Circulation à Lyon la nuit © Tim Douet
© Tim Douet

Lyon : un péage pour l'Anneau des Sciences, un péage pour l'A6 / A7

Lors de sa visite de rentrée fin août, le maire de Lyon, Gérard Collomb, a rappelé son attachement au projet d'autoroute urbaine de l'Anneau des sciences dont l'accès serait soumis au paiement d'un péage. Il a affiché également la volonté de voir un péage de transit sur l'A6 / A7.

Lyon 2030, ses collines, sa gastronomie, une future autoroute urbaine à l'ouest et des péages ? Mardi 27 août, lors de sa visite de rentrée, Gérard Collomb n'avait pas manqué de rappeler son attachement à l'Anneau des sciences. Ce projet en partie enterré, mais avec des échangeurs à l'extérieur, est censé boucler le périphérique de Lyon à l'horizon 2030 (désormais on parle de 2035, voire 2040). Néanmoins, l'infrastructure déjà décriée par sa nature dans un contexte marqué par la crise climatique et la nécessité de réduire le trafic routier dans les villes selon un rapport de l'Anses, pourrait désormais bien agacer ses défenseurs. En effet, interrogé sur le financement estimé entre 3 et 10 milliards d'euros, Gérard Collomb a évoqué fin août la possibilité d'une concession avec paiement d'un péage proche de celui du périphérique nord (2,20 euros actuellement). La nature payante de l'accès à l'Anneau des sciences n'est pas un scoop. Dès le début du projet il y a 30 ans, l'idée d'un péage était déjà évoquée.

Le retour du péage de transit

En parallèle, pour détourner une partie du trafic de l'A6 / A7 déclassée vers l'Anneau des Sciences ou le contournement Est, Gérard Collomb en a profité pour défendre la nécessité d'un péage de transit. Grâce à des caméras placées aux entrées et sorties de la ville et en calculant le temps de trajet, seuls ceux qui traverseraient la ville sans s'y arrêter payeraient ce type de péage. Cependant, le gouvernement a mis fin à toute possibilité de mettre en place ce genre d'initiative en ne l'intégrant pas dans sa Loi mobilité. Les sommes de 5 à 6 euros par voiture et 20 euros par camion étaient alors avancées.

Ceux qui peuvent payer peuvent rouler ? A moins que Waze s'en mêle

L'idée de Gérard Collomb d'avoir un péage de transit sur l'A6 / A7 et un péage sur l'Anneau des sciences se heurte à plusieurs problèmes. Le premier est sociétal avec le risque de renvoyer le sentiment que les déplacements en voitures sont possibles pour ceux qui payent, tout en donnant l'image d'un centre-ville préservé, réservé aux riches, où la pollution serait délocalisée sur la périphérie. Un point qui se heurte à la réalité des flux d'air, comme en témoignent les récents pics d'ozone qui se forment sur cette même périphérie pour ensuite étouffer le centre de Lyon. Aucun nuage ne s'arrête à la frontière. Par ailleurs, dans une époque marquée par les applications comme les navigateurs comme Waze, les conducteurs pourraient bien éviter les barrières et passer dans des quartiers où l'on n’imaginerait jamais absorber ces trafics de transit ou de périphérie qui ne voudraient pas payer.

Un financement difficile, même avec un péage

Enfin, "même avec un péage", "on ne pourra pas financer l'Anneau des sciences" murmurent déjà des proches de Gérard Collomb et David Kimelfeld. "Il faut qu'on arrête avec ça, l'État n'en veut pas, tout le monde en parle, en sachant qu'il ne se fera pas. Déjà pour 2030, l’acceptabilité était difficile, le projet a encore pris du retard, car la métropole a levé le pied. L'acceptabilité pour 2035 ou 2040 est encore moins certaine dans un contexte où tout le monde parle de ville durable et verte et avec des Gilets jaunes qui ont été audibles sur les questions de concessions autoroutières et péages", lance une source proche du dossier, ce discours a tendance à se faire de plus en plus récurrents ces dernières semaines. L'Anneau des sciences risque d'être l'un des débats majeurs lors des élections 2020. Le genre de cadeau qu'il sera possible de sacrifier en cas d'alliance avec les écologistes, tout en gardant la face en disant qu'on voulait le faire sans avoir eu à régler la question du financement.

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2 commentaires
  1. Folaillon - 12 septembre 2019

    Donc on fait quoi ? On fait rien ?
    Lyon étouffe. L'autoroute en plein centre ville est une aberration, depuis trop longtemps... Cela arrange uniquement ceux qui "utilisent" Lyon pour gagner du temps (donc de l'argent). Si tu passe en centre ville me déposer ton CO2, alors tu passe à la caisse. Point final.

  2. Vallon de Beaunant - 12 septembre 2019

    On développe les transports en commun : metro, train, rer. On réalise des pistes cyclables. Et surtout le trafic de transit utilisé les autoroutes déjà existantes via Clermont etc. Et aussi le ferroutage il n est pas normal que tous les transporteurs utilisent les autoroutes françaises.

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