Gossip girls

Nées épiphénomène parisien pour rockers à peine pubères, les filles de Plastiscines sont parties conquérir l’Amérique. Adoubées par la série Gossip Girl, elles sont même fichues d’y parvenir.

L’exportation de nos chanteuses françaises est quoi qu’on en dise une tradition aussi ancrée que l’ingouvernabilité des fromages selon De Gaulle ou le gavage des canards. En témoignent par exemple les succès russes des poupées vieillottes Patricia Kaas et Mireille Mathieu, chanteuses préférées du tueur de tigres Poutine et de ses ouailles (on dit que Mireille Mathieu, pour tuer un tigre, y a pas mieux, mais passons). C’est néanmoins beaucoup plus rare outre-Atlantique où la française s’exporte moins dès lors qu’elle n’est pas déguisée en Piaf sur un grand écran. L’ascension fulgurante des jeunes Plastiscines chez les Ricains est donc d’autant plus spectaculaire. Il y a quatre ans, le quatuor d’adolescentes faisait les beaux jours de la scène baby rock à Paris, cette petite bande qui, des Naast à Second Sex, jouait aux rockers sixties sous le regard attendri des parents et de Philippe Manoeuvre. Les Plastiscines se distinguaient alors car seules filles dans un petit monde de mecs qu’elles traitaient allègrement de losers sur le tube qui les révéla (Loser, donc). L’ensemble était plutôt brouillon mais stylé, sentait le marketing et l’opportunisme des maisons de disque mais tout en ne se déparant pas d’une certaine authenticité rock grimée girl power, celle-là même qui les avaient poussées sur scène.

Bitch girls
De cette scène baby rock, les Plastiscines sont aujourd’hui non seulement les seules véritables survivantes (on ne compte pas les BB Brunes arrivées un poil (de duvet) plus tard). Mais elles reviennent tout en étant parties, car signées sur un label américain, avec un album en anglais prêt à conquérir le monde. Les belles ont tapé dans l’œil de Butch Walker (The Donnas, Pink, Weezer) un producteur des Amériques où l’on n’aime rien moins que les groupes de filles. Leur programme : un rock girlie et émancipateur plus pop et bubblegum, coquin comme le single Barcelona. Un rock passé en un clin d’œil du puéril “Tu n’es qu’un loser” à l’effronté “I’m a bitch”. Manière de s’assumer qui ne pouvait qu’inspirer les producteurs de la très branchée série Gossip Girl, populaire variation feuilletonnesque sur les affres existentielles de pauvres petites filles riches. Les Plastiscines y ont fait une apparition dans leur propre rôle de rockeuses françaises, frenchy bitches but chics dont le charme parisien dévergondé devrait leur valoir quelques succès dans les chambrettes des “gossip girls” du monde entier.

Plastiscines. Le 27 mars au Marché Gare.

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