Fantasme de l'échec Bettencourt micro
Le Fantasme de l’échec © Louise Kehl

Théâtre : quand l’échec devient réussite

Dans Le Fantasme de l’échec, Véronique Bettencourt creuse malicieusement la notion d’échec dans le domaine artistique. Démonstration aux Ateliers dès aujourd’hui.

Le Fantasme de l’échec, de Véronique Bettencourt © Louise Kehl

Fantasme de l’échec © L. Kehl

Avec sa création philosophico-théâtrale Le Fantasme de l’échec, on peut presque affirmer que Véronique Bettencourt nous la fait à l’envers. Là où la majorité d’entre nous s’interrogent sur les raisons d’un succès obtenu dans tel ou tel domaine (sans d’ailleurs toujours y trouver d’explications objectives), la comédienne a décidé d’inverser la proposition. Effectuant une manière d’enquête sociologique, elle s’est penchée sur la question de l’échec : pourquoi des livres, des spectacles, des carrières entières ne rencontrent-ils pas l’adhésion d’un large public ?

Road-movie théâtral

Le Fantasme de l’échec, de Véronique Bettencourt © Louise Kehl

Le Fantasme de l’échec © Louise Kehl

“Il s’agit d’une réflexion poétique et excentrique sur la notion, la question de l’échec, au sein du milieu artistique...”, nous dit-elle de sa voix acidulée, dans une des chansons qui émaillent le spectacle. On y voit Solange Dulac, son double artistique, munie de son micro-perche géant, aller à la rencontre d’artistes, écrivains, gens de théâtre, peintres, cinéastes, au cours d’un long périple. Elle en a tiré de petits films dont elle se sert tout au long du spectacle, qui devient ainsi une sorte de road-movie théâtral.

Avec le comédien Stéphane Bernard, toujours excellent, Véronique Bettencourt nous fait ainsi revivre les moments décisifs, ou simplement drôles, de son enquête auprès d’artistes qui peinent à vivre de leur art. Ils se mêlent à d’autres extraits vidéo (notamment filmés par la documentariste Marie-Hélène Roinat), à divers textes et documents piochés dans les travaux du sociologue Pierre-Michel Menger, mais aussi chez Jean-Luc Godard ou Jean de La Fontaine.

L’ensemble forme un objet théâtral singulier, délicat et subtil, porté par la personnalité attachante de son auteure.

Le Fantasme de l’échec – Du mardi 9 au samedi 13 décembre à 20h, aux Ateliers, Lyon 2e.
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