Les coteaux du Lyonnais, trait d’union entre les vignobles du Beaujolais et de la vallée du Rhône ©Coteaux du Lyonnais

Vignobles : le coup de gel d'avril a été renforcé par le changement climatique

Un épisode de gel tardif comme celui de début avril, qui a fait énormément de dégâts dans les vignobles et vergers du lyonnais, pourrait se reproduire plus souvent à l'avenir à cause du réchauffement climatique, selon des scientifiques.

Dans les vignobles et les vergers du lyonnais, l'épisode de gel du début du mois d'avril a fait des dégâts considérables, comme nous le racontions dans Lyon Capitale. "On a une exploitation de 45 hectares, on produit de la cerise, de la pêche et de la pomme. La pêche représente deux tiers de notre chiffre d’affaire. Pour les pêches, on est à 100 % de détruites après cette nuit de gel", nous confiait par exemple un arboriculteur dans le secteur de Soucieu-en-Jarrest.

Hélas, le réchauffement climatique risque de renforcer ces épisodes de gel tardifs, affirment des scientifique dans un rapport publié le 14 juin et repris par l'AFP. Des scientifiques du réseau international World Weather Attribution, qui s'est fait une spécialité d'analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis et le réchauffement, ont planché sur cet épisode, qui avait suivi une période de grande douceur  ayant favorisé le bourgeonnement des cultures.

La douceur favorise le "débourrement" de la végétation

Ils ont analysé les données d'une zone couvrant notamment les vignobles de Bourgogne, Champagne et de la vallée de la Loire, passé également au crible plus d'une centaine de modélisations climatiques. Résultat : le changement climatique a "augmenté d'environ 60 %" la probabilité qu'un tel événement survienne en période de bourgeonnement, a expliqué à l'AFP, Robert Vautard, directeur de l'Institut Pierre et Simon Laplace de recherche en sciences de l'environnement, un des auteurs de l'étude.

Et le phénomène risque de "s'amplifier dans le futur", puisqu'un réchauffement de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, soit l'objectif de réchauffement maximal de l'accord de Paris qui semble pour l'instant hors de portée, verrait "encore 40 % d'augmentation de la probabilité de ce type d'événement", souligne le scientifique.

Paradoxalement, le réchauffement rend moins fréquents et moins intenses les épisodes de gel. Mais il augmente dans des proportions encore plus grandes les phénomènes de chaleur précoce, comme la France en avait connu au mois de mars. Une douceur qui favorise le "débourrement" de la végétation, qui sort plus tôt de sa dormance hivernale et bourgeonne.

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