Denis Broliquier : “Je demanderai que l’on rende publique la totalité des notes de frais de Bernard Rivalta”

Denis Broliquier (divers droite), maire du 2e arrondissement

Soutenez-vous le prolongement du métro à Oullins ?
Oui, complètement. Même ceux qui sont le plus pro-tramway soutiennent le métro à Oullins, parce que cela fait l’objet d’un accord politique droite-gauche, obtenu par François-Noël Buffet : Collomb leur donne le métro à Oullins, et en échange ils ne s’opposent pas au tramway. C’est pour la même raison que l’UMP vote le budget du Sytral et que je me retrouve seul à voter contre. Mais ce n’est pas cohérent : si on considère, à juste titre, que le métro est la meilleure solution pour Oullins, je ne vois pas pourquoi on ne le privilégie pas ailleurs, en particulier pour le Confluent ou dans l’Est lyonnais.

Soutenez-vous le tram T2 à Eurexpo ?
Oui. Ainsi que le prolongement du tramway pour le Grand Stade. Ce sera bien pour le Grand Stade, mais aussi pour tout le secteur.

Soutenez-vous la politique tarifaire du Sytral ?
Oui. Même si je me suis abstenu sur les tarifs, car le prix pour les familles nombreuses est trop élevé. Aujourd’hui, il y a une vraie logique qui favorise l’abonnement, je crois qu’elle est bonne : faire payer cher au ticket et avoir un tarif raisonnable sur l’abonnement.

Soutenez-vous la procédure de sélection, dite du “juste prix”, utilisée sur les marchés publics liés à la phase 2 du T4 ?
Non. Bien sûr que non, puisqu’elle se fait au détriment des contribuables ! Sur les deux marchés concernés, il y avait des centaines de milliers d’euros de différence. M. Rivalta nous a dit en conseil syndical que cette procédure avait été utilisée lors du dernier mandat. J’ai demandé aux services, ils n’en ont pas souvenir. J’ai donc demandé par courrier à M. Rivalta de me préciser quand est-ce que cette procédure aurait été utilisée. C’est la procédure par excellence qui autorise toutes les magouilles. M. Rivalta dit qu’elle permet d’assurer la sécurité. En l’occurrence, il s’agit de travaux basiques, les différentes sociétés candidates avaient des certifications… Ce n’était donc absolument pas justifié.

Soutenez-vous la politique sociale menée par Keolis ?
Oui, mais c’est complexe. Oui, je soutiens la politique de refondation sociale de Kéolis. Leur démarche de remettre à plat l’ensemble des accords, certains obsolètes, parfois en désaccord les uns avec les autres, est bonne. Cela remet les pendules à l’heure. En revanche, il n’y a pas eu de démarche claire et transparente dans la politique du Sytral à l’égard de son délégataire. Durant les grèves, soit on soutenait Kéolis, soit on critiquait. Rivalta a cherché à souffler le chaud et le froid, du coup ils ont semé le trouble. Rivalta m’a expliqué qu’un conflit social, ça ne se règle pas sur la place publique. Mais en ayant des rendez-vous secrets, en mettant en cause les syndicats d’un côté, la direction de l’autre, plus personne n’y comprenait rien. De l’extérieur, je peux dire que la démarche du Sytral a été mal perçue par les syndicats et par la direction de Kéolis. Ce n’est jamais bon. Cela aurait mérité un débat. On a eu trois comités syndicaux en période de grève, c’est moi qui ait demandé qu’on aborde le sujet. Sinon,on aurait tenu nos réunions, sans dire un mot de la grève… C’est ahurissant ! La moindre des choses, c’est de faire le point, de prendre position, d’en débattre…

Soutenez-vous la décision de Bernard Rivalta et de Georges Barriol de ne pas rembourser leurs indemnités ?
Non. J’ai été celui qui a fait le procès. Leur attitude est aujourd’hui incorrecte. Ils avaient dit qu’ils se conformeraient à la décision de justice. Aujourd’hui, avec l’argent du Sytral, ils engagent des procédures qui coûtent cher pour gagner du temps. La justice a tranché, il faut appliquer sa décision. Sur des sujets aussi sensibles, je ne comprends pas leur décision. Ils ont fait une erreur, ils refusent de la reconnaître. Ils doivent rembourser. Il en va de leur réputation et de la réputation du Sytral. Alors que le Sytral est un réseau actif, qu’il fait de bons investissements, qu’il est présenté comme un modèle, ce type d’erreurs, comme la gestion sociale du conflit ou les procédures sur les marchés, sèment le doute sur l’ensemble du Sytral. Moi qui prends le métro quatre fois par jour, j’entends bien ce que disent les gens en lisant le journal. Ça entache toute l’institution.

Souteniez-vous le choix de recruter Thomas Collomb au poste de conseiller sécurité du Sytral ?
Non. Je ne l’ai pas soutenu, je l’ai dit publiquement. D’abord parce qu’on n’a pas répondu à mes questions concernant le recrutement : combien de candidats ? Qui a fait passer les tests ? Comment en est-on arrivé au choix de Thomas Collomb ?
Ensuite, en terme de réputation et d’image, quelques soient les qualités de Thomas Collomb, ce n’était pas bon pour notre syndicat. Forcément, on allait dire que son père l’avait pistonné. Il a d’ailleurs démissionné sur pression de son père, parce qu’ils se sont rendu compte que c’était intenable. La question, c’est pourquoi Rivalta a poussé Thomas Collomb à la faute ? Pourquoi est-il allé le chercher, le rechercher, a fait pression sur lui, pour le recruter ? Quelle maladresse ! Quelle erreur pour le Sytral ! Cela a choqué tout le monde, y compris à gauche.

Soutenez-vous le maintien à son poste de Bernard Rivalta ?
Non, compte tenu de cette accumulation d’erreurs qui ont entaché l’image du Sytral. Je reconnais bien volontiers l’investissement de Rivalta à son poste. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un président du Sytral aussi investi.
J’ai déjà demandé publiquement la démission de M. Rivalta. Il a accumulé des erreurs impardonnables. Les Potins d’Angèle parlent de l’utilisation de la carte bancaire du Sytral pour des frais à La Rochelle à l’université d’été du PS. J’ai demandé publiquement à Rivalta de s’expliquer là-dessus. Si jamais il s’avère que les hôtels, transports et frais de bouche de plusieurs personnes ont été payés par le Sytral, je demanderai que l’on rende public la totalité des notes de frais de Bernard Rivalta depuis le début de son mandat. N’oublions pas qu’il s’agit d’argent public ! Devant toutes ses erreurs, je m’étonne du soutien inconditionnel de Gérard Collomb.

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