Soul Kitchen : Vague à l’âme ?

SORTIE - Un restaurant à Hambourg qui tourne au ralenti, un promoteur aux dents longues, une petite amie qui part faire sa vie à Shanghai et des problèmes de dos, voilà quelques maux qui accablent chaque jour un peu plus Zinos, un jeune Allemand d’origine Grecque, point de départ de la dernière œuvre de Fatih Akin.

Prix spécial du jury à la dernière Mostra de Venise, Soul Kitchen faisait partie des films très attendus de ce mois de mars. Tout aussi talentueux qu’il est, Fatih Akin ne nous avait pourtant jamais franchement donné l’impression d’être un mec marrant. On l’attendait donc au tournant pour son dernier film que tout désigne, au premier abord, comme une comédie un peu sociale comme les Anglais savaient si bien les faire au lendemain du règne de Margaret Thatcher. Mais avec le réalisateur Allemand d’origine Turque, rien n’est jamais si évident. Si Soul Kitchen est effectivement plutôt drôle, Akin s’est amusé à détourner les codes du genre. Le film a beau tourner essentiellement autour du fameux restaurant et de la douce folie soul et funky qui en découle, toutes les intentions de réalisation semblent vouloir mettre en exergue la séparation amoureuse de ce sympathique antihéros. Les couleurs automnales qui parcourent le film illustre ce parti pris de la plus belle des manières, apportant une touche de mélancolie dans ce long-métrage qui n’en demeure pas moins burlesque. Car le réalisateur, s’il ne veut pas trop appuyer le trait en forçant les vannes et les situations, glisse dans cette œuvre une once de surréalisme qui vient enrichir ce récit du quotidien.

L’amour, la mort, le diable ?

Soul Kitchen n’est pas le troisième film tant attendu de la trilogie "amour, mort, diable" initié par Fatih Akin avec Head on (l’amour), puis avec De l'autre côté (la mort). Le réalisateur, plus connu pour ses drames, désirait une petite récréation dans sa filmographie en mettant en scène sa ville, Hambourg, avant de se lancer sur les traces du diable. "Un film ne doit pas toujours avoir une connotation géopolitique, la nourriture, la musique, les amis sont également des questions existentielles qui valent le coup d’être racontées. Avec ce projet, se remémore-t-il, j’étais censé faire quelques gammes et me rappeler que la vie n’est pas faite que de douleur et d’introspection  ». Une légèreté que le réalisateur n’a pas ressentie sur le tournage, avouant lui-même les difficultés rencontrées pour s’essayer à un autre genre cinématographique. Et le tout est plutôt réussi même si l’Allemand fait incontestablement moins l’unanimité dans ce registre. Et au risque de s'essayer aux métaphores alimentaires, Soul Kitchen, à la façon de la cuisine du marché, offre aux spectateurs beaucoup de fraîcheur et de saveur, mais, au final, peu de surprise pour les sens.

à lire également
Fabrice Luchini en tournage à Lyon, en août 2018 © DR
Un maire de Lyon blasé et incapable de trouver de nouvelles idées après trente ans d’exercice du pouvoir. C’est le futur rôle de Fabrice Luchini au cinéma et Gérard Collomb redoute qu’il ait, pour les spectateurs, des allures de biopic. Le tournage a commencé à Lyon à la fin du mois d’août sans le soutien de la Ville de Lyon et des élus lyonnais, priés de ne pas y participer.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut