Les soutiens lyonnais de la liste Renaissance aux élections européennes

Européennes : unité nationale et divisions locales au meeting En Marche

Le premier meeting lyonnais des élections européennes a présenté le visage éclectique de ses candidats, mais surtout de leurs soutiens. Un casting principalement composé d'élus qui s'opposent habituellement. Le temps d'une soirée, ils étaient réunis pour un meeting lui-même otage des divisions internes au sein de La République en Marche.

La traditionnelle photo de famille de fin de meeting interpelle ce jeudi soir. Sur l'estrade du centre culturel et de la vie associative (CCVA) de Villeurbanne, aux premières notes de l'hymne européen, les élus agitent des drapeaux. La scène est classique. Le casting, lui, l'est moins. Il rassemble des gens habitués à se faire la guerre dans toutes les collectivités locales possibles et imaginables. Le temps d'un soir les voilà côte à côte pour une "Renaissance" européenne. "Au niveau national, c'est cohérent", sourit Emmanuel Hamelin, représentant d'Agir, le clan des juppéistes, et partenaire d'En Marche aux européennes. Pendant le meeting, il était assis u premier rang, avec pour voisins une poignée d'élus des majorités lyonnaises et métropolitaines. Dans ces collectivités, il siège dans l'opposition depuis 2001 et ne les ménageait pas. Ses camarades d'un soir et d'une campagne européenne partage son embarras et son avis : le rassemblement est plus cohérent vu du national. Les collectivités lyonnaises n'ont pas le monopole des paradoxes. Véronique Trillet-Lenoir, 17e sur la liste Renaissance et donc en position éligible, s'affiche sur scène aux côtés des Modem François-Xavier Pénicaud et Anne Pelet. Tous trois sont élus régionaux, mais siège dans trois chapelles distinctes. François-Xavier Pénicaud se situe dans une zone grise entre la majorité et l'opposition. Anne Pellet est membre de l’exécutif de Laurent Wauquiez. Véronique Trillet-Lenoir siège, elle, dans l'opposition avec le groupe La République en Marche. Ces paradoxes et particularismes locaux volaient la vedette, vu de Lyon, à un meeting mal emmanché.

Particularismes locaux

250 marcheurs ou sympathisants s'étaient déplacés pour écouter le numéro 2 de la liste, l'ancien écologiste Pascal Canfin et Véronique Trillet-Lenoir, la régionale de l'étape. Cette affluence honorable s'est noyée dans une salle bien trop grande  : 500 places. Les jeunes avec Macron avaient beau faire la claque artificiellement, le malaise n'en était que plus grand. Chez les organisateurs, le fiasco qui se dessinait depuis quelques jours n'a pas été évité. Ce meeting local transformé à la hâte en événement national pour tenter de remplir les travées du CCVA de Villeurbanne s'est retrouvé otage des divisions internes et locales de La République en Marche.

L'impasse du clan Collomb

"Caroline Collomb a choisi cette salle et cette organisation pour saboter une campagne européenne dont elle se désintéresse. La preuve elle s'est mise en retrait avant l'évènement", peste un militant qui roule pour David Kimelfled. Dans l'entourage de la référente départementale qui s'est mis en retrait pour se conformer à son devoir de réserve de juge administrative on pointe la responsabilité de Bruno Bonnell  : "on est à Villeurbanne, c'est lui qui a décidé". Le député villeurbannais n'était pourtant pas à la manœuvre ce jeudi soir. Un autre ajoute  : "c'est Véronique Trillet-Lenoir et ses équipes qui ont géré l'organisation". Le clan des Collomb avait fait l'impasse sur cette soirée comme sur cette élection d'une manière générale. Une incongruité au regard de son emprise totale sur la politique locale ces dernières années. Au premier rang, dans le carré VIP, Hubert Julien-Laférière et Jean-Luc Da Passano étaient venus et revendiquent un statut de Casque bleu. Gérard Collomb, comme David Kimelfeld, il avait préféré assister au débat public sur le nœud ferroviaire lyonnais.

Plan peur

Sur l'estrade du CCVA, les candidats de la liste Renaissance ont livré un plaidoyer pro-européen sincère et qui comporte sa part de paradoxe. Après avoir dénoncé les autres listes qui se proposent de transformer le scrutin communautaire en referendum sur la politique du gouvernement, Pascal Canfin et Véronique Trillet-Lenoir ont surtout utilisé l'action d'Emmanuel Macron pour asseoir leur vision de l'Europe. Taxé par ses anciens camarades écologistes pour avoir trahi ses idéaux contre une deuxième place sur la liste En Marche, Pascal Canfin n'a pas manqué de saluer une journée historique  : " Emmanuel Macron avait dit qu'il ne négocierait pas un accord de libre-échange avec un pays qui ne respecterait pas l'accord de Paris sur le climat. Il a tenu sa parole en refusant que l'Europe négocie avec l'Amérique de Donald Trump. Ce ne sont pas les populistes italiens, les sociaux-démocrates ou les verts suédois qui ont dit non. C'est Emmanuel Macron ". Le second de liste a aussi joué la partition du clivage entre les forces du progrès et la montée du populisme : " Quelles années 30 voulez-vous que l'on prépare. Celles de 1930 avec le retour du nationalisme et des murs ou celles de 2030 autour de la transition énergétique ". Ce plan peur, dans l'attente du programme du mouvement Renaissance en cours de rédaction, est le seul discours qui permet de faire voler une liste bâtie avec autant de matériaux composites.

1 commentaire
  1. Galapiat - 13 avril 2019

    Canfin comme tous les défroqués écolos , socialistes et autres à trouvé de fausses bonne raisons pour justifier son action, évoquant les années 30 il se couvre de ridicule ce sont des individus avec les mêmes raisonnements qui ont conduit au conflit qui a suivit. Déjà à l'époque on montrait du doigt ces "agitateurs de gauche responsables de la crise financière" Il oublie aussi au passage que c'est le peuple qui donne mandat aux élus, pas les élus qui dictent la ligne à suivre pour assouvir leurs ambitions.

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