Jean Sarkozy fera-t-il sa rentrée sur les bancs de l'Assemblée ?

Malgré son échec à l'Epad, le fils du Président lorgne toujours une circonscription dans le 92. Et s'il remplaçait André Santini ?

Pas encore diplômé, mais déjà député ? Le toujours étudiant en droit est cette fois envoyé dans la circonscription des Hauts-de-Seine d'André Santini. Après son élection contestée mercredi à la présidence du conseil d'administration de la Société du Grand Paris, le député-maire d'Issy-les-Moulineaux pourrait abandonner son siège à l'Assemblée nationale au profit de Jean Sarkozy.

Qualifiée de « supputation », l'hypothèse n'est pas démentie par le président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, qui a seulement ajouté ce vendredi matin au micro de RTL : « Je ne peux pas vous répondre. » Ou comment faire revenir le fils du chef du président de la République sur le devant de la scène politique.

Car après ses débuts tonitruants en politique, Jean Sarkozy avait quasiment disparu des écrans radars. De son échec à la présidence de l'Epad, les troupes du 92 avaient pourtant aussitôt tenté de faire une force : « Il sait entendre l'opinion publique, ce qui me paraît être une qualité importante pour un homme politique », assurait Thierry Solère, son collègue conseiller général des Hauts-de-Seine.

Mais celui qui est déjà, à 23 ans, conseiller général, président du groupe UMP-Nouveau Centre des Hauts-de-Seine et administrateur de l'Epad, reste plombé par son renoncement contraint, en octobre dernier, à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense.

« Ne pas faire de vague avant 2012 »

La tentative de népotisme a écorné l'image du fils autant que celle du père. Entré en politique un an et demi plus tôt, lors des municipales à Neuilly, avec le flingage du candidat UMP en lice, David Martinon, le jeune homme pressé a dû se mettre au vert. Avant de s'éclipser, il a cependant prévenu :

« Dans les années à venir, j'aurai l'occasion de me présenter devant les électeurs. J'ai la passion de l'engagement public en moi, c'est une vocation qui n'a pas été altérée parce qu'elle est inaltérable. »

L'objectif est un secret de polichinelle : arracher la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine en 2011. Quand Patrick Devedjian s'est déclaré candidat à sa propre succession, Isabelle Balkany, marraine politique de Jean Sarkozy, a fait savoir à qui voulait l'entendre que, s'il se présentait contre Devedjian, ce serait un « raz-de-marée ».

Mais c'était en juillet 2009. Depuis, la popularité du père s'est effondrée. Nicolas Sarkozy étant occupé à restaurer l'exemplarité de l'exécutif, « Jean a reçu la formelle instruction de ne pas faire de vague avant 2012 », révèle un membre de la droite neuilléenne au pouvoir. Même Isabelle Balkany ne veut plus nous parler de Jean Sarkozy.

A Neuilly, l'obstacle se nomme Fromantin

Peut-il encore prendre la présidence du conseil général en 2011 ? Un siège de député en 2012 ? Une mairie en 2014 ? La tâche est loin d'être aisée : il faudrait d'abord qu'il se fasse adopter des électeurs de son département. Jacques Kossowski, député-maire de Courbevoie (Hauts-de-Seine), observe :

« Si le président de la République parvient à se faire réélire, ce sera plus facile pour lui, mais il faut surtout qu'il se fasse élire pour lui-même. »

Se faire élire pour lui-même… C'est bien la difficulté. Très mal élu dans le canton sud de Neuilly en 2008, avec vingt points de moins que son prédécesseur, Jean Sarkozy a beaucoup de chemin à parcourir pour devenir député de la circonscription de Neuilly-Puteaux, comme pour remporter la course à la mairie de Neuilly.

L'obstacle majeur à surmonter se nomme Jean-Christophe Fromantin. L'actuel maire divers droite de Neuilly a fait savoir qu'il concourrait à chaque fois. Et il est très populaire depuis le désastre Martinon, qui a favorisé son élection.

Asnières, Colombes ou Issy-les-Moulineaux ?

Il n'y a toutefois pas que Neuilly… « Jean est davantage un gaulliste social qu'un homme de droite. C'est une des raisons pour lesquelles il peut être candidat ailleurs. La circonscription d'Asnières-Colombes, c'est prenable. La mairie d'Asnières aussi », espère Charles Pasqua, qui continue de tirer certaines ficelles dans les Hauts-de-Seine.

Visite des quartiers populaires, participation à la galette des rois de l'UMP locale… Jean Sarkozy s'est rendu visible à Asnières. Mais la place n'est pas vacante : l'ancien maire UMP Manuel Aeschlimann, condamné en mars 2009 à quatre ans d'inéligibilité, a fait appel. Et son épouse, Marie-Dominique, se tient prête à prendre la suite de son mari en cas d'empêchement judiciaire :

« Notre objectif est clairement de reprendre la ville en 2014. Jamais on ne nous a demandé de faire de la place à Jean, jamais. Jean, c'est un garçon brillant, il trouvera sa place. »

Une autre piste a également été imaginée : Jean Sarkozy comme suppléant de Rama Yade, qui vise elle la circonscription de Colombes-Gennevilliers. Si elle est élue en 2012 et obtient un nouveau poste gouvernemental, il pourrait entrer à l'Assemblée nationale.

Mais le jeune homme pressé pourrait donc essayer de reprendre tout le monde de vitesse et viser la place de député à Issy-les-Moulineaux en cas de législative partielle. Pour parvenir à ses fins, il lui resterait quand même à doubler le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, pressenti lui aussi pour ce siège qu'il a déjà occupé. Et à se faire élire.

Photo : Jean Sarkozy quitte le conseil régional des Hautes-de-Seine, le 23 octobre 2009 (Lionel Bonaventure/Reuters)

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En dépit de la création, au lendemain de l’affaire Cahuzac, d’un parquet national financier, les brigades économiques et financières restent le parent pauvre de la police française. En région, les limiers manquent pour lutter contre cette délinquance invisible, qui peut coûter gros à l’État, comme lui rapporter beaucoup.
1 commentaire
  1. Martin de Givors - 26 juillet 2010

    Après avoir refusé finalement de jouer le rôle de cincinatus que son papa CALIGULA SARKOZY lui avait conconté à l'EPAD, Le fistonné se voit offrir un destin parlementaire . Au fond Ce jeune homme que les courtisans de papa CALIGULA SARKOZY ne cessent d'encencer, y compris en voulant lui offrir un siège de député...(Il ne serait pas pire que le gros DOUILLET) n'est pas dans une situation des plus confortables, car demain ces mêmes courtisans n'hésiterons pas à le vouer aux gémonies dès lors que papa Caligula ne sera plus aux affaires. Pire ils n'hésiteront pas à le 'bruler' sur l'autel de leurs ennemis d'aujourd'hui... Tocqueville ne disait-il pas qu'en Politique la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés...Ce que devrait méditer le jeune Sarkozy... Si je ne m’abuse, avec le règne de Caligula commence la décadence de l’empire Romain, autre dénominateur commun à notre époque avec le règne SARKOZY...

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