A l'UMP, "elle est où la déculottée ?"

REPORTAGE - La fédération UMP du Rhône a été occupée toute la soirée par de jeunes militants plutôt confiants dans leur chance de l'emporter le 6 mai prochain. Les ténors de la droite lyonnaise se sont faits rares. Récit.

Au siège de l'UMP, les bouteilles de vin n'étaient pas encore débouchées et seules quelques chips garnissaient un petit saladier. De jeunes, et même très jeunes militants faisaient le pied de grue en attendant 20h. Le jeune âge des participants ouvraient la voie à quelques potacheries. "Les enfants de Hollande sont de Strauss-Kaaaaahneeee ! ! ! Les enfants de Hollande sont de Strauss-Kaaaaahneeee ! ! ". Le chant paillard n'est pas du meilleur goût mais a le mérite de bien faire rigoler quelques participants. Et c'est sans doute cela, le chant paillard : le mauvais goût qui amuse.

"Le rapport de force est favorable à Nicolas Sarkozy"

Les ténors locaux du parti brillent par leur absence. Peu avant 20h, débarquera Michel Havard, le député du Rhône suivi par Christophe Guilloteau, député de la 10e circonscription et de Michel Forissier, le maire de Meyzieu. Ce seront les seuls à avoir fait un p'tit tour à la fédé. La salle se garnit de plus en plus. Les têtes commencent à lever un nez attentif à l'immense écran plat adossé à 2,5 mètre du sol. La télé est branché sur TF1. À la découverte du résultat, la salle exulte. Le score de Nicolas Sarkozy est jugé prometteur. " on nous prédisait la déculotté ! Alors, elle est où la déculotté ? ! " s'enthousiasme un rouquin à la chemise vichy bleu clair.

Quelques applaudissements chez de jeunes pop' ont fusé à la découverte du score de Marine Le Pen. On ne sait pas trop s'ils se réjouissent du niveau élevé du Front National ou du report de voix attendu pour Nicolas Sarkozy au second tour. Inès, 18ans, étudiante en droit, est toutefois surprise du niveau du FN : " je ne voyais pas Marine Le Pen aussi haut". "Du coup, le rapport de force est favorable à Nicolas Sarkozy" analyse Jean-Baptise, 18 ans et lui aussi étudiant en droit. Havard et Forissier devisent avec quelques journalistes de l'effet psychologique que pourrait jouer la présidentielle sur les législatives de juin. Après le discours de Sarkozy dont on entendra que des bribes, la salle criant "nicolas, président, nicolas président !", une marseillaise retentira. Après quoi, les sacs poubelles sont de sortie. On ramasse les gobelets vides. Il est temps de partir. Chacun s'est donné rendez-vous pour le second tour. Confiant.

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