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Rhônexpress concurrencé par une navette low cost

Au 1er décembre, Goairport permettra aux voyageurs de relier Meyzieu ZI à l'aéroport Saint-Exupéry en dix minutes seulement, pour un prix de près de deux fois moins élevé que Rhônexpress. Le Sytral et le Département se démènent pour bloquer l'initiative. Pourtant, l'entrepreneur a bien obtenu le feu vert de la Dreal. Explications.

Le monopole Rhônexpress est-il en train de vaciller ? Son lancement en 2010 s'était fait sur fond de polémique, avec un tarif prohibitif voire délirant au regard des prix pratiqués à l'étranger, même dans des capitales européennes (voir le comparatif). A ce jour, le billet coûte 13,50 € l'aller, 24,50 € l'aller/retour à condition d'être acheté sur Internet. A son lancement, les taxis se frottaient les mains, le covoiturage s'organisait, des pages Facebook s'étaient lancées pour réclamer le retour des anciennes navettes. Aucune chance qu'elles voient le jour : le Département et le Sytral veillent au grain, liés à la société au tram rouge par une clause de non concurrence. À l'article 7 du contrat de concession, il est en effet indiqué que le Conseil général s'engage “pendant toute la durée de la concession, à ne pas organiser ni encourager un service de transport collectif directement concurrent de Leslys”, Leslys étant l'ancienne dénomination de Rhônexpress.

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7,50 l'aller au lieu de 13,50

Le privé pourrait cependant faire irruption dans un marché de plus d'un million de voyageurs par an. Un ancien salarié de l'entreprise, employé en CDD, vient de lancer Goairport (voir ici), un système de mini-bus de 8 places, qui assure la liaison Meyzieu ZI/aéroport Saint-Exupéry, au prix de 7,50 euros l'aller et 14 euros l'aller/retour. En intégrant le prix d'un billet TCL pour se rendre jusqu'à Meyzieu, le voyageur paierait 9,20 euros l'aller et 17,40 euros l'aller/retour. Pour le passager organisé et pas trop pressé, c'est un excellent plan ! Le service démarre au 1er décembre : un départ est prévu toutes les 40 minutes tous les jours entre 5h40 et 23h30, avec un temps de trajet de dix minutes. C'est un Renault Trafic qui vient accueillir les passagers, au niveau de la station de tram et les laisse au dépose-minute du terminal 1. Lors des 2000 premiers voyages, un tarif de lancement est même en vigueur : 5 euros l'aller.

Lettre au Préfet

L'homme à l'initiative de cette société se garde bien de vouloir concurrencer Rhônexpress. Seuls deux véhicules assurent la desserte, dont un de réserve. Et l'achat de places se fait uniquement sur Internet. Mais le Sytral et le Département ont bien compris tout le potentiel commercial de ce service. Ils se démènent pour les faire interdire. Un courrier a été envoyé ce lundi au Préfet "sur l'aspect règlementaire de la desserte". Ils vont aussi se rapprocher des services de l'aéroport pour clarifier la question du positionnement des arrêts de la plateforme. Dans un communiqué de presse, ils listent deux autres points de grief : le stationnement sur le Parc Relais de Meyzieu ZI et l'utilisation du plan de réseau TCL et de la signalétique TCL.

Devait-il obtenir une convention du Département ?

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L'entrepreneur s'en défend : ses véhicules restent en dehors du parc relais, et les cartes ont été retirées durant le week-end de son site Internet. "Disposant des caractéristiques d'une ligne régulière de transport public de voyageurs (arrêts localisés, tarifs définis, horaires arrêtés et affichés), GoAirport devrait disposer d'une convention avec le Département du Rhône ou le Syndicat Mixte des Transports du Rhône, ce qui n'est pas le cas", affirment toutefois le conseil général et le Sytral. "Il s'agit d'une ligne régulière de transport public, à cheval sur les périmètres de deux autorités organisatrices de transport, le Sytral et le syndicat départemental", insiste Georges Barriol (UMP), conseiller général et vice-président du Sytral. Cette question de la convention est actuellement à l'étude des services juridiques de la préfecture.

Il n'en reste pas moins que l'entrepreneur a bien été autorisé à créer ce service. Selon nos informations, il a obtenu de la Dreal une licence de transport, un titre lui permettant de faire fonctionner son mini-bus. Il est ainsi inscrit au registre des transporteurs publics de personnes. Les services de l'Etat ne sont pas concernés par cette clause de non concurrence qui s'impose aux TCL et au Département uniquement.

Lire aussi : "Pourquoi Rhônexpress est trop cher"

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