Une nouvelle ère pour la Part-Dieu

La Part-Dieu est un quartier fait de paradoxes. En dépit de son urbanisme désordonné et peu lisible, il est le lieu de tous les flux avec son réseau hyper-dense de transport et ses 470 000 déplacements par jour. Malgré une architecture des années 60 qui est datée bien que séduisante et qui peine à acquérir valeur de patrimoine, il reste le lieu de la flânerie et de la rencontre avec son centre commercial.

Et enfin, outre le fait d'être un centre tertiaire d'importance, la Part-Dieu reste également un lieu de sorties et de loisirs avec ses équipements culturels (Bibliothèque, Cinémas et Auditorium).Tout à la fois zone de transit, lieu de détente et pôle économique, la Part-Dieu n'offre cependant pas toujours une urbanité adapté aux usages de la ville contemporaine.

Long terme

Gérard Collomb a donc décidé d'agir sur l'urbanité offerte par la Part-Dieu. Et il s'agit en effet d'une bonne entrée et d'une bonne intuition. Un projet de long terme a été initié pour le deuxième quartier d'affaires de France dans lequel la construction de tours de grande hauteur ne constitue pas l'enjeu immédiat. La Part-Dieu est un quartier à réinventer. Et, d'une certaine façon, les tours n'en constituent que le parachèvement.

Si les tours Oxygène et Incity ont été lancées, c'est avec l'idée première d'armer la Part-Dieu d'outils sérieux dans la concurrence que se livrent les métropoles européennes. Si Gérard Collomb travaille à la construction de nouvelles tours (il en voit en effet encore quatre ou cinq), le souhait du maire de Lyon est également de faire de la Part-Dieu "un coeur de vie". Et en effet la démarche présentée pour réinventer le quartier paraît séduisante dans les réponses apportées aux problèmes de la Part-Dieu.

Hybrider

D'autres solutions émergeront sans doute dans l'avenir proche puisque voilà seulement quatre mois que l'Agence d'Architecture et d'Urbanisme (AUC) de l'architecte-urbaniste Djmel Klouche y travaille. L'AUC a également été retenue sur le réaménagement d'une partie du quartier de la Défense à Paris où il s'agit de retrouver une cohérence dans un urbanisme indiscipliné. C'est la même intention pour la Part-Dieu. Il s'agit de décloisonner les divers équipements du quarter afin d'en hybrider les usages. "À la Part-Dieu, tout se tourne le dos, tout est confiné", analysent les architectes. Le constat invite donc à "hybrider les programmes pour démultiplier les effets". Deux concepts sont mobilisés pour y parvenir. L'idée de "sol facile" et la création d'une "diagonale créative".

Sol facile

À la Part-Dieu, la promenade et la flânerie se heurtent à une imbrication des sols et de sous-sols, de passerelles, de niveaux et d'escaliers. Les trémies automobiles y sont nombreuses et les obstacles à une lecture aisée du paysage interdisent au visiteur de se projeter dans la ville. Sur le parvis de la gare par exemple, un immeuble obstrue la vue sur la basilique de Fourvière ou sur le "Crayon".

De même, un visiteur étranger ne comprend pas quel itinéraire il doit emprunter pour relier la tour du crédit lyonnais. La notion de "sol facile" doit assurer la liaison avec tous les sites stratégiques du quartier. Pour l'agence AUC, le "sol facile" doit être équipé et informé. "Pourquoi ne pas connaître par exemple l'heure de départ d'un train lorsqu'on se retrouve sur le parvis du centre commercial ?", indique François Decoster de l'agence AUC. Il s'agit de rendre possible l'accessibilité des infrastructures du quartier en équipant l'espace public d'une info-structure qui agirait également sur la cohérence de la signalétique. Le but consiste à donc à équiper et à informer un espace public saturé pour en faciliter la lecture et rendre les déplacements plus aisés.

La diagonale créative

Ce concept consiste à équiper la Part-Dieu d'une épine dorsale afin de retrouver une cohérence urbaine. Cette diagonale cheminerait des halles Paul Bocuse à l'Ouest en passant par l'Auditorium, traverserait un terrain actuellement en friche appelé le "lot État" (des tours pourraient s'y élever), rejoignant la Bibliothèque, et la gare pour aboutir jusqu'à la place de Francfort à l'Est de la gare. Il s'agit ainsi d'activer tous les points forts de la Part-Dieu.

Promesses

Les projets urbains n'ont pas toujours le caractère séduisant des présentations des objets architecturaux modélisés par informatique et fétichisées par le papier glacé des magazines. Pour autant, quelques promesses ont été formulées lors de la présentation du projet pour la Part-Dieu : l'utilisation, par exemple, du toit terrasse du Centre Commercial pour en faire un nouveau point de vue sur la ville ou la possibilité de rehausser la hauteur de certaines tours trop petites actuellement pour les ramener à l'échelle d'un quartier qui joue des coudes dans la concurrence que se livrent les places tertiaires européennes.

37 commentaires
  1. lyonnais - 12 mai 2010

    @franck, vous n'avez pas trouvé le surnom d'Oxygène ?On l'appelle une gomme, une gomme HQE certe mais une gomme et comment fini une gomme ? En miette, alors je vous entends déjà dire que je rouspète. Soit.Mais quand l'on décide de construire un édifice comme celui là on doit ce poser la question de son avenir. Pas sur un trentaine années mais sur un siècle. Un peu comme celle de la tour Part Dieu qui trouvera elle toujours des locataires vu les plateaux qu'elle propose.Oxygène, elle risque dans un vingtaine d'année de finir comme l'ex UAP, vide ou démolie.

  2. Ali - 20 mai 2010

    plutot pas mal comme présentation. Enfin ça bouge à la part-dieu!

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut