Michel_Neyret©Fabrice_Caterini-2
©Fabrice Caterini

Procès Neyret : dernière semaine de procès pour le "plus grand flic"

Après deux semaines d’audiences hachées par les jours fériés, le procès de Michel Neyret entre dans sa phase finale.

On ne juge pas la police judiciaire ici mais une philosophie particulière et un système qui est celui de Neyret”. C’est par ses mots que l’une des procureures Aude Puret a défini le procès pour corruption de Michel Neyret qui s’achève cette semaine à Paris. Après plusieurs jours d’audiences consacrés aux différents volets du procès, détournement de stupéfiants et corruption, le réquisitoire débute lundi 23 mai et va durer trois heures.

Selon des témoins dans la salle, le ton donné d’emblée paraît sévère pour l’ex numéro 2 de la PJ lyonnaise. Les deux procureures Aude Puret et Annabelle Philippe prennent tour à tour la parole, accusant Neyret “d’avoir protégé des escrocs et d’être devenu un policier informateur”.

Après les réquisitoires, actuellement en cours, la défense prendra la parole jusqu’à demain, mardi 24 mai avant que ne débutent les délibérés. Après la défection de Martine Monteil, ex-directrice de la DCPJ (police judiciaire) lundi matin appelée par la défense de Neyret, ses soutiens se réduisent.

Bénichou, un mythomane manipulateur

Six autres prévenus comparaissent au côté de Michel Neyret, notamment son épouse Nicole, Christophe Gavat, Gilles Guillotin (PJ de Grenoble) et Jean-Paul Marty (PJ de Lyon) ainsi que l’avocat lyonnais David Metaxas et les escrocs Gilles Bénichou et Stéphane Alzraa. Ces deux derniers ne sont pas présents au tribunal, le dernier étant même en fuite et actuellement recherché.

Lors de l’examen sur le volet “trafic de stupéfiants” où il est accusé d’avoir demandé à ses collaborateurs de la PJ de détourner des prises pour rémunérer ses indics, Neyret a assumé seul ces accusations et s’est excusé d’avoir “mis en danger ses collègues”.

D’un autre côté, il est critiqué pour son rapprochement avec l’escroc et indicateur Gilles Bénichou, “un mythomane”, selon les experts psychiatriques. Neyret et son épouse Nicole auraient accepté plusieurs cadeaux pour des sommes allant jusqu’à plus de 30 000 euros de la part de Bénichou en “toute amitié”. Si pour Neyret, il s’est fait berner, la procureure Annabelle Philippe s’est montrée moins tendre : “vous avez été corrompu”a t-elle déclaré lors du 3e jour d’audience.

Michel Neyret et son épouse encourent jusqu’à 10 ans de prison tout comme Gilles Bénichou pour corruption active d'une personne dépositaire de l'autorité publique. Retrouvez l'enquête de Lyon Capitale sur l'affaire Neyret dans le magazine du mois de mai.

Faire défiler vers le haut