Réorganisation 35h à l'hôpital : "mauvaise solution" pour les syndicats

Face à la proposition de réorganisation des 35 heures à l'hôpital, essaimée par Martin Hirsch, président des hôpitaux publics de Paris (AP-HP), les agents des hôpitaux franciliens sont en grève ce jeudi. Qu'en pensent les syndicats hospitaliers lyonnais ?

Directement issue des problèmes financiers que rencontrent les hôpitaux publics, la proposition de Marthin Hirsch s'inscrit dans les directives gouvernementales qui souhaitent faire des économies - 3 milliards d'euros. Selon Eric Mogliani, délégué du syndicat Sud Santé-Sociaux,"dire que ces économies ne généreront pas de suppression de postes, c'est prendre les gens pour des imbéciles."

Des RTT non-accordées

Trop de RTT accumulées. C'est la problématique principale de l'organisation du temps de travail au sein des hôpitaux publics. Les agents hospitaliers font des semaines à 38 heures ou 39 heures, des heures supplémentaires qui leur donnent donc droit à des RTT. Seulement, impossible pour le personnel de profiter de ses repos, dont l'attribution ne lui est que rarement accordée. "Une infirmière a récemment reçu un courrier : on lui disait que l'accumulation de ses heures supplémentaires commençait à coûter trop cher et qu'elle devait prendre des RTT. Quand elle est allée voir la direction pour les demander, on lui a dit qu'on ne pouvait rien lui donner..."

Seule solution : l'embauche

"Quand on est passé aux 35 heures, il n'y a pas eu d'embauche." précise Didier Machou, militant CGT Hôpitaux Lyon Sud. Depuis la loi Aubry de 2002, la diminution du temps de travail à 35 heures n'a jamais entraîné la création d'emplois espérée. "On est pas assez nombreux pour appliquer les 35 heures, aux hospices civils de Lyon on tourne plus à 37 heures avec 15 RTT." Entraînant une aggravation de la surchage de travail, cette mesure positive s'est au final transformée en "mesure négative." Paradoxe, depuis environ 7 ans, les HCL de Lyon ont assisté à la suppression de 1000 postes.

Se sentant abandonnés par le ministère de la Santé, les seules solutions viables "mais utopiques" pour les syndicats hospitaliers sont l'embauche et la formation. "Dès qu'il y a une absence on appelle les personnes en repos, on repousse les RTT et on les mets sur des comptes épargne-temps." précise Eric Mogliani.

140 suppressions de postes à venir aux HCL

L'AP-HP, hôpital "phare" du territoire national va servir d'expérimentation. "Essayer de modifier le régime des 35 heures va servir de test pour tous les autres hôpitaux." La proposition n'est cependant pas vue comme une bonne alternative par les syndicats hospitaliers, qui dénoncent les prochaines prévisions de suppressions de postes (140) pour les hospices civils lyonnais.

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