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© Eric Santonnat

Lyon : les expos à voir en novembre

D’îles en sous-sol, d’un lieu historique lyonnais à un Lisbonne inattendu, les expositions de novembre à Lyon font voyager l’amateur en photo, dessin ou peinture.

Le parking LPA République revu par Reko Rennie © Guillaume Perret

© Guillaume Perret
Le parking LPA République revu par Reko Rennie.

Mère et fils

Dans les années 1960, Claudette Espallergues (décédée) emmenait son fils Luco (60 ans cette année) regarder les expositions de la galerie L’Œil Écoute, alors tenue par Jeannine Bressy. Aujourd’hui, leurs “Œuvres croisées” se retrouvent dans ce lieu (pré)historique qui a contribué à faire sortir la ville de ses seules lyonnaiseries, au temps où une galerie choisissait de porter le nom d’un ouvrage de Claudel plutôt que celui d’une variété de patates ou d’une pièce annexe de l’appartement.

Les œuvres de Claudette Espallergues sont des bustes en papier mâché polychrome : une galerie de portraits imaginaires des années 1940-1960 à la Marcel Aymé, Doisneau, ou du Frédéric Deux de La Gana façon “art forain”… mais dont les originaux furent croisés dans les rues de Lyon par une artiste autodidacte.

Pour les œuvres de Luc Espallergues, la présentation juxtapose allègrement des prélèvements dans un univers achronique et éclectique : des personnages textiles comme Maternité (1978) aux voiles libres de 2010-2015, des huiles sur toile de divers formats aux croquis numériques. Point commun : le tissu, la trame et, de fil ou de couleur, le trait et sa surprise.

Du 3 au 13 novembre, à la galerie L’œil écoute – 3 quai Romain-Rolland, Lyon 5e.

Pommes en l’air et Terre par-dessus cul

180° à l’ombre © Eric Santonnat

© Eric Santonnat
180° à l’ombre – Lisbonne.

IODDP (Ici On Donne Des Pommes) est une galerie récente qui présente essentiellement du dessin (récemment Karl Baudelère). L’exposition d’Éric Santonnat, “180° à l’ombre”, montre une photographie à faire tourner la tête. Éric Santonnat retourne le cadre du décor lisboète pour un ballet graphique renversé/renversant.

“J’aime à penser que c’est la lumière qui donne sa chance au photographe, confie-t-il. Partout à Lisbonne – ville couchée le long du Tage – la lumière jaillit ; omniprésente et multiple… À Lisbonne, la lumière naturelle m’a captivé, les ombres m’ont parlé ; naturellement, j’ai voulu les capturer (…) la lumière m’a invité à tenter ma chance. Humblement j’ai essayé de la saisir (…) Il se peut même que, comme moi, vous vous retrouviez la tête à l’envers.” Lisbonne vu la tête en bas…

Jusqu’au 27 novembre, à la galerie IODPP – 6 rue St-Georges, Lyon 5e.

Art en sous-sol

Lyon aime enterrer ses œuvres d’art. On se souvient, en 1989, de Terra de Claudio Parmiggiani enfouie en grandes pompes dans le parterre sud du cloître du musée des Beaux-Arts, “pour être vue brièvement puis rendue invisible”. C’est fait. Par ailleurs, de nombreuses stations de métro bénéficient d’installations prévues pour le lieu. Et des architectes de renom ont conçu les parkings gérés par Lyon Parc Auto, qui fit appel à Buren, Verjux, Favier, Mullican entre autres artistes. Une œuvre monumentale de Mengzhi Zheng sera prochainement installée au centre du parking des halles rénové.

Dès à présent, l’on peut voir l’œuvre que l’Australien aborigène Reko Rennie (actuellement au MAC dans l’exposition Wall Drawings) a conçue pour le parking République (Lyon 2e). Il utilise notamment des motifs traditionnels liés à sa culture ainsi qu’une influence très colorée du pop’art. Et ça en met plein les yeux !

Des îles à Villeurbanne

Abdelkader Benchamma – Islands © Courtesy Galerie du Jour Agnès b.

Courtesy Galerie du Jour Agnès b.
Abdelkader Benchamma – Islands.

Abdelkader Benchamma dessine des personnages sans repères qu’il confie à des scénarios catastrophes, des paysages désenchantés, des horizons désertés. Ancré dans le dessin classique, il utilise aussi bien la figuration que l’abstraction ou de nouvelles aventures graphiques. Virtuose et graphomane, il parcourt parfois des pans de murs entiers, avec des dessins réalisés au feutre ou à l’encre de Chine. Son univers visite le big-bang, l’apocalypse, Jules Verne et l’absurde métaphysique.

À l’artothèque de la MLIS, il réalise un dessin mural inédit, largement abstrait, inspiré par la musique minimaliste, et invite le musicien Table (H.A.K. Lo-Fi Record) à ouvrir une dimension sonore à son exposition.

Né en 1975, Abdelkader Benchamma a inauguré en avril dernier le nouveau programme de dessin mural du Drawing Center à New York.

Jusqu’au 3 décembre, à la Maison du livre, de l’image et du son (MLIS) de Villeurbanne.

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