Wolverine – Le Combat de l’immortel : une renaissance

CRITIQUE – Quatre ans après le catastrophique X-Men Origins – Wolverine, le mutant à griffes le plus célèbre des comics et du cinéma revient dans un nouvel opus. Exit le passé, place à un film qui s’inscrit dans la continuité du ridicule X-Men – L’Affrontement final. Forcément, avec des racines aussi mauvaises, on s’attendait au pire.

Toujours traumatisé d’avoir dû tuer Jean Grey pour l’empêcher de détruire le monde (X-Men 3), Wolverine part au Japon pour se rendre au chevet d’une vieille connaissance. Le mutant se retrouve face à une opportunité de choix : perdre son facteur d’autoguérison et arrêter de voir ceux qui l’aiment mourir alors que lui ne vieillit pas.

Faute de grives, on mange des merles ? X-Men 3 – L’Affrontement final était une sombre purge qui enterrait l’univers des mutants au cinéma. X-Men Origins – Wolverine a également joué les fossoyeurs, faisant passer le célèbre héros aux griffes d’adamantium pour un idiot fini. Au passage, le film en avait profité pour détruire le personnage de Deadpool, mercenaire à la langue bien pendue adorant briser le quatrième mur. Néanmoins, à la surprise de tous, l’excellent X-Men – Le Commencement a remis la franchise mutante sur de bonnes voies, poussant le spectateur à placer quelques espoirs dans ce Wolverine – Le Combat de l’immortel.

Potentiel inexploité

Malheureusement, nous sommes loin de la réussite d’X-men – Le Commencement, mais, d’un autre côté, la nullité de Wolverine – Les Origines est, elle aussi, à mille lieues. À défaut d’être un chef-d’œuvre, Le Combat de l’immortel est un bon petit film, qui pèche essentiellement par un scénario n’exploitant jamais le potentiel de son histoire. À de nombreuses reprises, on s’attend à voir le long-métrage basculer dans les affrontements intenses et épiques, où Wolverine combat de nombreux adversaires. Les ennemis sont bien au rendez-vous, le début des joutes se dessine et puis… rien. Le soufflé retombe vite, à l’image de cette armée de ninjas jamais exploitée. Par ailleurs, l’univers japonais reste peu utilisé, n’épargnant pas certains petits clichés. Pour le dépaysement, on repassera. On fera de même pour tout le rapprochement Wolverine/samouraï des temps modernes, au final à peine esquissé.

Juste un bon moment

Parallèlement, la réalisation peu inspirée de James Mangold n’aide pas le long-métrage à rivaliser avec les meilleurs du genre. Générique et sans âme, elle rappelle que le film est avant tout une œuvre de commande, plus que la vision d’un auteur. Pour ne rien arranger, les rares scènes d’action aseptisées sont correctes à défaut d’être de vrais uppercuts. Tout aurait pu être fantastique, il faudra se contenter de passer un bon moment sans s’ennuyer. Faute d’en mettre plein les yeux, Wolverine a le mérite de sortir son personnage principal de l’ornière et lui redonne ses lettres de noblesse. Au point où il en était, c'est presque salvateur.

La 3D l’a tué (un de plus)

Une nouvelle fois, la 3D est inutile pour le spectateur et ne sert qu’à gonfler artificiellement les recettes du film. Pire (une nouvelle fois bis), elle gâche les scènes d’action, assombrissant l’image et empêchant le spectateur de comprendre tout ce qui se passe à l’écran. Ainsi, mieux vaut privilégier une salle qui diffuse le film en 2D, en VO de préférence, pour profiter de l’excellent jeu de Hugh Jackman et de la jeune Rila Fukushima. Le premier parvient, une nouvelle fois, à incarner un Wolverine crédible, tout en lui apportant une vulnérabilité bienvenue. De son côté, Rila Fukushima convainc dans son rôle de mutante capable de prédire la mort des autres, tout en maniant efficacement le kanata. Aucun doute, l’alchimie fonctionne, au point de faire de l’ombre au reste du casting, pourtant solide.

Verdict

À défaut d’être un grand film, Wolverine – Le Combat de l’immortel redonne un peu de dignité au mutant à griffes. Hugh Jackman et la jeune Rila Fukushima sauvent les meubles grâce à leur complicité à l’écran, qui fait plaisir à voir. Aucun doute, ils incarnent le cœur du long-métrage et tentent de le tirer vers le haut malgré un scénario qui gâche son potentiel et des scènes d’action peu lisibles. Néanmoins, le personnage de Wolverine est de nouveau sur de bonnes voies et c’est peut-être là le plus important.

Inspirés par le succès de The Avengers, les studios de la Fox ont choisi d’utiliser cet épisode de Wolverine pour relancer la franchise X-Men au cinéma. Dès lors, une petite surprise se cache durant le générique de fin faisant office d’épilogue/introduction pour la suite. Ces quelques minutes jubilatoires restent le moment le plus grisant de Wolverine – Le Combat de l’immortel. Vaut-il le déplacement dans les salles obscures ? À vous de voir, une séance dans quatre mois à la télévision sera peut-être aussi agréable et évitera la 3D qui gâche l’image. Le généreux Pacific Rim reste toujours la référence blockbuster de l’été. Pour le coup, difficile de ne pas le voir sur écran géant pour en prendre plein les yeux.

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