Rhônexpress sur son quai de départ à la Part-Dieu © Tim Douet
Rhônexpress sur son quai de départ à la Part-Dieu © Tim Douet

Rhônexpress Lyon : 5 alternatives et concurrences possibles

La métropole de Lyon et le Sytral vont renégocier le contrat Rhônexpress à partir de ce printemps. Trois objectifs sont ciblés, améliorer la desserte de Lyon, faire baisser le prix du ticket, et permettre l'ouverture à la concurrence. Quelles sont les alternatives possibles qui pourraient apparaître si le monopole tombe ?

Vendredi 12 avril, la métropole de Lyon et le Sytral ont annoncé la renégociation du contrat Rhônexpress. Une première réunion est prévue fin avril et les deux entités publiques espèrent pouvoir signer un avenant d'ici l'automne.

Trois objectifs sont fixés : permettre une meilleure desserte de l'Est de Lyon, faire baisser le prix du billet et développer des alternatives concurrentielles. Quelles pourraient être les autres transports en commun qui pourraient être autorisés après les négociations, sachant que pour l'instant, le monopole de Rhônexpress est garanti contractuellement ?

1) Le retour du Satobus depuis Grange Blanche

Ce n'était pas un des cars Macron (qui n'existaient pas encore), ni un bus TCL classique, le "Satobus" était bien connu des lyonnais. La ligne reliait Grange Blanche à l'aéroport en 50 minutes, en moyenne, jusqu'en 2010 avant d'être interrompue avec l'arrivée de Rhônexpress (qui effectue son trajet depuis la Part-Dieu en 30 minutes). Son tarif était alors correct : 8,90 euros l'aller, 15 euros l'aller-retour (contre 16,30 euros l'aller, 28,30 l'aller-retour pour Rhônexpress). À la fin de son service, Satobus transportait 850 000 passagers par an. La fréquentation de Rhônexpress est de 1,5 million de voyageurs en 2018.

Probabilité : moyenne. Satobus restait efficace et les 20 minutes pour effectuer le trajet sont loin d'être insurmontables pour de nombreux voyageurs prêts à payer moins cher. Elles peuvent même s'annuler pour ceux qui sont plus rapidement à Grange Blanche qu'à la Part-Dieu. 

2) L'autorisation des cars Macron entre Lyon et Saint-Exupéry

Comme nous l'écrivions fin 2018, l'aéroport Saint-Exupéry profite des cars Macron, mais aucun ne part de Lyon. En effet, l'une des lignes qui rencontrent le plus de succès en France est celle qui relie Grenoble à l'aéroport. Les trajets sont proposés à partir de 11,90 euros, pour un temps de parcours d'une heure. Le monopole de Rhônexpress étant garanti contractuellement dans le cadre de la concession avec le Sytral, les cars Macron ne sont pas autorisés à faire ce trajet. La renégociation pourrait donc porter autour de cette question.

Probabilité : forte si les négociations aboutissent

3) Des lignes de bus TCL classiques

En 2015, l'astuce commence à tourner sur les réseaux sociaux. Il est possible de se rendre à l'aéroport pour le prix d'un simple ticket TCL grâce aux lignes 29 et 30. La 30 est la plus pratique, il suffisait de prendre le tram T3 direction Meyzieu, puis descendre au terminus, pour le bus 30 qui passait devant l'arrêt LYS-Gare Routière. Le trajet durait alors autour de 45 minutes.

Le 1er janvier, le Sytral est obligé de respecter le contrat de concession avec Rhônexpress, les lignes ne desservent plus Saint-Exupéry. Un dommage collatéral majeur va être engendré par ces suspensions : les salariés de l'aéroport ne peuvent plus se rendre en transports en commun sur leur lieu de travail depuis Lyon. La renégociation ne devrait pas manquer de soulever cette question dans un contexte où les habitants de la métropole sont encouragés à laisser leurs voitures à la maison.

