Affaire Karachi : la cour d’appel de Lyon va réexaminer le recours

Six hautes personnalités avaient été envoyées en correctionnelle en 2014 dans le cadre de cette affaire. Deux ans plus tard, les soupçons de rétrocommissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite, qui auraient servi à financer la campagne d’Édouard Balladur en 1995, ne sont toujours pas levés. La défense attend de “plaider la prescription du dossier” selon Le Monde.

Les allers-retours incessants de la justice dans cette affaire pourraient-ils se clôturer à Lyon ? Soupçonnés d'abus de biens sociaux, les six protagonistes ont d'abord été envoyés en correctionnelle, avant de faire appel puis de retourner face au tribunal en juin 2015, conformément aux réquisitions du parquet. Les six accusés devaient comparaître pour "abus de biens sociaux, complicité et recel". La Cour de cassation vient d'annuler cette décision pour renvoyer devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon les six accusés de "l'affaire Karachi".

Pour l'un des avocats des accusés, cette décision est "conforme au droit, la défense attend de plaider la prescription du dossier". À l'inverse, les parties civiles "regrettent tout ce temps perdu en péripéties procédurales" selon l'avocate des proches des victimes de l'attentat de Karachi, interrogée par Le Monde.

L’hypothèse de l’enquête antiterroriste n’est pas encore avérée

Lors de l'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, quinze personnes ont été tuées, dont onze ouvriers français. L'enquête antiterroriste envisage que ce drame puisse avoir été causé par l'arrêt du versement des commissions sur les ventes d'armes au Pakistan. Cette thèse n'a toujours pas été démontrée. Les juges qui avaient fait éclater l'affaire au grand jour étaient convaincus que 327 millions d'euros de ces commissions avaient en fait été versés pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, via un réseau d’intermédiaires.

Les six accusés sont les deux hommes d'affaires Abdul Rahman El-Assir et Ziad Takieddine. Ce dernier avait fini par dire qu'il avait financé la campagne d'Edouard Balladur pour 6,2 millions de francs après avoir été sollicité par l'ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, Nicolas Bazir, mais aussi via Thierry Gaubert, conseiller au ministère du Budget de Nicolas Sarkozy en 1990. Les deux hommes contestent ces faits.

Deux autres hommes seront présents sur le banc des accusés, il s'agit du conseiller de François Léotard à la défense, Renaud Donnedieu de Vabres, et de l’ancien PDG de la branche internationale de la direction des constructions navales (DCN-I), Dominique Castellan.

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