Ivan Bouchier, préfet du Rhône délégué à la sécurité dans une rue de Lyon
Ivan Bouchier, préfet du Rhône délégué à la sécurité rue Mercière @Lyon Capitale

Sécurité à Lyon. La démonstration de force de la préfecture du Rhône et de l'hôtellerie restauration

Le préfet du Rhône et les professionnels de l'hôtellerie-restauration de Lyon ont déambulé coude-à coude en ville pour afficher leur entente sur le volet sécurité.

C'est un fardeau que la municipalité écologiste de Lyon risque de porter encore longtemps. Une "véritable croix" pour le maire Grégory Doucet, de l'aveu même d'un membre de son entourage, pas forcément sur la même ligne "sécuritaire" que son patron.

La sécurité, sujet longtemps délaissé par le premier édile lyonnais, est aujourd'hui un sujet qui cristallise le débat public à Lyon, et fait siffler quelques oreilles jusqu'à Paris.

Après la passe d'armes estivale entre le ministre de l'Intérieur et le maire de Lyon sur la question, qui s'est poursuivie à la rentrée avec la visite du locataire de Beauvau à l'Hôtel de Ville, place de la Comédie, l'hôtellerie-restauration est montée au créneau. Sans filtre. Pour l'Umih du Rhône, première organisation professionnelle des cafés, hôtels, restaurants, établissements de nuit indépendants qui regroupe 800 établissements, principalement à Lyon,"les Lyonnais et les touristes ne se sentent plus en sécurité" et "l’inquiétude grandit face à l’insécurité réelle et constatée chaque jour par les professionnels du secteur". 

Jeudi  15 septembre, en début de soirée, Ivan Bouchier, préfet du Rhône délégué à la défense et à la sécurité, accompagné de Thierry Fontaine, président de l'Umih départementale ont déambulé main dans la main rue Mercière et quai des Célestins à la rencontre de commerçants.

"Nous avons beaucoup demandé, longtemps demandé, à la Ville de Lyon de faire un véritable effort, un engagement (sur la sécurité, NdlR), pas en paroles mais en actes. Nous ne l'avons pas eu." a déclaré Ivan Bouchier, préfet du Rhône délégué à la sécurité, visiblement navré de la position du maire de la troisième ville la plus peuplée de France.

Particulièrement offensif, le représentant de l'Etat à Lyon a intimé le maire de Lyon à faire mieux en matière de sécurité. "Le partenariat que l'Etat souhaite avoir avec la Ville de Lyon doit être parachevé, amélioré. Le partenariat, c'est quand chacune des parties apporte. L'Etat apporte beaucoup, nous attendons plus de la Ville de lyon et nous l'attendons rapidement."

Coude-à-coude avec le préfet, Thierry Fontaine, président de l'Umih du Rhône, a fait rencontrer plusieurs gérants de cafés et de restaurants à son compagnon de virée. "On re voit des pickpockets, qu'on ne voyait plus de puis des années. Ils savent qu'il n'y a pas de caméras de vidéosurveillance ou qu'elles ne sont pas reliées à la police nationale. (...) J'ai appris il y a quelques instants l'agression de deux de mes employés aux Terreaux, qui se sont fait voler leur portable,  explique Mickael Castaldo, patron du BBC Café, quai des Célestins. Du coup, je paie des Uber pour mes salariés qui ne veulent plus rentrer à pied." Même son de tocsin au bar Le Plein Sud, rue Tupin, angle rue Mercière. "Le vrai problème, assure Emmanuel Mallerin, le gérant, c'est pas tant les voitures qui roulent à toute vitesse à côté, ni les vols à l'arraché, qu'on ne voit pas ici, mais les fins de service, quand les employés rentrent chez eux. Ils évitent des rues, comme la rue de la Ré', les Terreaux, le champ de bataille, la rue de Brest. je raccompagne mes serveuses qui habitent par là."

Le porte-parole des cafés hôtels restaurants a poursuivi : "On a besoin à de rues éclairées, de caméras  de vidéosurveillance. Ça rassure. Et quand on est rassuré, on a beaucoup moins ce sentiment d’insécurité."

Ajout d'une trentaine de caméras, possibilité pour les policiers nationaux de prendre la main  sur les caméras de vidéosurveillance de la Ville de Lyon pour agir dans l'immédiateté lors de la commission de faits délictueux... Un procédé que le maire PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, a autorisé. "On ne peut pas dire que l’on s’occupe ensemble de la question de la sécurité si on ne se fait pas confiance sur l’accès aux images." et Nelson Bouard, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) du Rhône d'expliquer que "c’est infiniment plus pratique lorsque nous avons besoin de localiser une victime, orienter les secours, évaluer les moyens nécessaires pour intervenir, localiser un auteur, voire le suivre dans sa fuite."

Grégory Doucet, pragmatique, va-t-il faire un pas en avant ou rester "dogmatique", comme le dit un membre de sa famille politique, sur la question de la vidéoprotection, dont l'audit sur la question n'a, selon nos confrère du Progrès, toujours pas été lancé.

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