Garry Kasparov
Garry Kasparov © P. Merle/AFP

Garry Kasparov défend un opposant kazakh à Lyon

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon n’entendra pas le témoignage de Garry Kasparov, l’ancien maître d’échecs et l’un des principaux opposants à Vladimir Poutine. Le Russe est venu à Lyon pour expliquer les conditions d’emprisonnement dans son pays, alors que la justice lyonnaise doit examiner la demande d’extradition de l’oligarque kazakh Moukhtar Abliazov par la Russie.

Finalement, Garry Kasparov ne pourra pas témoigner. "C’est un jour sombre pour la justice et cela s'est passé non pas en Russie mais à Lyon !" Le Russe paraît profondément étonné par la décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon de ne pas entendre les témoins désignés par la défense de Moukhtar Abliazov.

Un ancien champion d’échecs, l’avocat des Pussy Riot et un député

Outre l'ancien champion du monde d'échecs, l'avocat des Pussy Riot, Mark Feygin, et Lev Ponomarev, député et figure de l’opposition étaient aussi présents à Lyon pour témoigner. La justice lyonnaise doit en effet examiner la demande d'extradition de Moukhtar Abliazov par la Russie. Arrêté en France en 2013, cet homme d'affaires est accusé d'avoir détourné et blanchi des fonds à hauteur de 6 milliards de dollars.

Pour expliquer les dangers qu'encourt cet homme "qui risque sa vie", ses avocats ont souhaité faire témoigner des personnes – "non pour la notoriété, avance l'un de ses conseils, mais bien parce que Garry Kasparov a quelque chose à dire à la cour", en s'appuyant notamment sur l'article 6 de la convention des Droits de l'homme.

“Le droit est un terrain qui défriche”

Mais, comme l'avocate générale l'a souligné, le Code de procédure pénale ne prévoit pas l’audition de témoins devant une chambre d’instruction, sauf en matière d’irresponsabilité pénale. Ne prévoit pas, mais n'interdit pas non plus. Cette subtilité juridique a été vainement plaidée par Me Mignard, l'un des avocats de Moukhtar Abliazov.

"Cet homme risque sa vie, ces témoins ont fait des milliers de kilomètres, lance Me Lucciani, son avocat lyonnais. Le droit est un terrain qui se défriche", a-t-il tonné à l'audience.

Finalement, la chambre d'instruction n'a pas totalement rejeté cette demande d'audition. Dans une sémantique bien ficelée, elle "a décidé de ne pas procéder immédiatement à l'audition des témoins et se réserve, au moment du délibéré, dans le cadre d'un éventuel supplément d'information, de le faire".

Me Mignard, à la suspension d'audience, a estimé que cette décision ne faisait pas honneur à la justice, et ne "grandit pas la cour d'appel de Lyon". Il a insisté sur le fait que seul le parquet de Moscou sera entendu par la chambre de l'instruction. "Les droits de la défense ont été bafoués", insiste-t-il.

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