Contesté, le préfet veut faire de Rhône-Alpes une région pilote

Mais les syndicats ont peine à le croire. Alors qu'il faisait cette déclaration, une quarantaine d'agents occupaient le hall de la cité administrative de Lyon à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO et FSU.
La faiblesse de la mobilisation ne doit pas occulter le malaise qui gagne progressivement les rangs des fonctionnaires au fur et à mesure qu'avance la Révision Générale des Politiques Publiques. La fameuse RGPP prévoit, pour le 1er janvier 2010, la fusion de la multitude de directions régionales et départementales en huit directions régionales et de la quinzaine de directions départementales en trois directions interministérielles.
Dans le Rhône, on dira désormais "Direction départementale (DD) du Territoire", "DD de la protection de la population" et "DD de la Cohésion sociale".
Les différents services de l'immigration devrait aussi être regroupés au sein d'un même pôle "Immigration-intégration". Le préfet veut même faire du Rhône, un département pilote en la matière.
"Nous sommes en train d'élaborer les macro-organigrammes pour l'ensemble de cette réorganisation, a déclaré le préfet. Nous aurons la réponse fin janvier de la part du Premier ministre. Mais je sais d'ores et déjà qu'il est d'accord avec mes propositions. (...) Je souhaite lancer une grande concertation avec les syndicats, car si la RGPP est considérée comme imposée et purement comptable, c'est un échec".
Les syndicats s'attendent plutôt à un "déficit de dialogue" : "Ce qu'il appelle concertation, c'est la présentation de la position de l'Etat. Il nous la rabâche au cas où on aurait pas compris", s'insurge Dominique Rols, fonctionnaire à l'actuelle direction départementale du travail et l'un des responsables de la FSU.

L'inspection du travail en première ligne
L'inspection du travail a été l'un des premiers services de l'Etat touchés par la RGPP, sous la forme d'un plan de modernisation qui a conduit à une augmentation des effectifs.
Mais, malgré cette augmentation, il n'y a toujours, dans le Rhône, qu'un inspecteur pour 2100 entreprises de plus de 50 salariés et un contrôleur pour 50 000 entreprises de moins de 50 salariés.
Outre cette revendication constante de doubler le nombre de sections de contrôle, la majorité des syndicats (CGT, SUD, FSU et FO) considère que ce plan de modernisation aboutit à la "démolition de l'inspection du travail et de son ministère" dont la mission essentielle doit être de contrôler les entreprises. Dernièrement, un syndicaliste de la CGT, Jean-Michel Bonnet, expliquait : "En plaçant l'inspection du travail sous une direction qui regroupe les services de la concurrence, du tourisme, de l'artisanat, du développement industriel ou encore du commerce extérieur, le risque est d'orienter l'inspection du travail davantage vers l'amélioration de la compétitivité des entreprises plutôt que vers les activités de contrôle".
Déjà Inquiets pour la réorganisation des services, les syndicats redoutent surtout une diminution des effectifs, confirmée par le préfet : "avec la mutualisation des services, on ne remplacera pas un départ à la retraite sur deux".

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