Un Lyonnais remporte une compétition mondiale d'athlétisme

3 QUESTIONS À... C'est une épreuve d'athlétisme un peu particulière qu'a remporté Julien Balsen ce mercredi à Anvers. Le Lyonnais de 27 ans a remporté la médaille d'or sur 200m en 23,81 secondes à l'occasion des WorldOutgames, une compétition internationale organisée dans le cadre d'un événement LGBT* d'envergure mondiale.

Lyon Capitale : Pourquoi participer à cette compétition ? Pour le sport ou par militantisme ?

Julien Balsen : Ma toute première motivation pour participer à cette compétition, c’est ma passion de l’athlétisme. Je ne le pratique pas à haut niveau, j’ai un niveau interrégional avec des performances correctes (51.94 sur 400m, 23.47 sur 200m). Je n’ai aucune ambition démesurée car depuis le temps que je m’entraine (bientôt 10 ans), je connais les limites de mon corps et de mon potentiel. Pour autant, je côtoie des gens qui sont à haut niveau, je m’entraine à Bron dans le groupe de sprint de Djamel Boudebibah avec plusieurs champions de France, et de membres de l’équipe nationale (Adrien Clémenceau, Hugo Grillas, Floria Guei…). On fait les mêmes séances, on fonctionne de la même façon à l’entrainement, et notre saison est programmée avec des objectifs précis, chacun à notre niveau. Pour moi, faire quelques courses de plus au mois d’aout c’était l’occasion de prolonger ma saison, mais l’objectif premier n’était que purement sportif.

Ce qui m’a convaincu d’y participer avec une âme beaucoup plus militante, c’est bien évidemment la façon dont se sont déroulé les débats sur le mariage pour tous, où l’on a vu ressurgir de nombreux propos réactionnaires, voire de nombreux actes inqualifiables. Le fait aussi que la compétition se déroule en Belgique, où le droit au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe est en vigueur depuis quelques années, était également symbolique pour moi.

Pour autant, en participant à ce genre d'évènement sportif, vous ne craignez pas d'être taxé de communautarisme ?

Je ne crains pas donc les accusations de communautarisme ou même de sectarisme. Même si ces interrogations sont parfois légitimes. J’ai la chance immense d’être dans un sport, dans un club et dans un groupe où mon homosexualité n’a jamais été un problème.

Je sais en revanche que d’autres sportifs ont de gros soucis à être accepté par rapport à leur sexualité. Il n’y a qu’à avoir la réaction de nombreux footballeurs professionnels sur la question. C’est une manière aussi de leur montrer que la discrimination dont ils sont vicitimes n’empêchent pas la pratique d’un sport.

Il faut également précisier que les World Outgames ne sont pas 'réservés' aux homosexuels. Tout le monde peut y participer quelque soit son orientation sexuelle .

La compétition n'est pas encore terminée, quelle est la suite du programme pour vous ?

Pour ma part, je m’amuse vraiment dans ces championnats. Je gagne le 200m en 23.81 et on fait deuxième sur le relais 4x200m derrière le Canada. Vendredi, j’aurai la finale du 400m, et je participerai peut-être au 100m s’il me reste des forces. Vraiment dans un même but : courir pour se faire plaisir, dans une ambiance sympathique, sans pression, pour bien finir la saison.

* Lesbien, gay, bi et trans

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