Tempête à 54ème Nord, Shakespeare in trash

Une création très librement inspirée de l'œuvre de Shakespeare et des images des films de Derek Jarman.

Auteur, metteur en scène et comédien, Gilles Pastor, artiste en résidence aux Subsistances avec la compagnie KastôrAgile, travaille depuis trois ans sur l'œuvre de Derek Jarman. Ce cinéaste anglais peintre et homme de théâtre, emporté par le sida en 1994, s'était réfugié 8 ans dans une maisonnette voisine d'une centrale nucléaire sur une petite île où il cultivait un jardin. Un jardin qui prenait corps, et symbolisait la vie alors que l'homme se voyait faiblir de jour en jour, le corps submergé par la maladie... L'île, la maladie, les images des films, Shakespeare, Madonna, Mozart, tels sont les matériaux de création de Gilles Pastor admiratif de l'homme qui l'inspire. A l'image de Prospéro le magicien de la Tempête de Shakespeare le metteur en scène nous plonge dans une tragédie tourmentée avec des personnages ambigus, un chœur antique déjanté et un héros cherchant son chemin. La scène devient le lieu d'une performance d'art contemporain où vidéo et art vivant s'entremêlent pour crier l'indicible de la maladie et de la mort. Un spectacle qui, par sa scénographie complexe et multiforme, interpelle sans cesse le public dont tous les sens sont sollicités...

Tempête à 54ème Nord apparaît comme une profonde réflexion sur la souffrance où se succèdent les scènes de vie, dures, crues, perturbantes mais souvent poétiques. Les quelques imperfections du spectacle sont vite oubliées et ne demeurent que l'expérience visuelle à la grâce bouleversante...

Audrey Hadorn

Aux Subsistances, jusqu'au 27 juin. Spectacle et mise en scène : Gilles Pastor. Avec : Jean-Philippe Salério, Gilles Pastor.
www.lesintranquilles.net

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