CE SNCF Lyon
© Tim Douet

CGT : l'héritage de Bernard Thibault, c'est aussi ça...

Le 50e congrès de la CGT, cette semaine à Toulouse, intronisera Thierry Lepaon en tant que nouveau secrétaire général. Son prédécesseur, Bernard Thibault, laisse des zones d'ombre derrière lui.

Thierry Lepaon, nouveau patron de la CGT, doit être intronisé au cours du 50e congrès du syndicat, cette semaine à Toulouse. Il n'aura pas la tâche facile, entre économie en berne, perspectives plus que maussades, un nombre d'adhérents (692.000) bien éloigné du million visé par son prédécesseur, Bernard Thibault, et un syndiqué CGT plus proche de la retraite que du début de carrière.

Cet homme de 53 ans devra également gérer des affaires qui valent, au premier et plus ancien syndicat de France, de se retrouver devant le tribunal (avant d'être amnistié ?). À Lyon, par exemple, la CGT est renvoyée devant le tribunal correctionnel, en compagnie de sept autres syndicats, pour abus de confiance et faux et usage de faux. Membres du comité d'établissement de la SNCF, ils auraient sciemment détourné une partie de la dotation de fonctionnement du CE (339.000 euros) et auraient falsifié des factures de formation. Un accord secret – toujours en cours – établissait précisément la répartition de ces fonds. La CGT s'en attribue la part du lion.

On reproche également beaucoup à la CGT une certaine complexité dans sa structure. Une certaine opacité, aussi... voire un mélange des genres. Ainsi, on peut s'étonner de la présence de Muriel Thibault, épouse du futur ex-secrétaire général, au sein du comité central d'établissement (CCE) de la SNCF. Le fils aîné des époux Thibault a été élu délégué du personnel au sein du même comité d'établissement.

A priori, rien de répréhensible. Chaque membre d'un couple a le droit de mener sa carrière de son côté, et l'on ne peut interdire à un enfant de suivre la voie tracée par ses parents. Certes, mais seulement si cela ne provoque pas de problèmes d'un point de vue légal.

Selon Philippe Chabin (ancien secrétaire du comité d’établissement Clientèle de la SNCF à Paris, qui affiche 25 ans de CGT au compteur), la situation de Muriel Thibault à la SNCF pourrait bien avoir mené à des conflits d'intérêts. En effet, "Mme Thibault doit acheter tout ce qui est formation professionnelle pour le compte du CCE de la SNCF. Problème : au moins 90 % des sociétés tierces avec lesquelles le CCE signe des contrats sont liées à la CGT."

Plus encore, "lorsqu'un contrôleur de gestion du CCE a dénoncé des détournements de fonds, il a été licencié grâce à un témoignage de Muriel Thibault, continue Philippe Chabin. Mais ce licenciement a été cassé devant les prud'hommes".

L'arrivée de Thierry Lepaon apportera-t-elle un peu de lumière dans ces zones d'ombre ? Philippe Chabin n'y croit pas : "Sa nomination ne changera rien du tout. Ce n'est pas lié à Thierry Lepaon lui-même, d'ailleurs : quel que soit le candidat, ces pratiques continueront. Et le pire, c'est que ces détournements ne profitent pas à la CGT, mais à des officines liées au Parti communiste ! Mais les débats sur ce sujet ont vite été étouffés au sein de la CGT."

4 commentaires
  1. sellamih - lun 18 Mar 13 à 15 h 17

    Lyon Capitale est le seul organe de presse, à ma connaissance, à avoir mis un peu le doigt là où cela fait mal ... Le Paon, effectivement, n'y changera rien ... Tous les dirigeants et apparatchiks sont concernés par les pratiques douteuses et illégales ... Voir mon témoignage ici : http://www.lecri.fr/2012/12/07/hedy-sellami-%C2%AB-l%E2%80%99argent-de-la-cgt-un-scandale-d%E2%80%99etat-%C2%BB/37702

  2. sellamih - lun 18 Mar 13 à 15 h 20

    Quant à l'implication du PCF, c'est évidemment un problème gravissime (ne serait-ce que parce que le PCF est représenté à l'Assemblée), et je crois bien que c'est la première fois, là aussi, que quelqu'un aborde cette question, pourtant extrêmement importante. Au moins, je ne suis pas le seul à y avoir pensé. On comprend mieux aussi pourquoi le PCF a tout fait pour éviter la création de la commission d'enquête parlementaire sur le financement des syndicats, pourtant fort timide ...

  3. sellamih - lun 18 Mar 13 à 15 h 22

    Plus généralement, on comprend mieux pourquoi les partis politiques protègent les syndicats. Il n'y a pas que le PCF à être concerné par les détournements commis par des syndicalistes, et vous pouvez parier que d'autres partis passent aussi à la soupe. Que l'on aille voir par exemple du côté de la CGPME et de ses soutiens politiques.

  4. Marinelyon - lun 18 Mar 13 à 18 h 02

    Ces hauts personnages syndicalistes s'engraissent sur le dos des ouvriers. Car il faudrait surtout se dire, qu'ils ne pointent jamais au boulot, et pourtant ils vivent mieux que nous, simple ouvriers ou simples ouvrières. Leurs salaires est versés sans travailler

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