisté au vote utile et conservé ses électeurs. Il en gagne même 280 000 par rapport à 2002, même si, au final, il obtient un score un peu moins bon (4,11 % contre 4,25 % en 2002. Son excellente campagne a ainsi fait de lui le leader de la gauche radicale, qui pèse encore 10 % en France. Reste à la rassembler...

Ils sont laminés

Marie-George Buffet, la fin d'une exception française ?

Qu'il semble loin le temps où le PC faisait 21,27 % ! C'était en 1969. Depuis, le seul parti communiste d'Europe qui n'a pas souhaité se réformer et changer de nom après la chute du mur, est en voie de disparition. Avec 1,94 %, Buffet ne peut plus prétendre à rien. Comme un symbole, elle est même devancée par Besancenot dans le fief communiste de Vénissieux.

Arlette Laguiller bat en retraite

C'était la campagne de trop pour Arlette (1,34 %). Lutte Ouvrière risque de s'en mordre les doigts : faute d'avoir passé le relais assez tôt à la jeune lyonnaise Nathalie Arthaud, elle risque d'avoir passé la main au concurrent de toujours, la LCR de Besancenot.

Dominique Voynet, c'est sé-Verts !

Rarement on aura autant parlé d'écologie durant une campagne. Et pourtant... Avec 1,57 %, les Verts ne peuvent pas espérer grand chose pour l'avenir. Les prochaines législatives pourraient même les laisser sans aucun député. Parviendront-ils à se refaire aux municipales ?

Philippe de Villiers, la tentation de... Vendée ?

En l'absence de Mégret, Boutin ou Madelin, mais aussi de Dupont-Aignan, le Vicomte pouvait espérer créer la surprise. C'est raté et cela risque d'obstruer considérablement son avenir personnel. Avec 2, 23 %, il a refusé de se désister en faveur de Sarkozy. La belle affaire...

Ils n'ont fait que passer

José Bové se la fait couper !

Avec Le Pen, c'est sans doute la plus grosse raclée de cette présidentielle. José Bové a fait un temps trembler le PS et rêver la gauche radicale. Avec sa personnalité, il pouvait fédérer "la gauche du non", l'extrême-gauche, les écologistes et la gauche du PS... Et pourquoi pas, atteindre le 2e tour ! Sa tentative a lamentablement échoué. Avec 1,32 %, les électeurs lui signifient qu'il n'a été qu'un "diviseur". Et qu'il ferait mieux de retourner à ses champs sans OGM.

Gérard Schivardi, un score de maire-de !

Petite performance pour le candidat PT : il réussi à faire encore moins bien que son prédécesseur, Daniel Gluckstein (0,34 % contre 0,47 %).

Frédéric Nihous tiré comme un lapin

En 2002, Jean Saint-Josse (CPNT) avait créé la surprise (4,23 %) et laissé penser qu'un mouvement politique de la ruralité avait sa place. Cette ambition se ferme sans doute avec les 1,15 % de Frédéric Nihous.

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