Probabilité : forte, les lignes 29 et 30 étaient importantes pour les salariés de l'aéroport. 

4) La ligne T3 à l'année

Rhônexpress et T3 partagent leurs infrastructures. Rien n'empêche le tram d'aller jusqu'à l'aéroport si besoin. De lourds travaux supplémentaires ne seraient nécessaires. Le trajet serait légèrement plus long, quand le T3 roule à 70 km/h au maximum, Rhônexpress peut monter à 100 km/h. Néanmoins, le tram T3 à l'année jusqu'à l'aéroport pourrait nuire à la cadence de Rhônexpress. Bref, techniquement pas impossible, mais il ne pourrait rester qu'une ligne, qui serait moins rapide.

Probabilité : faible, cela signerait la fin de Rhônexpress 

5) Des trains entre les gares de Lyon et Saint-Exupéry

La gare de l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry a été construite pour être une alternative à la Part-Dieu. Elle reste largement sous-exploitée. En parallèle, les Lyonnais ne sont pas forcément ravis de la privilégier, surtout quand il faut ajouter le prix du billet Rhônexpress à celui de son OuiGo (paradoxalement parfois moins cher que le prix de la navette).

Le débat sur le nœud ferroviaire lyonnais qui vient d'être lancé soulève la question : "faut-il utiliser davantage la gare de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry ?" Mais si c'est le cas, comment la relier aux autres gares de Lyon ? Faut-il avoir une ligne de train entre les structures, ce qui n'est pas encore le cas. Ainsi, pour aller de Lyon Part-Dieu à l'aéroport, pour le moment, il faut encore aller à Grenoble ou Valence, puis revenir sur l'aéroport. Une vision à moyen terme pourrait contribuer à défendre une liaison ferroviaire de type TER entre la ville et son aéroport.

Probabilité : faible, pour l'instant, loin d'être ridicule si l'on pense à l'avenir du ferroviaire sur la métropole de Lyon. 

8 commentaires
  1. pororo - 15 avril 2019

    "La gare de l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry a été construite pour être une alternative à la Part-Dieu" : c'est faux, la gare de St Ex a simplement été construite par opportunité sur la LGV permettant de faire Paris - Marseille en 3h en évitant Lyon. C'est comme si on disait "la gare de Massy Palaiseau a été construite pour être une alternative à la Gare de Lyon" - sic. C'est juste une autre desserte complémentaire, mais qui ne remplace pas la gare centrale.

    Allez dire aux Montplierrains que la nouvelle gare "Sud de France"est une bonne idée "construite pour être une alternative à la gare de Montpellier" ! Ils ont bien compris que cette gare n'était là que pour faire passer la pilule d'une ligne qui exclut la ville des parcours Paris - Espagne.

  2. LyonCremieuParFer - 16 avril 2019

    - Pour les bus, dans le contexte actuel et vu l'augmentation de la circulation routière depuis 2010, il faut des sites propres pour que les temps de parcours soient intéressants.
    - Lors du débat public sur le futur métro E, le Maire de Lyon M. Collomb a même évoqué son prolongement vers Eurexpo et il a ajouter pourquoi pas jusqu'à l’Aéroport. Mais si déjà il faut investir 1,2 milliards d'€ pour le projet actuel à combien se chiffrerait la facture jusqu'à l'Aéroport ?
    - Pour parcourir la distance d'environ 7 kms de l'aéroport à Meyzieu le Rhône Express met 6 minutes, si on compte les temps d'accélération/décélération l'écart avec le T3 ne doit pas être énorme.
    CF. https://www.youtube.com/watch?v=t7m2Tg4W2Po
    - La vitesse commerciale entre Meyzieu et Part-Dieu est sensiblement la même, temps total T3=26 minutes et presque 23 minutes pour le Rhône Express sachant qu'il ne fait qu'un arrêt à Vaulx en Velin La Soie.
    - Finalement: le Rhône Express c'est déjà un train, ensuite le TER doit pouvoir venir de Grenoble et arriver à la gare SNCF de la Part-Dieu à moins de de créer des quais du coté de "La Villette" et sécuriser les intersections de la portion Meyzieu/Part-Dieu. Et puis c'est #DebatNFL LT, Long terme = 2040 comme annoncé le 11/04 lors de la session d''ouverture du débat ... Comme pour le GP Express les JO 2024 donneront un coup de pouce ?

