Montage Hofesh Shechter Barbarians Patin Libre Vertical Influences
© Jake Walters / Alicia Clarke (montage LC)

Danse : liberté et barbarie cette semaine à Lyon

Au programme des quatre soirées à venir : Barbarians, d’Hofesh Shechter, figure emblématique de la danse contemporaine mondiale, et le spectacle sur glace d’une compagnie montréalaise qui revendique la liberté de danser.

Vertical Influences – Cie Le Patin Libre © Alicia Clarke

© Alicia Clarke
Vertical Influences – Cie Le Patin Libre.

Libre glisse

Rajeunir le patinage sur glace et l’emmener vers des rives plus contemporaines, vers une danse actuelle, tel est le point de départ du Patin Libre, une compagnie que l’on n’a encore jamais vue en France. Constituée de “rebelles” et grands virtuoses de la glisse, elle revendique le patinage plus comme un moyen d’expression que comme un sport d’athlètes, un art à part entière, avec une vraie écriture, des enjeux scéniques et chorégraphiques. Si la base de leur travail questionne le sens du patinage, il est essentiel pour eux d’approfondir la notion de mouvement pour le sortir d’une immobilité encore trop présente dans son exécution. Dans le même temps, ils se battent pour que les patinoires deviennent de grands lieux culturels, des salles de danse ouvertes au public alors qu’aujourd’hui, à Montréal, il est interdit de danser dans celles gérées par la ville.

Leur spectacle Vertical Influences ne sera pas dénué, on s’en doute, de saltos, boucles et pirouettes, mais le hip-hop, les jeux de vitesse et de ralenti sur fond de musique électronique donneront à cet assemblage de surdoués du patin à glace des airs de tribu urbaine. La pièce explore les relations humaines, les rivalités, l’individualisme, les tensions, autant de situations qui favorisent les joutes chorégraphiques et les prouesses techniques.

Vertical Influences – Cie Le Patin Libre © Rolline Laporte

© Rolline Laporte
Vertical Influences – Cie Le Patin Libre.

Ces thèmes collent aussi à la réalité de leur histoire car, avec leur projet artistique, ils se heurtent à l’ultraconservatisme et aux pressions du monde des patinoires. La troupe, qui n’a peur de rien, se paye le luxe supplémentaire de modifier également la situation du public dans l’espace, en le faisant asseoir sur la glace pour être au plus près du patinage. Pour les découvrir, il faudra penser à mettre la doudoune car, en plein mois de juin, il fera 15° à la patinoire de Lyon.

Le Patin Libre / Vertical Influences – Du 7 au 11 juin à 20h30 (rencontre avec les danseurs à l’issue du spectacle le 10), à la patinoire Charlemagne, Lyon 2e.
Dans le cadre des Nuits de Fourvière 2016.

Danses barbares

Barbarians – Chorégraphie d’Hofesh Shechter © Jake Walters

© Jake Walters
Barbarians – Chorégraphie d’Hofesh Shechter.

Hofesh Shechter est une figure emblématique de la danse contemporaine mondiale dont le travail est pétri d’influences comme celles de l’Israélien Ohad Naharin (Batsheva Dance Company) et du Belge Wim Vandekeybus. Au premier, il a emprunté une puissance scénique et sonore, avec des corps à la fois abstraits et narratifs. Au second, la mise en danger des corps qui bougent dans la masse avec un fort rapport au sol. Sa danse est très physique, emportée par les vibrations des percussions qui imposent leurs rythmes sur le plateau aux côtés des danseurs. Elle met souvent en scène des corps en insurrection qui refusent de céder aux pouvoirs obscurs qui façonnent nos sociétés.

Sa pièce Barbarians a été créée pour le dernier festival d’Avignon et conçue autour de trois formes chorégraphiques : un sextet, un quintet et un duo. Sans discours mais toujours avec une danse énergique soumise à des effets lumineux et sonores impressionnants, il interroge la notion de barbarie, d’instinct, la frontière entre l’humain et l’animal. Servant de point d’apaisement et de douceur, le duo est une forme qu’il explore rarement dans ses chorégraphies. Il sera donc intéressant de découvrir quelle est sa danse hors des mouvements de masse qui saisissent habituellement tout l’espace.

Hofesh Shechter / Barbarians – Du 7 au 11 juin à 20h30 sauf mercredi 8 (19h30), à la Maison de la danse.
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