Procès : mystère autour de la mort de l'Allemand retrouvé dans le Rhône

Mardi s'est ouvert le procès des trois hommes soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre d'un architecte allemand. Le corps de ce dernier a été retrouvé quai d'Herbouville dans le 4ème arrondissement. Deux suspects sont inculpés pour meurtre et un troisième pour abstention volontaire d'empêcher un crime. La Cour d'Assises du Rhône tentera au cours de cette semaine de déterminer les événements qui ont conduit à ce drame.

Que s'est-il passé au cours de cette soirée du 15 juillet 2006 quand Martin S., quinquagénaire allemand croise la route de Christophe D., 37 ans ? Pourquoi cet architecte, travaillant à Saint-Chamond et décrit comme sociable aurait passé la soirée à boire avec trois individus rencontrés au hasard d'une rue ?

La victime a été battue violemment

Retour sur les faits : le 16 juillet 2006, le corps sans vie de Martin S. est retrouvé par la police quai d'Herbouville (Lyon 4e) sur les berges du Rhône suite aux déclarations d'un témoin. Aucun papier ni document n'est retrouvé sur la victime, empêchant son identification. Le légiste constate cependant que la mort est consécutive à une chute (de plus de sept mètres) et que la victime a basculé par dessus le parapet situé sur le quai. Des traces de coups de couteaux et de nombreuses contusions sont également constatées sur le corps, indiquant que la victime aurait été battue violemment.

Deux personnes attestent avoir entendu un hurlement et un bruit sourd aux alentours de minuit et demi. En outre, un des témoins a assisté à la scène et décrit avoir vu deux hommes penchés au-dessus du parapet au même moment. Ils seraient ensuite descendus sur les berges tandis qu'un autre homme faisait les cent pas sur le quai. Le témoin a la présence d'esprit de noter la plaque d'immatriculation de la Renault 21 dans laquelle se sont enfuis les trois individus un quart d'heure plus tard, permettant ensuite leurs interpellations. Des vêtements mouillés et tâchés du sang sont ainsi retrouvés chez les trois suspects, Samir C., Oihib K. et Christophe D. La police mettra deux mois à identifier la victime, suite à un appel à témoin publié dans la presse et ce, malgré le signalement rapide de la disparition de Martin S. par son épouse.

Trois individus alcooliques et solitaires

L'enquête menée par la suite révèle que Martin S. avait croisé le soir même la route de Christophe D. Les deux hommes avaient alors sympathisé et échangé sur leurs vies. Ils sont rejoints plus tard par deux compagnons de Christophe, Samir C. et Oihib K. La suite de cette soirée reste vague car les versions des trois accusés divergent. Ils affirment néanmoins que Martin S. avait bu et fumé avec eux au cours de la soirée. Les déclarations des accusés font également état d'une bagarre impliquant tour à tour Oihib K et Samir C, chacun des deux hommes imputant à l'autre la responsabilité de l'altercation.

Mardi, l'examen du profil psychologique des trois accusés a permis de mettre en évidence des traits communs : des individus solitaires, peu intégrés socialement et ayant des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie. Samir C, le plus âgé des accusés (46 ans), est décrit par l'expert psychologique comme fragile, toxico et alcoolo-dépendant et étant rentré très jeune dans la délinquance. Oihib K. est, quant à lui, décrit comme un père peu présent, immature, et sujet aussi à la boisson. Ces deux derniers nient avoir précipité Martin S. du haut du parapet et affirment que la chute de ce dernier était accidentelle, provoquée par une bagarre. Quant à Christophe D., accusé de n'avoir pas porté assistance à la victime, il dit avoir été plongé dans un état d'ébriété avancé pour justifier sa passivité. Néanmoins, l'absence d'analyses n'a pas pu confirmer ces dires.

"Ils ont sans doute pensé qu'il avait de l'argent"

Mercredi matin, M. Vergne, le lieutenant de police chargé de l'enquête a été entendu par la Cour. Pour lui, le caractère crapuleux du crime ne fait aucun doute : « Monsieur S. étant architecte, ils ont sans doute pensé qu'il avait de l'argent et aurait voulu voler sa voiture. » Toujours selon lui, la victime aurait alors été contrainte de chercher son véhicule avec les trois hommes mais aurait caché son emplacement exact, subissant de fait les coups de Samir C et Oihib K.

L'examen des faits ainsi que l'audition d'un témoin devraient permettre aux jurés d'en savoir un peu plus sur les circonstances du drame mais également sur la responsabilité de Samir C et Oihib K. De nombreux éléments restent par ailleurs sans réponse. Les deux hommes risquent jusqu'à vingt ans d'emprisonnement. Le verdict sera rendu vendredi dans la journée.

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