La chanson lyonnaise réussit partout...sauf à lyon

Nombre de chanteurs sont allés respirer ailleurs pour trouver le succès. Enquête sur un malentendu à l'occasion du retour discographique de deux vieilles gloires, Hubert Mounier et Olivier Angèle, du concert de Rachid Taha à Saint-Priest et de la découverte d'un nouveau venu et déjà parti, Cerino.

Hubert Mounier plaque Cleet Boris
Après avoir claqué la porte, il tourne la page. Sur la pochette d'Affaire Classée, son dernier album, Hubert Mounier tient la dépouille de Cleet Boris par le colback, comme on le fait d'un vieux vêtement. Il revient de loin. La fin de son groupe, L'affaire Louis Trio, a été douloureuse. Lui est parti un peu à la dérive. Une séparation sentimentale. Une dure bataille contre l'alcool. Il vit reclus en Ardèche. Il dit qu'il s'en fout maintenant, qu'il ne court pas après le succès, qu'il veut juste continuer à pouvoir faire la musique qu'il aime. Une musique très colorée, très enrichie, avec des orchestrations généreuses. Ce disque est une transition. Pour dire que derrière Cleet Boris, il y a Hubert Mounier et qu'il continue. Qu'il prépare un autre album solo sans doute moins noir que les précédents, Grand Huit ou Voyager Léger. Plus apaisé aussi, peut-être. En attendant, il revisite les meilleurs succès de l'Affaire Louis Trio et leur imprime sa marque actuelle, celle d'Hubert Mounier.

Affaire classée, Hubert Mounier
( Universal music)

Interview expresso

Pourquoi reprenez-vous les titres de l'Affaire Louis Trio, vos précédents disques en solo n'ont-ils pas marché ?
Hubert Mounier : Si celui-là me rapporte de l'argent, je ne suis pas contre, mais c'est surtout pour que les gens associent mon nom à des titres qu'ils connaissaient déjà. Hubert Mounier ça ne disait pas beaucoup au grand public. A l'époque de l'Affaire Louis Trio, il me connaissaient sous le nom de Cleet Boris.

Ce sont des versions différentes de vos anciens succès...
Oui mais cela reste ma voix, mes chansons. On retrouve aussi une partie de ce qui faisait le charme du groupe.

Où en êtes-vous sur le plan professionnel ? Vous n'êtes plus à Paris, plus à Lyon ?
Je reste caché à la campagne. Je mène une vie "on ne peut plus tranquille", sans regret des folles années de l'Affaire Louis Trio. Je travaille, je dessine, je compose, et tout ça mis bout à bout, de temps en temps, me donne l'occasion de sortir un disque ou un livre selon l'envie. D'ailleurs, je viens de finir un roman. C'est un livre assez court et assez délirant. Il s'intitule Mon ami Pierreux et devrait sortir courant 2008.

Des regrets de la période Affaire Louis Trio ?
Non. Si ce n'est que, peut-être, on aurait pu être riches et encore plus célèbres (rires). Sincèrement, je n'ai pas de regrets Peut-être sur un plan personnel, j'aurais aimé que le divorce avec mes deux anciens acolytes se fasse un peu plus en douceur.

La séparation a-t-elle été très dure ?
Quinze ans de vie commune, autant de testostérone dans la même pièce, cela ne pouvait finir que violemment. On ne risque pas de nous revoir ensemble dans les décennies qui viennent. Je crois qu'on s'en veut les uns les autres, beaucoup pour des raisons stupides, mais qui sont vraiment ancrées en nous. C'est une histoire terminée.

L'Affaire Louis Trio
Le nom de Cleet Boris est d'abord celui du premier groupe monté à Lyon par les deux frères Mounier : Hubert et Vincent. En 1982 François Lebleu les rejoint. Ils forment alors "L'Affaire Louis Trio" et prennent des pseudo : Hubert Mounier devient Cleet Boris, Vincent : Karl Niagara et François Lebleu : Bronco Junior. Premier gros succès en 1987 avec Chic Planète qui leur vaudra une Victoire de la Musique. Puis Mobilis in Mobile en 1993. Il choisissent de rester à Lyon pour échapper au tumulte parisien. Mais les dissensions au sein du groupe sont de plus en plus fortes. Vincent prend la tangeante en 1997. La dissolution complète se fera dans le courant de l'année qui suit.

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