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© Florent Aceto

Grève dans les cantines : l’opposition ne digère pas

Après une semaine de conflit, Gérard Collomb a dû passer à table et répondre aux attaques sur sa gestion de la grève des personnels des cantines scolaires. L’occasion pour l’opposition de lui présenter la note.

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© Florent Aceto

Il a fallu attendre la dernière heure du conseil municipal, ce lundi 1er juillet, pour y venir. Mais, si les municipales de 2014 à Lyon avaient un menu, la grève des personnels des cantines scolaires – qui dure depuis lundi dernier – serait son entrée.

Bernadette Bertrix-Veza, rappelant ses six ans comme adjointe de Raymond Barre aux relations sociales, a donné le premier coup de fourchette sur le deuxième mandat de Gérard Collomb : "Vous êtes confronté à la troisième grève de longue durée dans les cantines depuis votre réélection. Mais comment un élu socialiste peut-il à ce point être maladroit avec le principe du dialogue social ?"

125 cantines lyonnaises : “125 cocottes Minute au bord de l’explosion”

Même amertume à droite. "L’année scolaire se termine de façon tout à fait catastrophique, tranche Denis Broliquier (UDI, photo ci-contre). Les 125 cantines scolaires de Lyon sont autant de cocottes Minute au bord de l’explosion." Taux d’absentéisme élevé, accueil insuffisant, manque de formation des personnels, utilisation abondante des vacataires… Autant de problèmes identifiés par le maire du 2e arrondissement, qui regrette que le protocole d’accord de 2010 n’ait été qu’un "coup d’épée dans l’eau".

Le futur candidat de l’UMP aux municipales de 2014, Michel Havard, dresse lui l’état des lieux de la semaine dans les cantines, "marqueur négatif" du mandat en cours : "50 % de cantines fermées lundi-mardi, 53 % mercredi, jeudi près de 60 % ! Et si, ce lundi, nous n’en sommes qu’à 25 %, c’est que les agents pensaient que les négociations allaient aboutir. Mais non !"

L’occasion pour le leader de l’opposition municipale de fustiger la "curieuse gestion des priorités" de son rival : "Vous n’avez reçu l’intersyndicale CFTC-Unsa-Sud – à l’initiative de cette grève – que le 27 juin, alors que le préavis était déposé depuis le 28 mai. Ce, alors même que la CGT, en prévision d’une grève pour la rentrée de septembre, a été reçue dès le 25 juin ! Votre méthode me laisse perplexe : laisser pourrir la situation ne m’apparaît pas être la meilleure des options…"

Les “bons” et les “mauvais” syndicats...

"Pour celles et ceux qui postulent à la mairie de Lyon, dire d’avance que l’on va faire preuve de laxisme généralisé et que demain on laissera tout filer, cela ne me semble pas extraordinaire comme proposition", lui rétorque Gérard Collomb. Pour le maire de Lyon, le principal problème n’a rien à voir avec sa gestion du dialogue social, mais plutôt avec le manque de responsabilité des syndicats et des élus face à ce nouveau conflit.

Dominique Bolliet, en 2011, lors des cantonales

© Tim Douet

"D’un côté, nous avons face à nous des syndicats majoritaires – CGT, CFDT, FO – qui jouent le jeu du dialogue et savent qu’il faut nous développer pour faire face à l’afflux d’enfants dont les parents sont touchés par la crise, juge Dominique Bolliet (photo ci-contre), adjoint aux ressources humaines. De l’autre, l’intersyndicale minoritaire – CFTC, Unsa, Sud – nous met dans une situation délicate, parce qu’elle joue en quelque sorte son avenir sur ce mouvement."

Arguant avoir rencontré ses représentants en février, le sénateur-maire se souvient qu’ils se plaignaient, à l’époque, de l’absence de couverture santé pour les personnels des cantines – dont certains, faute de mutuelle, ont pu se retrouver en difficulté après un accident.

"Il n’y a pas de mine d’or à Lyon, que des contribuables qui paient leurs impôts et moi j’ai le souci qu’ils n’en paient pas davantage", ajoute Gérard Collomb. Sa proposition : la couverture maladie pour tous – sans toutefois que les charges ni la masse salariale ne dérapent. Le conseil municipal de lundi a donc adopté un budget supplémentaire de 1,3 million d’euros pour garantir cette couverture sociale (2,7 millions contre 1,4 prévu initialement). Une promesse déjà faite en février… Le débat risque bien de mijoter à feu plus ou moins doux en pleine campagne électorale.

> Plus sur le sujet  : lire Dans l'enfer des cantines lyonnaises.

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