  3. Galapiat - 16 avril 2019

    En conclusion les vaches à lait, (automobilistes) sont condamnés à payer sans avoir un juste retour de leur contribution , alors que la cause principale c'est l'augmentation exponentielle des PL qui transitent par A43, A42, A46,A7, j’en oublie A45 qui lors quelle sera achevée sera déjà saturée,

  4. Georges Marchais - 16 avril 2019

    JE pense que rien ne changera.
    C'est juste un coup politique (elections l'année prochaine)

    Les négociations vont se prolonger jusqu'à après les élections de 2020 puis on annoncera que rien a pu etre fait à cause du contrat.

  5. Zbart - 16 avril 2019

    Remettre les TCL en place serai une bonne chose déjà pour les travailleurs qui se rendent a l aéroport , en suite un Bus roulant de jour comme de nuit (24/24) et plus direct a moindre coup devrait également être mis en place .. et ensuite pour les usagés voulant la solution la plus rapide il y aurai Rhône express mais avec un tarif moins élevé tout de même

  6. Zbart - 16 avril 2019

    Ou le Rhône express ne partirait que de son actuel dernier arrêt a Meyzieu et réduirait donc fortement ses coup donc son tarif et laisserai toute la place pour le T3 et sa croissance

  7. Bernard Girard - 16 avril 2019

    Bonjour,

    Pour augmenter l'offre de T3 il faut des rames plus longues et/ou accepter de ralentir les Rhônexpress :
    Si toutes les rames roulent à la même vitesse, et éventuellement s'arrêtent à toutes les stations la cadence peut être augmentée. C'est la première contrainte à faire accepter à Vinci.
    Je crois que la très grande majorité des voyageurs RhônExpres se fichera par contre complètement de mettre 35 mn au lieu de 30 mn.

    Le deuxième problème c'est le prix du RhônExpress.
    Le bus 30 a rencontré un succès "fou" en fin 2015 , la clientèle quotidienne est passée de 200 à 500 en seulement 4 ou 5 mois d'exploitation. La tendance se poursuivait, ce qui a sans doute motivé la réaction de Vinci ; attaquer pour concurrence déloyale.

    Remettre en service le bus 30 va peut être exiger la résiliation du contrat : Si le RhônExpress passe dans le giron complet du Sytral, celui-ci peut décider le maintien du tarif élevé, l'abaisser un peu, ou beaucoup.
    Mais le Sytral ne se poursuivra pas lui même en justice pour avoir mis en place un système "concurrent" : il équilibrera à sa guise le trafic de l'un et l'autre service.

    De plus le nouveau système billetique prévu en 2022/23 peut permettre de pratiquer une tarification fonction de la distance, sans perdre l'avantage des abonnements. Ainsi un Décinois ou un Majolan travaillant sur la plateforme Saint Exupéry pourrait bénéficier du tram à des conditions tarifaires au mois ou à l'année sans aucune mesure avec le tarif voyage unique demandé aux voyageurs aériens allant jusqu'au centre de Lyon.

    Mais dans ce cas la demande de tramway va exploser, et la capacité offerte devra sérieusement augmenter. Avec des Tango ou des Citadis supplémentaires, et des fréquences accrues.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 17 avril 2019

      Bravo pour toutes vos explications et orientations possibles.
      Notons au passage que le Sytral va peut-être mettre la main sur cette liaison, pour "étouffer" le fait que les politiciens du département ont signé un contrat qui apparemment interdit la concurrence alors que ce type de contrat est interdit par l'Europe. Non ?

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut