DESSIN ELEVE 5EME

Que vaut le plan anti-harcèlement scolaire ?

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Le harcèlement scolaire toucherait un enfant sur dix. C'est pourquoi, lors des assises nationales du 2-3 mai 2011, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, a proposé un plan de lutte. Mais face à cette action politique, la PEEP* du Rhône reste sceptique.

Dès la rentrée prochaine, une série de mesures contre le harcèlement scolaire, proposé par Luc Chatel, lors des assises début mai 2011, seront appliquées : un guide, un site Internet ainsi qu'un numéro vert seront à la disposition des élèves afin de les informer et de les aider. La vie scolaire et les professeurs seront également sensibilisés contre ce fléau souvent méconnu. Ce qui réjouit Jean-Pierre Bellon, président de l'APHEE* et professeur à Clermont-Ferrand : "Après 30 ans de retard, ce sujet tabou aussi vieux que l'école, sort enfin de l'ombre !".

Comment définir le harcèlement scolaire ? "C'est une violence physique et psychologique qui se répète : Moqueries, rumeurs, rejet, insultes, menaces, coups", explique Jean-pierre Bellon. En d'autres termes, le harcèlement est une suite d'agressions bien souvent mineures. "Les actes sont mineurs mais les conséquences graves : mauvaise image de soi, difficulté à faire confiance, dépression", précise Marie-Claude Dewulf, pédo-psychiatre. Et ce n'est pas Noémya, 23 ans, victime de harcèlement scolaire de la 6ème à la 3ème, qui la contredira : "A l'époque, je jouais la malade et je cachais les clés de la voiture pour ne pas aller à l'école. Dix ans après, je n'ai toujours pas repris confiance en moi. J'enchaine les dépressions et je n'arrive pas à me construire professionnellement".

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Noémya revient sur son difficile passé : "Tout a commencé lors de mon arrivé au collège. Deux filles très populaires et très fashion m'ont prise pour cible car j'étais différente d'elles, je ne m'intéressais pas à la mode » raconte t-elle. Pendant 4 ans, le quotidien de le jeune fille est donc fait d'insultes et d'humiliations : « On me trouvait des surnoms, on m'envoyait des boulettes de papier en cours, on cognait dans ma chaise, me faisait des croches pieds, me tapait sur la tête dans le bus. C'était insupportable, j'étais en insécurité constante. Lors des moments de répit, j'appréhendais la reprise du harcèlement".

"Ces mesures m'aurait aidé"

Face au harcèlement, l'adolescente, se sentait seule : "J'avais l'impression d'être abandonnée et je pensais les profs indifférents à mon sort. Ou alors impuissants. Personne n'a bougé, comme si ces brimades étaient légitimes", déplore Noémya. Et des Noémya il en existe beaucoup : une sur dix. C'est pourquoi, cette année, le gouvernement présente des solutions. "Il est très positif que Luc Chatel ait tenu ses assises, je considère cela comme une décision historique. Depuis, les langues se délient car les enfants savent qu'ils seront écoutés", s'enchante Eric Debarbieux, directeur de l'observatoire international de la violence à l'école et auteur du rapport à l'origine des mesures proposées.

Mais ces propositions sont-elles suffisantes ? "Je pense que cela m'aurait bien aidé étant plus jeune", réagit Noémya. Avis partagé par Eric Debarbieux et Jean-Pierre Bellon : "Des mesures satisfaisantes ! Espérons juste qu'elles seront tenues". Ce que doute Françoise Ronnaux-Baron, présidente de la PEEP du Rhône : "L'école va mal depuis longtemps et je pense que la politique ne s'y intéresse pas. Sur le terrain, elle supprime des postes, des surveillants et des moyens. Ces solutions me font bien rigoler ! Je crains qu'elles ne soient pas correctement appliquées dans les établissements".

Afin de vérifier leur bonne mise en place ainsi que leur efficacité, une enquête menée par l'équipe mobile de sécurité aura lieu tous les deux ans. "Pour 2013-2014 on souhaite au moins une diminution, pas forcément de baisse précise ou chiffrée", informe Eric Debarbieux. Espérons que l'Education nationale passera l'épreuve avec succès !

* PEEP : Parent d'élèves de l'enseignement public.

*APHEE : Association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves.

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1 commentaire
  1. Sophie_Lyon - 28 mai 2011

    Je suis bien d'accord avec la présidente de la PEEP, tout ça n'est que poudre aux yeux, effet d'annonce, la gangrène est bien installée et l'on ne soigne pas la gangrène avec de l'homéopathie.

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