Des législatives très chaudes

Sur les 14 circonscriptions, la 1ère tenue par Anne-Marie Comparini est regardée de très près au niveau national (lire analyses). Suite aux bons scores de Nicolas Sarkozy dans les quartiers populaires, certains bastions de gauche de l'est lyonnais pourraient passer à droite (la 6e, la 7e, la 13e). Du fait des bons scores de Ségolène Royal dans les grandes villes, la 2e circonscription de Lyon, celle très symbolique de la Croix-Rousse pourrait passer de droite à gauche. Toutes les semaines, nous ferons le point. Premiers zooms cette semaine...

1ère circonscription : Très ouvert, peut basculer à droite ou à gauche

Une 1ère très médiatique

Lyon : sud du 7e, du 2e et du 9e, ouest du 8e et du 5e.

Députée sortante : Anne-Marie Comparini (UDF)

Candidats :

Anne-Marie Comparini (UDF-MD)

Thierry Braillard (PRG-PS)

Michel Havard (UMP)

Djida Tazdaït (PR-Divers droite)

Bertrand Artigny (Les Verts)

Sabiha Ahmine (PC)

Stéphane Alaize (MPF)

C'est une des circonscriptions les plus regardées de France. Anne-Marie Comparini, députée sortante et très proche de François Bayrou est une des rares centristes devenue Mouvement Démocrate et prônant le ni-ni, ni à gauche, ni à droite. L'UMP qui la soutenait en 200e envoie donc contre elle un candidat, la gauche espère profiter de cette division pour rafler la mise. Chacun a donc beaucoup à gagner et beaucoup à perdre. Michel Havard (UMP) "parce qu'il faut bien que quelqu'un défende les couleurs du nouveau président et aille lui chercher une majorité". Secrétaire fédéral de l'UMP de Rhône, il ne vient pas faire de la figuration. S'il l'emporte il aura fait son boulot de soldat du président. S'il perd ? Anne-Marie Comparini (UDF-MD) espère bien retrouver son siège acquis en 2002, à l'époque acquis avec le soutien de l'UMP. Elle part avec les 22,5 % de Bayrou ce qui est un peu maigre. Pour elle, c'est quitte ou double. Si elle réussit, elle crédibilise la stratégie Bayrou. Si elle échoue, elle quitte la scène politique... jusqu'aux municipales ? Thierry Braillard, PRG est clair : "Moi je veux être député. Depuis vingt-cinq ans, c'est la première fois qu'on peut avoir un député de gauche à Lyon". A condition de faire le plein des voix de son camp ce qui n'est pas gagné. S'il réussit : jackpot ! S'il échoue, il aura laissé passer une chance historique. Enfin Bertrand Artigny (Les Verts) entend bien jouer sa carte. Il espère engranger au moins 7 % avec les voix écolo et même une partie des voix de gauche. Il n'est pas "menacé" de gagner. Mais il peut jouer les trouble-fête.

Sur le papier Anne-Marie Comparini part perdante, malgré la "prime au sortant" puisque son candidat Bayrou est arrivé en troisième position derrière Sarkozy et Royal.

En cas de triangulaire droite-gauche-centre, il est à noter que les candidats de gauche et de droite bénéficieront de report dans leur camp ce qui fera défaut à la candidate centriste. Celle-ci a un espoir : arriver première ou deuxième derrière le candidat UMP. Elle pourrait peut-être alors compter sur le désistement du candidat de gauche. La gauche lyonnaise étant soucieuse de ménager les centristes en vue des municipales.

3e circonscription

Avantage à droite

Lyon : nord du 7e, sud-ouest du 8e et ouest du 3e.

Député sortant : Jean-Michel Dubernard (UMP).

Candidats

Jean-Michel Dubernard (UMP)

Jean-Louis Touraine (PS)

Pascale Bonniel-Chalier (Les Verts)

Azouz Begag (Mouvement Démocrate)

La guerre

des bistouris

Le combat des médecins a la vie dure. Et voilà que Jean-Louis Touraine, premier adjoint à Lyon, se retrouve opposé à Jean-Michel Dubernard, son collègue chef de service à l'Hopital Edouard-Herriot. Pourtant Dubernard, élu depuis 1986, avait promis sur l'air du renouvellement, de se retirer au bénéfice de sa suppléante Laure Dagorne... Ah les promesses ! La circonscription est traditionnellement à droite mais la population s'est accrue et elle est rajeunie. Jean-Louis Touraine compte sur ces évolutions - la Guillotère a voté Royal. Il compte aussi sur l'action municipale : "beaucoup de gens trouvent que l'évolution de la ville est favorable" assure-t-il. Mais le Premier adjoint aura aussi à faire avec sa propre collègue à la mairie, Pascale Bonniel-Chalier, une adjointe Verte qui a un très bon contact et qui peut le titiller efficacement sur les questions de transport et d'écologie urbaine. Le pas trop sarkozyste Professeur Dubernard espère de son côté que sa greffe sur le terrain va tenir. Heureux, il dit y ressentir "un fort besoin de changement" (sic). Azouz Begag sera le joker de Michel Mercier dans cette circonscription.

5e circonscription

La droite dans un fauteuil

Caluire et cuire, Neuville, Val-de-Saône, monts-d'Or.

Député sortant : Philippe Cochet (UMP)

Candidats

Philippe Cochet (UMP)

Yves-Marie Ulrich (UDF)

Marie-France Lambert (PS)

Etienne Boursey (Les Verts)

Sarkoland

Philippe Cochet a été félicité par Nicolas Sarkozy en personne pour son score présidentiel dans sa circonscription, un des meilleurs de France, 64, 94 %. "C'est le carton plein !" clame Cochet, "même le Pérolier confronté aux mêmes difficultés de la Duchère a voté Sarkozy". Sur sa lancée, Cochet continue ses apéritifs républicains et anticipe la formation du gouvernement et diffusant un document sur les priorités de la majorité. Le maire UDF d'Ecully (où Sarkozy est arrivé en tête) et la socialiste Marie-France Lambert seront à la peine pour ébranler le bastion.

7e circonscription

Incertain, avantage à gauche

Bron, Rilleux-la-Pape, Vaulx-en-Velin

Député sortant : Jean-Jack Queyranne (PS)

Candidats :

Jean-Jack Queyranne (PS)

Jean-François Debiol (UMP)

Alain Dequidt (Les Verts)

A l'est, quoi de neuf ?

La poussée de Sarkozy a été forte dans les communes populaires de l'est lyonnais. Mais au final, dansc cette circonscription, la gauche avec Ségolène Royal l'emporte encore d'une courte tête sur Sarkozy, avec 880 voix d'avance. Sarkozy l'emporte dans 4 communes sur 5 de la circonscription, dont Bron, la ville de Queyranne. Et c'est la seule ville de Vaulx-en-Velin qui permet à la gauche de sauver les meubles. Pourtant Jean-Jack Queyranne risque d'être un peu bousculé. Le président de Région compte sur "l'audience personnelle dont il bénéficie avec son suppléant Jacky Darne" pour faire la différence. Mais ça pourrait aussi jouer contre lui. Car déjà son adversaire, l'UMP Jean-François Debiol, protégé de Christine Boutin et issu de la société civile, joue le contraste et le renouvellement. Il ironise : "Heureusement pour Queyranne, que madame Royal qui lui est proche n'a pas été élue. Sinon, elle aurait fait appliquer la loi anti-cumul. Et il ne pourrait même pas espérer un 6e mandat de député tout en restant président de région".

9e circonscription

Avantage à droite

Anse, Beaujeu, Belleville, Monsols, Villefranche-sur-Saône.

Député sortant : Bernard Perrut (UMP)

Candidats :

Jérôme Saddier (PS)

Jean-Michel Rival (Les Verts)

Frédéric Miguet (MD)

La droite beaujolais

"Nicolas Sarkozy n'aime pas le vin. II n'en boit pas une goutte et il est plébiscité par les viticulteurs !" Le socialiste Jérôme Saddier ne comprend pas que l'effet Sarkozy touche aussi les vignes beaujolaises (64, 69 %). "C'est un des scores les plus élevés du Rhône" se félicite de son côté Bernard Perrut, député UMP sortant, conforté par une vague bleue sarko qui balaie ce pays traditionnellement UDF et FN. Il se veut rassembleur avec sa suppléante centriste Chantal Peyaz... avocate spécialisée dans la viticulture. Mais le candidat socialiste Jérome Saddier qui a aussi la mairie de Villefranche en ligne de mire pense avoir ses chances du fait de l'écrasement du FN. "Face à une droite décomplexée, je vais faire valoir une gauche fière d'elle-même". L'UDF Frédéric Miguet, ancien suppléant de Perrut se revendique de droite et se présente sous l'étiquette MD de François Bayrou.

11e circonscription

La droite dans un fauteuil

Condrieu, Givors, Mornant, Saint-Symphorien d'Ozon

Député sortant : Georges Fenech (UMP)

Candidats :

Geoges Fenech (UMP)

Jeff Gagneur (PS)

La guerre des juges n'aura pas lieu

Au volant de son camping-car de campagne, le député UMP sortant Georges Fenech est plus confiant que jamais. Sarkozy a obtenu 57, 88 % des voix dans la circonscription. Des communes de gauche, Mions, Condrieu et Mornant ont basculé à droite, "grâce à Sarkozy mais aussi au travail accompli par mes équipes notamment sur le contournement ferroviaire" affirme-t-il. Autre satisfaction : l'union. Gilles Raymond Durand son concurrent UDF devient son suppléant. Enfin, la bataille des juristes n'aura pas lieu. Faute d'avoir emporté dans les temps le soutien de la gauche unie, Albert Levy (Les Verts), magistrat très médiatique a jeté l'éponge. Le PS envoie donc Jeff Gagneur, médecin à Givors depuis 28 ans et adjoint aux sports dans cette ville. Il mise sur son "implication dans le milieu social" face à un Fenech "parachuté depuis 5 ans, qui préfère Paris à la 11e et vote à Paris pour des projets contre lesquels il manifeste ensuite ici. Le contournement ferroviaire a été surtout obtenu par le travail des associations" estime Jeff Gagneur.

De son côté, Fenech axera sa campagne sur Givors qui reste comme Grigny un bastion communiste.

13e circonscription

Peut basculer à droite

Décines-Charpieu, Meyzieu, Saint-Priest.

Députée sortante : Martine David.

Candidats

Martine David (PS)

Philippe Meunier (UMP)

Bruno Gollnisch (FN)

Fin de règne

Dans cette circonscription de l'est lyonnais, la gauche a enregistré une cuisante défaite. Sarkozy l'emporte à près de 59 %. La députée sortante ébranlée, a fait part de "ses doutes sur la capacité du nouveau président à assumer toutes ses promesses" et a assuré la population de sa "mobilisation pour défendre la justice sociale, la laïcité et le cadre de vie". Cela pourrait ne pas suffire à sauver le siège d'une députée déjà contestée. Remplaçante de l'historique Jean Poperen en 1988, David est réélue depuis 1993 grâce aux triangulaires et au fort score de Bruno Gollnisch, "qui vient faire ici du tourisme politique tous les 5 ans" selon l'expression de l'UMP Philippe Meunier. La chute du FN et le fort score de Sarkozy qui arrive en tête dans 11 communes dont les bastions de gauche Meyzieu et Saint-Priest, donnent des ailes au candidat de droite. Pour lui, il y a des projets importants qui méritent de vrais débats (contournement ferroviaire, développement de saint-Ex, saturation de la rocade est, grand stade) et "il est donc temps que l'est ait un député qui compte, dans une majorité forte, avec des relais puissants au niveau de l'Etat" poursuit le candidat sarkozyste.

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