Manifestation de militants pro-Brexit à Londres, le 26 janvier 2019 © Daniel Leal-Olivas / AFP
Manifestation de militants pro-Brexit à Londres, le 26 janvier 2019 © Daniel Leal-Olivas / AFP
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Brexit, Gilets jaunes : “Il existe des ressemblances” selon Alistair Cole

Professeur à Sciences Po Lyon, Alistair Cole évoque les difficultés du Royaume-Uni à appliquer la décision des citoyens britanniques de quitter l’Union européenne. Sur les causes de ce choix, il dresse des points communs entre les brexiteurs et le mouvement des Gilets jaunes. Cet ancien professeur de l’université de Cardiff (il a rejoint Lyon après le Brexit) alerte aussi sur les conséquences économiques pour la France comme pour l’Angleterre. Entretien.


Lyon Capitale : Comment expliqueriez-vous à un Français qui n’a pas suivi tous les épisodes du Brexit la situation actuelle ?
Alistair Cole © DR
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Alistair Cole : La situation est très complexe, pour des raisons techniques et politiques. Les Britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne, mais c’est le Parlement qui doit la valider. Il doit valider l’accord négocié par Theresa May pour sortir de l’Europe. Il l’a rejeté deux fois et ne peut pas le réexaminer une troisième fois. Theresa May avait fait le calcul que le Parlement finirait par accepter cet accord. Mais il n’y a pas de majorité pour le Brexit. Les parlementaires étaient majoritairement pour le remain [“rester” en anglais (sous-entendu, dans l’Union européenne), ndlr]. En Angleterre, à la différence de la France, nous n’avons pas de Constitution écrite. Il n’existe donc pas de texte de loi fixant les conséquences d’un référendum. Les parlementaires se sentent une obligation morale et politique de respecter le vote des citoyens. En France, le référendum sur le traité européen de 2005 avait pu être contourné. En Angleterre, c’est plus difficile à imaginer, même si cette élection n’a pas de pouvoir juridique. Le référendum comme instrument de décision sur des questions très importantes est un peu dangereux. Sur une question comme l’appartenance à l’Union européenne, je ne pense pas qu’il s’agisse de la façon la plus consensuelle de trancher. Ce référendum a divisé le pays tout entier. L’outil n’était pas le bon.

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