Quand Lyon était la capitale de la presse

Lyon fut considérée comme la capitale de la presse durant une quarantaine d’années. Dominant Paris à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

De 1870 à 1914, Lyon coiffait au poteau la capitale en matière de presse écrite. Une étonnante découverte qui redonne ses lettres de noblesse à cette période où la presse écrite lyonnaise dominait la France. Au XIXe siècle, la presse devint une véritable industrie. Le métier de journaliste et les agences de presse firent leur apparition.

À Lyon, le premier à se déclarer “journaliste” au recensement est Jules Coste-Labaume, en 1876. C’est ensuite à partir du recensement de 1881, année de la loi sur la liberté de la presse, que sept individus se déclarent journalistes et non plus “hommes de lettres”. Durant cette période, la presse connut un essor considérable, soutenu par les progrès techniques tels que l’invention de la presse rotative en 1860 et par la loi sur la liberté de la presse promulguée le 29 juillet 1881.

15 fois plus de journaux à Lyon qu'à Paris

Un article écrit par un journaliste de mensuel mondain lyonnais en 1894 atteste que “la presse lyonnaise à la fin du XIXe siècle a connu une merveilleuse transformation”. L’article évoque les milliers de dépêches et les 300 000 exemplaires de journaux distribués quotidiennement, chiffre d’ailleurs sous-estimé selon Marc Jampy (photo ci-dessous), ancien président d’Hippocampe, qui a soutenu jeudi 11 avril une thèse intitulée “Expériences de presse, Lyon, 1870-1914”. L’auteur indique que “Lyon est devenu la capitale de la presse par le nombre des journaux, qui étend son rayonnement aux départements voisins et qui concurrence Paris”.

Paris compte 80 à 90 quotidiens selon les années entre 1881 et 1914. Lyon, à l’époque, cumulait 1 297 journaux. Un chiffre surprenant, d’autant que l’on en compte actuellement moins d’une dizaine. Un âge d’or de la presse dont les premiers bénéficiaires sont les patrons. À Lyon, en 1870, trois quotidiens subsistent : Le Courrier de Lyon, Le Salut public et Le Progrès. Trois journaux dominants parmi le millier de nouvelles parutions. Pas moins de 1 130 acteurs de presse gravitaient autour. Une domination insoupçonnée et brève de la presse lyonnaise.

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