Leulmi Céline D
Céline D. aux assises d’Evry

Procès Leulmi : Céline, l’éternelle compagne

Le témoignage de Céline D. était important au procès de Jamel Leulmi, qui se tient devant la cour d’assises de l’Essonne depuis ce lundi. Céline est sa compagne de toujours, la fidèle amie, sa meilleure amie, sans doute. Elle a été interrogée ce mercredi pendant plus de 5 heures.

Céline D. est une jolie femme âgée de 38 ans, pas très grande. Elle est cadre commerciale dans une grande enseigne de la distribution. “Je suis une autodidacte, j’ai travaillé dès 14 ans”, indique-t-elle à la cour. Elle s’est forgée toute seule, a gravi les échelons un par un dans sa société.

Pacsés, dépacsés, repacsés

Elle rencontre Jamel Leulmi dès l’adolescence, mais c’est en 2002 que des liens amicaux se tissent entre elle et le jeune homme (Céline D. se montre très précise sur les dates et ses déclarations). Peu à peu, la relation se transforme. Ils se pacsent en 2004, surtout pour permettre à Jamel de revenir dans l’Essonne alors que son premier poste d’enseignant était à Caen. Le couple se sépare un an plus tard suite à une infidélité du jeune homme. Les jeunes gens restent cependant amis. Après le décès de Kathlyn, ils décident de “donner une seconde chance à leur couple en 2008”, explique Céline, notamment en se mariant religieusement. “Mais ce fut impossible et, en 2010, lors de son arrestation, c’est la descente aux enfers.”

Une relation “fraternelle”

Il est finalement difficile de cerner la nature réelle des sentiments qui les liaient. Aujourd’hui, Céline elle-même parle plus de relation “fraternelle” : “Nous sommes plus comme des frères et sœurs”. Elle avoue que leur “relation de couple était quasi inexistante”. Pourtant, la jeune femme dit avoir souffert des nombreuses infidélités de Jamel, qu’elle aurait apprises lors de l’instruction. Mais elle refuse de considérer Jamel comme un séducteur : “Je ne savais pas qu’il menait sa vie de son côté.”

Toujours présente aux côtés de Jamel

En tout cas, Jamel Leulmi s’est toujours tourné vers elle, a toujours été présent à ses côtés. Même marié à Kathlyn, ils n’hésitent pas à partir en voyage en Algérie. Céline décrit des relations amicales avec l’épouse de son ami, mais refuse de venir à leur mariage. “J’étais seule, ce n’était pas ma place”, avance-t-elle. Au soir de l’accident de Kathlyn, elle est la première personne que Jamel appelle. “Je connaissais son numéro de portable par cœur”, s’explique l’accusé, interrogé à ce sujet. Céline vient le chercher à l’hôpital, accompagnée de sa propre mère. Par la suite, elle l’accueille chez elle. Jamel est en arrêt maladie, mais voyage beaucoup avec Céline, au gré de ses déplacements professionnels. “On profitait de mes Miles accumulés”, explique-t-elle. Les Bahamas, New York, la Martinique, et le Maroc, plusieurs fois par an. Céline souhaite même s’y installer, un jour.

Jamel se disait harcelé par Julie

Le couple a ses habitudes à Marrakech, ils vont souvent dans le même hôtel, situé dans la palmeraie de la ville. Le 18 décembre 2009, ils partent ainsi en week-end. La veille du départ, la jeune femme confirme que Jamel avait reçu de nombreux SMS de Julie Derouette. “Elle harcelait Jamel depuis quelque temps. Cela m’agaçait, déclare-t-elle, car j’avais des suspicions sur d’autres jeunes femmes.”

“À Marrackech, il était toujours avec moi”

Que s’est-il réellement passé au Maroc et comment s’est déroulé le séjour ? Curieusement, cette interrogation sur la chronologie des événements ne viendra pas de la présidente de la cour d’assises. Il faudra les questions des avocats des parties civiles et, surtout, des deux avocats généraux pour en savoir davantage. La tension monte, d’ailleurs, la jeune femme se crispe presque, bousculée par des questions très personnelles et des souvenirs douloureux lors d’une audition auprès du juge instructeur.

Au lendemain de leur arrivée au Maroc, Jamel et Céline se rendent à Casablanca et reviennent dans la nuit à Marrakech. Cette même nuit, Julie Derouette est agressée sur une route de Marrakech. Si une semaine entière d’audience sera consacrée au déroulement des faits, Céline D. est le premier témoin des agissements de Jamel. Elle n’en démord pas à la barre : il est resté avec elle tout le long du séjour. À son retour de Casablanca, où elle était souffrante, Céline a dormi le lendemain jusqu’à 10 heures. “Ce qui ne me ressemble pas, mais j’étais malade”, explique-t-elle. Elle affirme avoir vu pour la première fois Julie Derouette le 21 décembre, à 17h30, à l’hôpital. La mère de la jeune accidentée avait informé Jamel de l’accident. “Elle était dans une salle, sur un brancard. Elle était contente de voir Jamel, elle avait dit que c’était son mari aux infirmières”, raconte Céline à la barre. Elle maintient ses dires, pour elle c’est “la vérité”.

À la question de l’avocat général Rémi Crosson du Cormier – “N’avez-vous pas été manipulée par Jamel Leulmi, durant votre vie ?” – la jeune femme reste droite (après plus de 5 heures d’audition), visiblement éprouvée par les questions. “Blessée, oui. Manipulée, non”, répond-elle. Céline D. n’a jamais souscrit d’assurance décès au profit de Jamel, elle apparaît comme une femme forte, qui a fait carrière et n’a aucun problème d’argent. Mais qui n’a pas trouvé, en Jamel, le compagnon idéal, semble-t-il.

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