"A 15 %, je parlerai de victoire"

INTERVIEW - Alors que mardi, le chef de file européen d'Europe-Ecologie se déplaçait à Lyon. Lyon capitale publie une interview de Daniel Cohn-Bendit. Il ne pense pas qu'Europe Ecologie soit en capacité de prendre une région au PS, en Rhône-Alpes comme ailleurs. C'est "une erreur" de le dire selon lui. Mais il tacle les listes socialistes qui "sont à désespérer", visant notamment Georges Frêche.

Lyon Capitale : quel est l’objectif d’Europe Écologie pour les régionales ?

Daniel Cohn-Bendit : Nous voulons qu’Europe Écologie transforme l’essai des européennes et s’impose comme la troisième force politique. Démontrons que les européennes n’étaient pas un hasard. Notre campagne doit être axée sur un programme régional et national. Cette élection offre la possibilité de la transformation sociale et écologique de la France par les régions. Il faut coordonner l’action des régions pour être un contre-pouvoir à la politique nationale de l’UMP.

L'été dernier, au sein des Verts ou d’Europe Écologie, on entendait des cadres qualifier des régions comme Île-de-France ou Rhône-Alpes de gagnables. Vous le pensez toujours ?

Je suis réaliste. Le socle électoral du PS est encore supérieur au notre. Être devant eux dans une ou deux régions, c’est improbable mais pas impossible. Dire que l’on est en capacité de prendre une région me paraît une erreur. Si en Rhône-Alpes, nous sommes à 22 % mais derrière le PS, ce ne sera pas une défaite. À la création d’Europe Écologie, si je vous avais dit que dans un an, nous serions à 24-17 en Île-de-France, vous m’auriez : “vous êtes un doux rêveur”. Les Verts étaient en moyenne au niveau national à 3 %. À 15 % de moyenne nationale et avec des pics dans quelques régions, je parlerai de victoire.

Pour les régionales, Europe Écologie bombarde beaucoup de personnalités issues de la société civile comme tête de liste. Certaines sont très médiatiques comme Philippe Meirieu, Augustin Legrand, Laurence Vichnievsky. Par moment, cela s’apparente plus à du marketing qu’à de la politique...

Dire que c’est du marketing est une maladie journalistique. Cette phrase, je l’ai déjà entendue avant les européennes de juin dernier. Renouveler, c’est être intelligent. Les listes socialistes sont à désespérer. Ce sont toujours les mêmes personnes qui se présentent. Ils ont une conception de la politique qui les empêche de se débarrasser de Georges Frêche. Ils ont un Napoléon en Languedoc-Roussillon et tous les socialistes qui critiquent Sarkozy l’acceptent.

Le PS fait la morale à tout le monde mais il est incapable de la faire pour lui même. Quand nous intégrons Augustin Legrand dans nos listes, nous montrons que la politique du logement sera une de nos priorités. Nous ne piochons nulle part, les gens nous rejoignent. La seule personne que je voulais débaucher, c’était Martin Hirsch mais j’ai échoué. Philippe Meirieu je lui ai proposé d’être tête de liste mais il nous avait déjà rejoint pendant les Européennes.

Retrouver l'intégralité de l'interview de Daniel Cohn-Bendit dans le numéro de février de Lyon Capitale, actuellement en vente chez votre marchand de journaux.

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