Mongol, Sergeï Bodrov

Un film épais parsemé de longueurs.

Mongol **

De Sergei Bodrov
Avec Tadanobu Asano, Hong Lei Sun, Khulan Chuluun. Biographie historique. Kazakhstan, Allemagne, Russie, Mongolie. 2h04

L'enfance et les premiers pas dans la guerre de Gengis Khan, de son vrai nom Temudgin, légendaire chef des armées mongoles du début du XIIIe siècle. Avant de devenir l'un des plus grands conquérants de l'histoire, Temudgin est réduit en esclavage dès l'âge de 10 ans puis traqué par ses ennemis. Il entre ensuite en guerre avec son propre frère dans la quête de la suprématie mongole.

Qu'on se le dise, c'est la thèse un rien douteuse du film de Sergei Bodrov, nominé aux derniers Oscars dans la catégorie meilleur film étranger : Gengis Khan n'était pas l'impitoyable chef de guerre sanguinaire que décrivent les livres d'histoires. Non, Temudgin (son vrai nom, Gengis Khan étant son titre) était un homme romantique en diable et prêt à tout pour retrouver sa belle, Borte, rencontrée à l'âge de 9 ans. Mais les aléas de la vie des steppes (en gros ceux qui ne veulent pas tuer Temudgin n'ont de cesse d'en faire leur esclave) le rendent un poil crispé. Si bien qu'il finit par décider d'unifier la nation mongole, instaurer de nouvelles lois et conquérir le monde. Mongol, qui annonce paraît-il deux autres épisodes, s'arrête d'ailleurs au stade des prémisses de la conquête. Le mérite du film, qui ménage la chèvre du spectacle hollywoodien et le chou du classicisme russe, est de jouer la sobriété, à l'inverse d'un Oliver Stone avec son très boursouflé Alexandre. Les scènes de batailles n'en sont pas moins efficaces et visuellement Mongol se pose comme un ample western d'Asie Central faisant la part belle à la splendeur épique des steppes infinies. Problème : le récit, loin de galoper au vent, claudique comme un poney malade, littéralement plombé par des ellipses un peu maladroites. D'autant que Bodrov a une fâcheuse tendance à s'attarder sur des séquences longuettes (la captivité interminable de Temudgin, aussi pénible pour le spectateur que pour l'intéressé littéralement changé en statue de terre cuite) et passablement dénuées d'intérêt. On attend la suite, en l'espérant plus conquérante.

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