Friche RVI : expulsion imminente

ACTUALISÉ vendredi 17 septembre - Un huissier de justice a rendu visite aux artistes de la friche RVI jeudi 16 septembre pour leur signifier leur expulsion imminente. Problèmes : le nouveau local ne pourra pas accueillir tout le monde et sa réhabilitation n'est pas encore terminée.

Jeudi 16 septembre, un huissier de justice a rendu visite aux artistes de la friche RVI, avenue Lacassagne, dans le troisième arrondissement de Lyon. Il a remis aux frichards présents un avis d'expulsion. Surpris, ces derniers ne l'ont pas laissé rentrer et ont refusé de lui donner leurs noms. Le local sensé abriter les artistes après leur déménagement n'est toujours pas prêt aux 25 et 30 de la rue Lamartine, à proximité. Il ne pourra recevoir tous les artistes de toutes façons. Des demandes de relogement sont toujours en attente de réponse à la mairie, selon les frichards.

Le nouvel immeuble, en plein travaux

Le nouveau bâtiment, un ancien immeuble d'habitations serait toujours en travaux. Sa réhabilitation a pris du retard, selon la mairie et les artistes attendent toujours le feu vert des autoirités compétentes pour s'y installer. La mairie indiquait vendredi après midi que cela ne saurait tarder. Céline Eyquem relai des frichards, indiquait quant à elle que les artistes commençaient à ranger leurs affaires vendredi, mais "dans une ambiance compliquée et stressante", nous a-t-elle confié.

Georges Képénékian, adjoint à la culture du maire de Lyon, a rappelé mercredi que les artistes n'ayant pas signé la convention de la rue Lamartine seraient considérés comme illégaux dans le nouveau bâtiment. Pour le moment, seuls deux collectifs sur sept ont signé la convention. Et les frichards scrutent leur boîte mail en attente du message de l'huissier, qui leur a promis d'annoncer la date de sa prochaine venue.

"Tourner la page de la friche RVI"

Le but affiché par la mairie est clair : "tourner la page de la friche RVI", comme affirmé par Georges Képénékian mercredi soir. L'adjoint à la culture rencontrait ce soir là les frichards, rue Lamartine, devant les locaux mis à disposition par la mairie pour les artistes qui souhaitent déménager. Installés en large cercle, artistes, riverains et élus se rencontraient tous ensemble pour la première fois. L'occasion pour chacun d'ouvrir le dialogue, de s'informer sur les intentions des uns, les craintes des autres et de faire tomber les préjugés qui collent aux frichards.

"Vous vous démerderez tous seuls"

De l'extérieur, l'ancienne usine Renault où sont installés les artistes depuis 2002, "n'est pas très rassurante", ont dit les habitants de la petite rue Lamartine. Ils ont demandé quelques garanties à la mairie. Réunis au sein d'A2RL, l'Association des Riverains de la Rue Lamartine, fondée en juin dernier ils réclament de la tranquillité et de la sécurité, ce sont leurs maîtres mots. "Si vous n'avez pas confiance, je ne m'en occupe pas et vous vous démerderez tous seuls", s'est emporté Thierry Philip, le maire du 3e lors de la réunion. Pleins de bonne volonté, riverains et frichards ont néanmoins réitéré avec calme leurs craintes et leurs attentes, tandis que Georges Képénékian, l'adjoint à la culture rappelait que "la confiance se construit pas à pas".

10 fois moins de surface disponible

Les principes de base de la vie de voisinage étant posés, le nouveau local est loin de satisfaire tous les frichards. "Le grand luxe de la friche RVI, c'était l'espace disponible, gigantesque. Le contre-pied, c'était l'absence de garde-fous. Lamartine sera un lieu de travail dix fois plus petit et donc bien différent de RVI" assurait Serge Desautels, membre du Conseil d'Administration (CA) de l'association Lamartine réunissant les frichards.

De 35 000 m2 environ, les artistes vont devoir passer à 3 500 m2, sans parking, l'AS Montchat, propriétaire du terrain mitoyen ayant refusé de le leur prêter. De plus, ils n'auront plus, cette fois, la possibilité de loger sur place. Ainsi, sur les 400 personnes présentes avenue Lacassagne, seuls 130 artistes réunis en sept collectifs, ayant déposé un dossier auprès de la mairie, devraient être théoriquement relogés. "Certains n'ont pas souhaité venir à Lamartine, poursuit Serge Desautels, d'autres acceptent mais ont des exigences vitales, comme par exemple l'insonorisation".

Un dialogue sous l'égide de la mairie

En futurs voisins, riverains et artistes ont pris le temps de se présenter et d'échanger leurs numéros de téléphone mercredi soir. "Nous sommes ouverts au dialogue, affirme Aymeric Mouflard, le président d'A2RL, cela fait maintenant deux mois que nous demandons à la mairie d'entrer en contact avec les artistes, d'avoir des informations. Rien n'a été fait." Du côté des frichards, même déception. "C'est à croire que les élus avaient peur que la rencontre ne se transforme en confrontation", poursuit Aymeric Mouflard. Serge Desautels invective le petit cercle. "Nous n'avons pas toujours besoin de papa (la mairie) pour gérer nos problèmes, nous avons créé des associations, passons par elles."

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