Hôtel de région
© Tim Douet

Auvergne-Rhône-Alpes : le ras-le-bol des personnels du conseil régional

La CFDT Auvergne-Rhône-Alpes a dénoncé le “ras-le-bol des personnels” du conseil régional. “Une réorganisation s’imposait. C’est la désorganisation qui prédomine”, reproche le syndicat.

Dix mois après la fusion des régions Auvergne et Rhône-Alpes, la CFDT pointe et liste de très nombreux dysfonctionnements : "Le devenir du site de Clermont et des antennes départementales reste flou, des agents se retrouvent sans mission, sans affectation et ignorés. Les nouvelles politiques se superposent aux anciennes, provoquant surcharges. Les arrêts de travail se multiplient. La réorganisation se fait dans une grande opacité, sans qu’on sache qui décide quoi et quel est le cap ou quelle cohérence. Un peu partout, les emplois en CDD disparaissent en catimini, les départs ne sont plus remplacés. Des directions entières sont en situation tendue."

“L’exécutif critique sa propre administration”

"Il n'y a pas d'engagement sur le maintien de l'emploi et pas de reconnaissance dans l’échelle des compétences. L’exécutif critique sa propre administration", reproche Viviane Huber, secrétaire de la section CFDT Interco région. "On demande des chiffres sur les arrêts maladie, mais on ne nous les donne pas, poursuit-elle. Il y a des gens mis au placard à qui l'on ne donne pas de tâches et ça devient de plus en plus courant."

Les critiques ne s'arrêtent pas là pour la CFDT : "Les chaînes de décision sont devenues floues, tout comme la séparation entre la sphère politique et la sphère administrative. De l’arrivée de nouveaux directeurs ou directeurs généraux du privé devait naître une administration renouvelée dans ses pratiques et plus agile. Au final, on constate la multiplicité des contrôles ou pressions en tous genres, sous couvert de performance ou d’efficacité de l’action... et, au sommet de la Région, des circuits de décision longs, opaques ou complexes qui aboutissent à des décisions précipitées et incomprises. Des annonces d’économies certes très médiatiques (vente de voitures, économies sur les déplacements, sur les bureaux), mais sans questionnement sur l’impact sur l’efficacité du service."

“Beaucoup de personnes sont dans la crainte et ne veulent pas s’afficher”

Ce n'est pas la première fois que le syndicat demande des changements, ça avait déjà été le cas avec l'ancienne majorité en 2010. "Mais, cette année-là, on a eu un dialogue pour arriver à un consensus. Là, on n'est pas entendu. C'est un mépris syndical, mais surtout un mépris de l'administration", juge Viviane Huber. Avec la nouvelle majorité, elle regrette ce manque de discussion : "Guillaume Boudy, le directeur des services, est très agréable. Il dit que sa porte est ouverte. On a d'ailleurs eu un rendez-vous au mois de juin avec lui. Il affiche un sourire de façade, mais il n'y a jamais d'acte derrière."

La CFDT annonce réclamer un dialogue avec le conseil régional depuis dix mois, mais en vain. Le syndicat a ainsi appelé l’ensemble des personnels du conseil régional à la grève et à une mobilisation le 7 novembre prochain. Des rassemblements devant l'hôtel de région et devant les antennes régionales auront lieu. "On espère qu'un tiers des personnes suivront le mouvement, mais beaucoup de personnes sont dans la crainte et ne veulent pas s'afficher."

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